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lundi 11 novembre 2019

In rot



Autoportrait en rouge
Self-portrait in red
Selbstporträt in rot(hko)


vendredi 8 novembre 2019

Nostalgie d'un pissenlit



"Pas un pissenlit en vue ici, les pelouses sont soigneusement épilées. J'ai la nostalgie d'un pissenlit, un seul, poussé au hasard, dans son insolence d'ordure, difficile à éliminer et perpétuellement jaune comme le soleil. Gai et plébéien et brillant pareillement pour tous. Nous en faisions des bagues, et des couronnes et des colliers, nous tachant les doigts de son lait amer. Ou j'en tenais un sous son menton : Est-ce que tu aimes le beurre ? À les sentir, elle se mettait du pollen sur le nez (ou étaient-ce les boutons-d'or?). Ou montés en graine : je la vois, courant à travers la pelouse, cette pelouse qui est là juste devant moi, à l'âge de deux, trois ans, brandissant un pissenlit comme une allumette japonaise, petite baguette de feu blanc, et l'air se remplit de minuscules parachutes. Souffle, et tu pourras savoir l'heure. Toutes ces heures envolées dans la brise d'été. C'étaient les marguerites pour lire l'amour, et nous les effeuillions à l'infini."

Margaret Atwood, La Servante écarlate


mercredi 8 mai 2019

Coquelicots



Près de Vétheuil
Près de Manosque
Vers 1879
En avril 2019
Les chants de coquelicots
Pulsent absurdement dans ma tête
Gentil coquelicot Mesdames
Comme un p’tit coqu’licot, mon âme
Les champs de coquelicots
Impriment mon cœur de rouge
Notes obsédantes printemps malade
Couleur intense saison trop pâle
Je me laisse doucement rêver
Avec Claude le Peintre
Avec Marcel le Troubadour
Infini pouvoir
Du pavot écarlate.

FM, mai 2019


mercredi 7 novembre 2018

Rouge (2)


Bus, pluie, nuit - Mélodie en rouge

mardi 24 juillet 2018

lundi 25 juin 2018

Collection Printemps-Eté 2018 (2)


Le peuple rouge des talus

Un bel ailleurs

Pour aller au bal, les jumelles avaient
revêtu leurs robes citron-framboise.

Douce et discrète, toutes ses joues rosies
à la chaleur des pierres

lundi 11 juin 2018

Collection Printemps-Eté 2018


Quand le bouton est plus beau
que tous les manteaux d'or

"Observez les fleurs des champs, regardez comment elles poussent ! Elles ne filent pas et elles ne tissent pas. Pourtant, je vous le dis : même Salomon, avec toute sa richesse, n'a jamais eu de vêtements aussi beaux qu'une seule de ces fleurs."
Luc 12:27
 
Un cœur simple

La tentation mauve - Noces champêtres :
joli mai, l'Ange n'a pas résisté
.


Pavot, hypnose


La petite avait gardé en son cœur une étoile,
nostalgie de temps marins révolus.

lundi 21 mai 2018

Pensons à toute la terre


Patagonie, mars 2018

"Je prends congé, je rentre
chez moi, dedans mes rêves,
je retourne à cette Patagonie
où le vent frappe les étables
et où l'Océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :
dans ma patrie on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là, oui, que je veux mourir,
si je devais naître cent fois,
c'est là aussi que je veux naître,
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du Sud,
des cloches depuis peu acquises.
Qu’aucun ne pense à moi. Pensons
à toute la terre, frappons
amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique : je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
que nous allions au cinéma, que nous sortions
    boire le plus rouge des vins.


    Je ne viens rien solutionner.

    Je suis venu ici chanter, je suis venu
    afin que tu chantes avec moi."
 
