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dimanche 7 avril 2019

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Tout peut arriver dans un train. On ferme les yeux, on les ouvre (on croit les ouvrir ?), et c'est la chute à grande vitesse. Atterrir ou ne pas atterrir, telle n'est pas la question, tant est grand le bonheur d'être au monde.

mardi 11 juillet 2017

Hiver austral



Comme quoi, quand le ciel a la tête en bas, il sait manifestement perdre toute décence et se donner des airs de fin du monde...

 

L'hiver arrive à Santiago.
Et l'attrait grandit encore.
Puisque tu restes.
Là-bas.

Les photos sont de notre envoyé spécial, devenu correspondant permanent, à Santiago, que l'on s'apprête à rejoindre. On s'éclipse donc quelques semaines, ce qui ne nous empêchera pas, chers amis, chers lecteurs, de boire quelques pisco sour à votre santé !

Car on boit du pisco aussi
bien au Chili qu'au Pérou...

lundi 31 octobre 2016

Les Demoiselles de Banon


Rassemblement familial ? Réunion de cellule ?
Complot ? Répétition de club théâtre ?

mercredi 20 janvier 2016

Addio, Ettore!





Gianni, Antonio, Nicola, saremo sempre con voi...

« Camarades, aujourd’hui est mort un de mes amis. Il est mort parce qu’il avait depuis longtemps renoncé à la vie. C’est de cela que je désire vous parler. De la vie. Pas de la mort. La plus commune aspiration de tous les hommes, sanctionnée même dans le texte de certaines constitutions, est la recherche du bonheur... »


mercredi 9 septembre 2015

Promenades (7) - Les sentinelles du bonheur



"Le jour où il nous avait photographiés, ni Sylvia ni les Neal ne s'en étaient aperçus et il m'avait glissé son prospectus dans la main. J'étais allé chercher la photo trois jours plus tard dans un petit magasin de la rue de France sans même en parler à Sylvia. Je vais toujours chercher ce genre de photos, les traces qui demeurent plus tard d'un moment éphémère où l'on a été heureux, d'une promenade un après-midi de soleil... Non, il ne faut jamais négliger ces sentinelles, leurs appareils en bandoulière, prêtes à vous fixer dans un instantané, tous ces gardiens de la mémoire qui patrouillent dans les rues. Je sais de quoi je parle. Photographe, je l'ai été, moi aussi."

Patrick Modiano, Dimanches d'août


* * * 

Mes parents, promenade dans les rues de Carpentras, 1963

dimanche 23 août 2015

Dimanche d'août



"Il faisait très chaud cet été-là et nous avions la certitude que l’on ne nous retrouverait jamais ici. L’après-midi, nous suivions le remblai et nous repérions l’endroit de la plage où la foule était la plus dense. Alors, nous descendions sur cette plage, à la recherche d’un tout petit espace libre pour nous étendre sur nos serviettes de bain. Jamais nous n’avons été aussi heureux qu’à ces moments-là, perdus dans la foule au parfum d’ambre solaire. Les enfants autour de nous bâtissaient des châteaux de sable et les marchands ambulants enjambaient les corps et proposaient leurs crèmes glacées. Nous étions comme tout le monde, rien ne nous distinguait des autres, ces dimanches d’août."

Patrick Modiano, Dimanches d'août

lundi 11 août 2014

Tu te souviens de Suippes ?



« J'avais traversé Suippes en trombe. Le boulanger prenait le frais sur son seuil. La bouchère actionnait la manivelle de son volet mécanique. J'avais eu le temps d'entendre au passage, à la faveur d'une baisse de régime du moteur, le grincement poussif de la crémaillère. J'ai pensé : village de France, je te prends et je te tue, je troue la toile de ton décor, tu étais un souvenir poignant, tu étais à moi, rien qu'à moi, j'ai donc le droit de t'anéantir. Et Suippes disparaissait dans le rétroviseur.
Je n'en avais cependant pas fini de l'évoquer, bien qu'à considérer raisonnablement les choses il ne se fût rien passé de notable à Suippes au cours de mon existence. Mais c'était lors de notre premier voyage. Et plus tard, souvent, Hilde me demanderait à brûle-pourpoint :
- Tu te souviens de Suippes ?
C'était une des phrases de notre langage codé. La plus mystérieuse en somme, puisque cela signifiait si peu de chose, un goût de bonheur impalpable. La courte lettre qu'elle m'avait laissée avant de mourir, et que la police ni le juge d’instruction n'avaient - par quelle négligence ? - à aucun moment repérée (elle m'aurait pourtant disculpé, j'imagine, à moins d'être interprétée comme une preuve du crime, on ne peut jamais savoir, mais qu'est-ce que cela pouvait me faire ? Hilde m'avait quitté), cette lettre, ou plutôt ce billet, se terminait par la petite phrase magique : "Tu te souviendras de Suippes". N'était-ce pas comme si, sans colère, Hilde, m'accusant de sa mort, proclamait notre complicité, me pardonnait de vivre, puisque je ne serais jamais coupable, si je me souvenais de Suippes. On aurait dit que le nom de Suippes avait été tracé à la laque, il miroitait comme une enluminure. Quel symbole voulait-il figurer ? Celui du péché, celui de la rédemption, qu'importe. Ni péché ni rédemption. Rien que la pureté reconquise. L'essentiel, toujours, demeure ce qui n'est pas dit. »


« Hilde a souri :
- La sorcière nous a fait boire un philtre.
Au pied de la tour de Montalifant, nous avons acheté deux cartes-vues. Sur la première j'ai inscrit le nom et l'adresse de Hilde Idsega, Hôtel de la Loire, Blois (Loire-et-Cher). Sur la seconde, Hilde inscrivait : Jan Idsega, Hôtel de la Loire, Blois (Loire-et-Cher). Les cartes représentaient l'une et l'autre la même vue du château. Hilde a tracé les mots : "Je t'embrasse." De mon côté, j'ai écrit : "Moi aussi". Et j'ai signé. »


vendredi 18 avril 2014

L'après-midi, les moments



« À quoi bon s’agiter ? J’aurai vécu quand même,
Et j’aurai observé les nuages et les gens
J’ai peu participé, j’ai tout connu quand même
Surtout l’après-midi, il y a eu des moments. »

Michel Houellebecq, Fin de parcours possible, dans La Poursuite du bonheur

dimanche 18 août 2013

Ces beaux et grands navires...


"Ces beaux et grands navires, imperceptiblement balancés (dandinés) sur les eaux tranquilles, ces robustes navires, à l’air désœuvré et nostalgique, ne nous disent-ils pas dans une langue muette : Quand partons-nous pour le bonheur?"
Charles Baudelaire, Fusées