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jeudi 24 septembre 2015

Dix presque riens



(24.08)
J'ai rêvé cette nuit d'un chat qui disait "Non, ce n'est pas moi."  


* * *

(27.08)
Encore un tour de l'esprit et du temps : recevoir un mail d'un Philippe Chéreau, et l'espace de quelques instants lire Patrice Chéreau, comme si depuis presque un an ceux qui l'aimaient n'avaient pas pris le train...

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(18.09) 
Je me souviens du jour où j'ai vu Jean-Claude Brialy dans une voiture décapotable, dans une station essence du sud de la France.


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(30.09)
- Qu'est-ce que tu regardes ?
- Le son qui sort de cet iPhone.
- ?
- Oui, je préfère regarder le son qui sort de cet iPhone plutôt que toucher ce parfum, comme elle voudrait que je le fasse.

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(10.10) 
Je reçois un message signé "Le Directeur Exécutif Capital Humain". Et là, soudain, je prends peur.

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(21.09)
Quand, dans la même journée, je reçois un spam venant de "Homère, société d'avocats", je croise dans la rue un affreux caniche répondant au nom de Hermès, et je reçois un courrier publicitaire vantant un projet immobilier de luxe nommé "Esprit Sagan"...


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(21.10) 
Merveille des noms. Cette fois-ci, c'est faire un courrier à un Monsieur Teppaz qui me plonge dans une douce rêverie...

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(23.10)
Et la petite musique des noms continue. Le même P. Chéreau, dont le message m’avait il y a quelque temps fait croire l’espace d’un instant à la résurrection des morts, m’écrit maintenant à propos d’un Monsieur Escudero…

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(01.11)
J'ai encore rêvé d'un chat qui parlait (et qui, assez énigmatiquement, disait "Je veux jouer avec Mélanie"). Mais après avoir visité le College où Lewis Carroll a été élève puis professeur, c'est finalement assez logique.

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(31.12)
Quand, dans un train filant vers l'Ouest, le contrôleur a de sérieux airs de Bernard Menez dans Maine Océan...


mardi 28 janvier 2014

"Distraire mon entourage"


Château en Suède, Roger Vadim,1963

"J'entamai ma carrière théâtrale pour la raison la plus naturelle et la plus modeste qui soit : distraire mon entourage. J'avais loué une charmante maison cet-hiver là, à soixante kilomètres de Paris, pour y traverser une de mes périodes anti-frivolité : foin de la vie parisienne, foin des night-clubs, du whisky, des aventures, de la nouba. Vive la lecture, les feux de bois, la grande musique et les discussions philosophiques. A intervalles réguliers, ces crises sont toujours venues et viennent toujours secouer ma vie, ou plutôt en ralentir provisoirement les secousses. Celle-là s'était produite pendant la rédaction de mon troisième livre, et fort égoïstement, je m'étais enfouie avec mes personnages dans ses dernières pages, je n'avais pas vu tomber les dernières feuilles de l'automne, ni même la neige. Je n'avais pas vu s'écourter les jours ni s'allonger le visage de mes amis. Quand je repris connaissance, si je peux dire, après le mot "Fin" de Dans un mois, dans un an, je ne vis autour de moi que dépressions nerveuses, chagrins d'amour, désordres mystiques et autres désagréments propres à tous les âges de la vie, mais spécialement réservés aux citadins exilés à la campagne. La vue d'un papier et d'une plume stimulant encore ma main et mon cerveau, j'écrivis la scène 1 de l'Acte I d'une pièce de théâtre, et commençai ainsi un dialogue entre un frère et une sœur, coincés par l'hiver dans un château en Suède. J’espérais sans doute confusément que la comparaison entre ce destin et le leur rendrait quelque optimisme à mes amis. En tous cas, ce début d'acte les fit rire. [...]

Première distribution au Théâtre de l'Atelier, 1960
La suite tient du hasard. Jacques Brenner, qui dirigeait le cahier des saisons, me demanda un texte inédit un an plus tard, et par pure paresse je lui envoyai ve que j'avais sous la main, c'est-à-dire le début de cet acte suédois. Il en publia les quelques pages dans sa revue et André Barsacq, qui dirigeait alors le Théâtre de l'Atelier, tomba dessus par hasard dans un train. [...]


Bref, j'écrivis Château en Suède, Barsacq le mit en scène, et ce fut un succès. J'allais plusieurs fois aux répétitions, tous les jours d'ailleurs, à la fin, fascinée que j'étais d'entendre mes mots, mes réflexions ou mes répliques dites par des voix humaines. Je voyais naître "Sébastien" dans Claude Rich, "Hugo" chez Philippe Noiret, "Eléonore" chez Françoise Brion, etc. Je regardais, émerveillée, ces gens que je ne connaissais pas, qui ne me devaient rien, et qui, pour moi, se pliaient aux caprices de mon imagination : je leur en avais une grande gratitude."

Françoise Sagan, Avec mon meilleur souvenir

Janvier 2014

jeudi 26 décembre 2013

Passage des Bérésinas



Lieu charmant et éminemment littéraire que le Passage Choiseul.
Dans Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline, qui y passa une partie de son enfance, sa mère y tenant une boutique, le rebaptise Passage des Bérésinas et ne le décrit certes pas de façon très flatteuse :
« On avait beau répandre du soufre, c’était quand même un genre d’égout le Passage des Bérésinas. La pisse ça amène du monde. Pissait qui voulait sur nous, même les grandes personnes ; surtout quand il pleuvait dans la rue ». 


C'est à deux pas, rue des Petits-Champs, qu'est située l'agence Fiat Lux de Nestor Burma, et le Passage Choiseul apparaît dans M'as-tu vu en cadavre ?


Passage musical et théâtral, aussi, puisque dans le Passage Choiseul se trouve le Théâtre des Bouffes Parisiens, qui fut dirigé par Jacques Offenbach, et, pas mal d'années plus tard, par Jean-Claude Brialy.