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lundi 15 février 2021

Ostende (4) - Par la fenêtre

 

"C’est pourtant toujours le même paysage que j’ai sous les yeux depuis des mois. Les variations sont très ténues, liées aux heures du jour, à l’alternance des marées, au cycle immuable du soleil, qui se lève derrière l’immeuble et se couche à l’horizon, à la pluie fine qui recouvre la surface de ma vitre et la transforme en un tamis perlé de gouttelettes et de buée. L’appartement où je séjourne n’est pas situé sur la digue, mais à l’angle supérieur d’une ruelle adjacente. Il se trouve au sixième étage, presque dans le ciel, parmi les errements des mouettes et les déplacements des nuages. De la fenêtre, on aperçoit la mer par-dessus le toit du casino. Je reste là du matin au soir dans mon fauteuil roulant. Je ne fais rien, et j’éprouve la monotonie des heures, mon œil construit des figures géométriques, assemble les éléments épars qui sont à ma disposition, la mer, le ciel, les rides de la plage déserte. Je devine au loin les silhouettes minuscules de promeneurs en anoraks qui marchent avec un chien le long de la mer. Il n’arrive vraiment rien dans ma vie pour que la seule présence d’un chien sur le rivage fasse figure d’événement."


"Je suis toujours ici, physiquement, à Ostende, immobile dans mon fauteuil roulant au sixième étage, dans cet appartement, mais mon esprit a pris le large et, porté par le vent et les embruns, entraîné par le grand air et le sable qui fuit en rampant sur la plage les jours de tempête, je parviens à m’abstraire de la réalité où je suis encalminé depuis des mois. Je me mets alors à construire, sur ce canevas ostendais, sur ces fondations flamandes, des paysages asiatiques, des villes japonaises qui viennent se superposer à la plage réelle que j’ai sous les yeux. Un soir que je regarde par la fenêtre à la tombée du jour, tandis que les premières lumières apparaissent à l’horizon au-delà de la ligne de fuite des Galeries royales, et même plus loin encore, au-delà de Raversijde, aux confins des souvenirs et de l’imagination, c’est la ville de Tokyo qui m’apparaît soudain au loin dans le rectangle de la fenêtre, parsemée de lumières mystérieuses qui viennent de s’allumer à l’horizon, néons et réverbères, enseignes, éclairages des rues et des artères, des ponts, des voies ferrées, autoroutes métropolitaines et réseau d’avenues surélevées enchevêtrées, miroitement de pierreries et bracelets de lumière piquetée, guirlandes et lignes brisées de points lumineux dorés, souvent minuscules, stables ou scintillants, proches et lointains, signes rouges des balises aériennes qui clignotent dans la nuit au sommet des antennes et aux angles des toits."

"Je revois Madeleine qui me prend la main et me sourit avec douceur. À la fin de la visite, sans un mot, les larmes aux yeux, elle s’incline pour déposer un baiser sur mon front, comme on rend hommage à un mort, et je lui réponds d’un faible sourire des yeux."

 


  * * *

 

Les tableaux ont été vus et photographiés au musée d'Orsay en octobre 2020, lors de la belle exposition consacrée au peintre ostendais Léon Spilliaert. 

Un œil attentif remarquera peut-être un presque involontaire autoportrait de la photographe...

 

dimanche 20 janvier 2019

Les ors de Choiseul



Les ors de Choiseul se préparent à la nuit
flous déjà, incertains, en partance
Les ors de Choiseul glissent vers l’oubli
vers l'absence
reviendront-ils ?
La fête est finie.

vendredi 14 décembre 2018

Sous le Pont Marie



Sous le Pont Marie
Coulait la Seine
Mais l’île fut fendue
Mais l’île fut perdue
Trépanation trou noir
Navire dérisoire
Déchiré et voguant
Sans sa mémoire


FM, décembre 2018
 

lundi 26 novembre 2018

Ne pas dormir (11)



Et c'est à minuit dix précisément que la lune s'est jetée du Pont d'Austerlitz, laissant pour tout message d'adieu un calligramme incertain sur les eaux noires de la Seine.


jeudi 22 novembre 2018

Et un jour, l'hiver s'est précisé (2)


Mon Choiseul, pâle ce matin
sous tes flocons d'or

mercredi 7 novembre 2018

Rouge (2)


Bus, pluie, nuit - Mélodie en rouge

vendredi 31 août 2018

lundi 19 février 2018

Instantanés et faits d'hiver


18.02.18 - L'hiver a su offrir quelques moments de grâce aux piétons de Paris.

17.02.18 - Night fellows, les solitudes verticales

08.02.18 - Square Le Gall, tour Albert, c'est beau aussi un soir d'hiver.

07.02.18 - Toi aussi, mon Choiseul, tu as dû porter sur ton dos le blanc fardeau.

Et quand l'hiver ici est trop triste, trop gris, trop froid,
on appelle le souvenir de l'hiver austral - Atacama, juillet 2017

lundi 5 février 2018

mardi 12 décembre 2017

Visions d'avent


J'irais t'accrocher la lune, si tu me le demandais

Other lives across the street

Vrais et faux-semblants






Les perles de nuit ou le lapin magique

Les lignes sont-elles faites pour être franchies ?
Trouverai-je ce soir le poème-consolation ?