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dimanche 2 décembre 2018

Apprentissage



Tu fixeras le temps sur la toile, et laisseras l'automne étendre les couleurs.




mardi 14 août 2018

Les grands chemins (2)



« Une route sait généralement ce qu'elle fait ; il n'y a qu'à la suivre. »

mercredi 6 juin 2018

Partance


Puerto Natales, fjord Última Esperanza
Comme une dernière invitation au voyage

lundi 21 mai 2018

Pensons à toute la terre


Patagonie, mars 2018

"Je prends congé, je rentre
chez moi, dedans mes rêves,
je retourne à cette Patagonie
où le vent frappe les étables
et où l'Océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :
dans ma patrie on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là, oui, que je veux mourir,
si je devais naître cent fois,
c'est là aussi que je veux naître,
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du Sud,
des cloches depuis peu acquises.
Qu’aucun ne pense à moi. Pensons
à toute la terre, frappons
amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique : je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
que nous allions au cinéma, que nous sortions
    boire le plus rouge des vins.


    Je ne viens rien solutionner.

    Je suis venu ici chanter, je suis venu
    afin que tu chantes avec moi."
 
Pablo Neruda, Chant général (Poésie/Gallimard, traduction Claude Couffon)


Patagonie, mars 2018
 

vendredi 16 mars 2018

A bientôt







Et peut-être rencontrera-t-on là-bas le fantôme d'Orélie-Antoine de Tounens, roi d'Araucanie et de Patagonie...
(Photo ci-dessous extraite de l'étrange film Rey de Niles Attalah)


mercredi 14 février 2018

Carnets romains (1)




Onzième commandement - A Paris sous la pluie, et partout dans le gris, des crépuscules romains te souviendras.




"Le Colysée offre trois ou quatre points de vue tout à fait différents. […] Ce qui m'en touche le plus, c'est ce ciel d'un bleu si pur que l'on aperçoit à travers les fenêtres du haut de l’édifice vers le nord."
Stendhal, Promenades dans Rome


"De la table où j'écris je vois les trois quarts de Rome ; et, en face de moi, de l'autre côté de la ville, s'élève majestueusement la coupole de Saint-Pierre. Le soir, lorsque le soleil se couche, je l'aperçois à travers les fenêtres de Saint-Pierre, et, une demi-heure après, ce dôme admirable se dessine sur cette teinte si pure d'un crépuscule orangé surmonté au haut du ciel de quelque étoile qui commence à paraître.
Rien sur la terre ne peut être comparé à cela. L'âme est attendrie et élevée, une félicité tranquille la pénètre tout entière."
Stendhal, Promenades dans Rome

dimanche 19 novembre 2017

Parenthèse




Le génie, enfin sorti de sa lampe, était prêt à exaucer mes vœux.

Mon cher ami était bien là.
Il est des rendez-vous qui ne se manquent pas.

Sieste au soleil d'automne


Heureux comme un poisson dans l'arbre


Vous passerez à droite des cimetières

Entre Lure...
... et le Ventoux

Retour au village dans les derniers rayons. Point. Fermez la parenthèse.

* * *


"Des livres, en revanche, on en avait à profusion, les murs en étaient tapissés, dans le couloir, la cuisine, l'entrée, sur les rebords des fenêtres, que sais-je encore ? Il y en avait des milliers, dans tous les coins de la maison. On aurait dit que les gens allaient et venaient, naissaient et mouraient, mais que les livres étaient éternels. Enfant, j'espérais devenir un livre quand je serais grand. Pas un écrivain, un livre : les hommes se font tuer comme des fourmis. Les écrivains aussi. Mais un livre, même si on le détruisait méthodiquement, il en subsisterait toujours quelque part un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère, au fond d'un rayonnage dans quelque bibliothèque perdue, à Reykjavík, Valladolid ou Vancouver."

mardi 11 juillet 2017

Hiver austral



Comme quoi, quand le ciel a la tête en bas, il sait manifestement perdre toute décence et se donner des airs de fin du monde...

 

L'hiver arrive à Santiago.
Et l'attrait grandit encore.
Puisque tu restes.
Là-bas.

Les photos sont de notre envoyé spécial, devenu correspondant permanent, à Santiago, que l'on s'apprête à rejoindre. On s'éclipse donc quelques semaines, ce qui ne nous empêchera pas, chers amis, chers lecteurs, de boire quelques pisco sour à votre santé !

