jeudi 10 décembre 2015

Dans l'un des pétales les plus secrets



Dans l'un
des pétales les plus
secrets, on contemple ensuite
MORAVIA, qui s’en va chercher sur certains
 rivages de Sicile - avec des géraniums superbes
dévorés par l'histoire, non plus rouges, mais orangés,
qui emplissent de cette unique violence décolorée une région entière -
l'incertitude funéraire et hellénistique qu'il chasse de sa vie
mais dont il ne peut se passer, et il rêve comme un enfant étrange
devant les paysages des archéologues allemands, morts eux aussi :
et il ne veut pas, il ne veut pas faire la jonction
entre son esprit et son désarroi, il
nous laisse nous débattre seuls en ces
désagréables problèmes littéraires
vieux comme le déluge, tandis
qu'il construit sa vie
parfaite, en homme qui sait,
toujours, être en dehors
du noir.

Pier Paolo Pasolini, Poésie en forme de rose


Alberto Moravia, Pier Paolo Pasolini et Laura Betti

Roses de novembre - Conciliabule au crépuscule


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