Pablo Neruda, Chant général (Poésie/Gallimard, traduction Claude Couffon)


Patagonie, mars 2018
 

mardi 1 mai 2018

Solitude (13) - Rouge (1)



L'évidente force du rouge, même en solitude.

mercredi 28 février 2018

La maison du docteur




« Je rendis ma carte magnétique à la réception, payai cette chambre où je n'avais même pas passé une nuit, et je me mis à marcher dans les rues du Santiago nocturne. Heureusement, la chaleur s'était atténuée et les arbres verdoyants du quartier de Providencia offraient une fraîcheur stimulante. Le restaurant n'étant pas loin, je décidai de rejoindre à pied la rue Guardia Vieja.
"Près de la maison du docteur", avait précisé Eladio, et, me déplaçant d'un pas lent comme un riverain sorti faire une promenade pour pouvoir trouver le sommeil, je cherchai le numéro 392 de la rue Guardia Vieja, la maison du docteur, la maison de Salvador Allende.
Elle était pareille à mon souvenir. Nous autres, les membres du GAP, le Groupe des amis personnels, l'escorte d'Allende, avions pris l'habitude de le désigner comme "le docteur", moins en référence à sa profession de médecin que parce que le respect et l'admiration que nous lui portions nous empêchaient de lui donner du camarade ou du président.
Je m'approchai de la grille d'acier noire, et comme je scrutais le petit jardin qui donnait sur la rue, la lumière de la rue projeta mon ombre presque jusqu'à la porte. L'ombre de ce que j'avais été entrait dans cette demeure quarante ans après que mon corps de jeune homme l'avait fait, à vingt ans à peine, décidé à risquer ma peau pour cet homme, "le docteur", qui incarnait le meilleur rêve possible.»





dimanche 29 octobre 2017

lundi 11 septembre 2017

Pluie sur Santiago




Il a plu sur Santiago, ce 13 juillet 2017, comme 43 ans, 10 mois et 2 jours auparavant, un certain 11 septembre 1973. Moments indispensables autour de la Moneda, tout comme au passionnant et très émouvant Musée de la Mémoire, consacré au coup d'état et aux sombres années de dictature qui ont suivi.





jeudi 18 mai 2017

Le souffle de la vie



"Toute peinture qui ne témoigne pas du souffle de la vie ne m'intéresse pas."

Mark Rothko


mardi 24 janvier 2017

Life out of balance (3)


Santiago, par notre envoyé spécial au Chili

Une semaine qu'en raison des incendies, les montagnes ne sont plus visibles.

A container of ashes might one day be thrown from the sky which could burn the land and boil the oceans.
(3ème prophétie Hopi, Koyaanisqatsi)

dimanche 27 novembre 2016

Horizons rouges


Nos victoires sont rouges


La marche vigoureuse vers la gauche du
lambda céleste, en habit d'or et de lumière

lundi 31 octobre 2016

Les Demoiselles de Banon


Rassemblement familial ? Réunion de cellule ?
Complot ? Répétition de club théâtre ?

lundi 25 juillet 2016

Oeillets (2)


25 juillet - 25 avril, œillets sauvages dans la montagne de Lure,
commémoration naturelle et intime

mercredi 22 juin 2016

D'un dos à l'autre




Je te tourne le dos
Je ne voulais pas que tu partes
Mon ange blond, ma sublime aventure

Je te tourne le dos
Je voulais te garder
Toi ma nuit, ma chère et tendre nuit

Je te tourne le dos
Je voulais notre paradis sarde
Tu as choisi l'éclipse

Je te tourne le dos
Le Temps t'a rendue floue
Reste à jamais mon désert.
Mais rouge.

* * *

Ces quelques lignes m'ont été inspirées par la photo ci-dessus, dont je n'ai pas trouvé quand ni à quelle occasion elle avait été prise, et par l'anecdote suivante. J'ai lu que lors de leur rencontre en 1957 sur le tournage du Cri, Michelangelo Antonioni a dit à Monica Vitti (qui effectuait le doublage en post-synchronisation de l'actrice italienne Dorian Gray) : "Vous avez une belle nuque. Vous pourriez faire du cinéma." Ce à quoi elle a répondu : "De dos, seulement ?".


Trois fois Monica