Car on boit du pisco aussi
bien au Chili qu'au Pérou...

lundi 10 juillet 2017

Ruptures de réalité et brèches magnifiques



"Le monde est une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse, écrivait Montaigne il y a quelques siècles, et cette idée d'un monde en mouvement permanent est très belle, mais Montaigne n'avait pas idée de ce que ça allait devenir, qu'il faudrait désormais se battre pour retrouver un certain droit au calme, à la solitude, au repos et à tout ce qui va avec, la lecture, la pensée, la rêverie, mais on n'a plus le temps."


"C'est étonnant comme, parfois, on se met à vivre plus vite, beaucoup plus vite, à cause d'un rien, de quelques mots, d'un regard ou d'un air entendu. Recevoir un message, le lire, se dire pourquoi pas, et hop, partir.
[...]

Un coup de fil à Kamel qui, oui, bien sûr, s’occupera des enfants, et la voici sur la route, avec sa vieille voiture grise, son sac sur la banquette arrière. Boulogne-sur-Mer – Saint-Jean-de-Luz : mille quarante kilomètres, trajet estimé à neuf heures trente en passant par Abbeville, Rouen, Le Mans, Tours, Poitiers, Bordeaux et Biarritz. C'est long, c'est une expédition, on n'en fait plus tellement à une époque où l'on se rend en un clin d'œil à l'autre bout du globe, à peine le temps de rentrer dans l'avion et vous voilà sur un autre continent, sans même avoir pu réaliser que vous voyagiez. On a perdu cela, la durée du voyage, ce temps hors du temps avec ses temps morts, ses rencontres, ses rêves. Il faut, pour retrouver ces sensations délectables, savoir aller un peu moins loin, bizarrement, prendre sa voiture et non pas l'avion, rouler et ne surtout pas voler, le voyage aérien stoppe net bien des tentatives d'évasion, Icare l'a appris à ses dépens il y a déjà bien longtemps."


"Il a repris le volant et Lucia s'étonne de la facilité avec laquelle elle se laisse conduire sans même s'inquiéter de leur destination. Elle s'en fout, en fait. Elle est bien, là, aux côtés de cet homme qui est botaniste comme elle est épistolière. Un vieux rêve, ça, d'ailleurs. Troquer les mails du service clients contre des lettres, des vraies, écrire aux vieilles dames solitaires nichées dans les grandes villes, écrire aux ados torturés, écrire aux petits qui croient encore au Père Noël, écrire à ceux qui disent que c'est triste, de nos jours, le facteur n'apporte plus que des factures, écrire à ceux qui ont oublié ce que c'est qu'une lettre, écrire sur du papier bleu, rose ou vert, écrire à l'autre bout du monde ou à la voisine de palier. Écrire."




"Une cicatrice céleste qui s'atténuera peut-être, au fil du temps.
Ou subsistera.
Les cicatrices disparaissent-elles jamais complètement ?"


* * *

De ruptures de réalité en brèches magnifiques, le dernier roman de Nathalie Peyrebonne est un véritable enchantement. En exergue du livre, cette citation de Claude Roy : « Il faudrait essayer de ne pas accorder trop de réalité à la réalité. Le monde a grand besoin que nous doutions un peu de son existence. » Joli programme, non ?

samedi 8 juillet 2017

On a beau savoir



On a beau savoir qu’on a devant soi plusieurs années de lecture rien qu’avec les piles qui encombrent le salon, qui entourent le lit... rien n’y fait, il y a des achats nécessaires avant l'imminent départ en vacances, des achats qui rassurent comme des provisions qu’on ferait avant une possible apocalypse, des achats qui consolent de passer encore un week-end au travail... La crème solaire, le stick pour les lèvres et les médicaments passeront après.

jeudi 8 juin 2017

Promenades (11) - Au Sud de l'Ouest (3)


Légère brise

Nicolas, peignez-moi la mer...

Quand il pleuvait sur le golfe


Et là, impression subite, comme une évidence, que je pourrais croiser ici Gaspard, en avance de quelques jours sur l'été, attendant que Margot ait fini son service à la Crêperie de la Lune pour aller avec elle se promener et converser dans les dunes...