Affichage des articles dont le libellé est stendhal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est stendhal. Afficher tous les articles

mercredi 14 février 2018

Carnets romains (1)




Onzième commandement - A Paris sous la pluie, et partout dans le gris, des crépuscules romains te souviendras.




"Le Colysée offre trois ou quatre points de vue tout à fait différents. […] Ce qui m'en touche le plus, c'est ce ciel d'un bleu si pur que l'on aperçoit à travers les fenêtres du haut de l’édifice vers le nord."
Stendhal, Promenades dans Rome


"De la table où j'écris je vois les trois quarts de Rome ; et, en face de moi, de l'autre côté de la ville, s'élève majestueusement la coupole de Saint-Pierre. Le soir, lorsque le soleil se couche, je l'aperçois à travers les fenêtres de Saint-Pierre, et, une demi-heure après, ce dôme admirable se dessine sur cette teinte si pure d'un crépuscule orangé surmonté au haut du ciel de quelque étoile qui commence à paraître.
Rien sur la terre ne peut être comparé à cela. L'âme est attendrie et élevée, une félicité tranquille la pénètre tout entière."
Stendhal, Promenades dans Rome

jeudi 14 janvier 2016

Promenades (8) - La septième fois




"Ce n'est pas un grand mérite, assurément, que d'avoir été six fois à Rome."

Mais c'est un grand plaisir, assurément, que d'y retourner pour la septième fois.


 

vendredi 4 décembre 2015

Lago di Como (3) - Gobelins (9)


Menaggio - envoyée par Odile S. à Reine D. le 22 avril 1908

On a déjà évoqué, ici et , le sublime Lac de Côme. Mais rien n'empêche d'y revenir. Au cœur d'un automne bien sombre, les vertus du voyage en Italie ne sont plus à démontrer.

Urio - Envoyée par Odile S. à Reine D. le 10 septembre 1906

Le lac de Côme fut notamment le théâtre des amours de Franz Liszt avec la comtesse Marie d'Agoult.
“Lorsque vous écrirez l'histoire de deux amants heureux, placez-les sur les bords du lac de Côme. Je ne connais pas de contrée plus manifestement bénie du ciel ; je n'en ai point vu où les enchantements d'une vie d'amour paraîtraient plus naturels”, écrit-il à un de ses amis depuis Bellagio, sur les rives du lac. (in Lettres d'un bachelier ès musique)

Bellagio - Envoyée par Odile S. à Marie D. le 31 août 1906

Et Stendhal, encore et toujours, véritablement amoureux du lac de Côme, longuement évoqué dans La Chartreuse de Parme.
“C'était avec ravissement que la comtesse retrouvait les souvenirs de sa première jeunesse et les comparait à ses sensations actuelles. « Le lac de Côme, se disait-elle, n'est point environné, comme le lac de Genève, de grandes pièces de terre bien closes et cultivées selon les meilleures méthodes, choses qui rappellent l'argent et la spéculation. Ici de tous côtés je vois des collines d'inégales hauteurs couvertes de bouquets d'arbres plantés par le hasard, et que la main de l'homme n'a pas encore gâtés et forcés à rendre du revenu. Au milieu de ces collines aux formes admirables et se précipitant vers le lac par des pentes si singulières, je puis garder toutes les illusions des descriptions du Tasse et de l'Arioste. Tout est noble et tendre, tout parle d'amour, rien ne rappelle les laideurs de la civilisation. »

Bellagio - Envoyée par Odile S. à Reine D. le 31 août 1906

Et Fabrice Del Dongo lui-même : « Je voudrais, avant de mourir, aller revoir le champ de bataille de Waterloo, et tâcher de reconnaître la prairie où je fus si gaiement enlevé de mon cheval et assis par terre. Ce pèlerinage accompli, je reviendrais souvent sur ce lac sublime ; rien d'aussi beau ne peut se voir au monde, du moins pour mon cœur. A quoi bon aller si loin chercher le bonheur, il est là sous mes yeux ! »

* * *

Ces belles cartes postales du lac de Côme, je les ai trouvées bien sûr dans ma boutique préférée du Passage des Panoramas. Fait assez étonnant, dont je ne me suis rendu compte qu'après les avoir choisies, elles proviennent d'une même correspondance, ce qui leur donne un petit supplément d'âme. En quelques cartes, en quelques mots griffonnés d'une belle écriture tout en pleins et déliés, on imagine déjà un début d'histoire, on voit s'ébaucher des vies lointaines sorties du passé.

En 1906 et en 1908, donc, Odile S., en villégiature manifestement régulière sur les bords du lac, écrivait à Marie et surtout Reine D. Marie et Reine étaient-elles sœurs ? Ou mère et fille ? L'un ou l'autre, sans doute, car Odile écrit à Marie "je n'oublie pas votre chère petite Reinette". Reine, qui habite à Paris, mais, curieusement, d'après les trois cartes ci-dessus qui lui sont destinées, à trois adresses successives. Rue Picot d'abord, puis rue Broca, et enfin rue des Gobelins.


Rue des Gobelins, tiens, quel drôle de hasard... Cette petite rue calme, un peu d'un autre temps, située derrière le carrefour et la Manufacture des Gobelins, et dans laquelle je passe souvent.


La rue des Gobelins, ancienne rue de Bièvre, fait partie de l’"îlot de la Reine Blanche" (encore une étrange coïncidence...), qui tire son nom du Château de la Reine Blanche, dont on voit l'arrière au numéro 17.


Qui étais-tu donc, Reine, Reinette, qui recevais des cartes postales d'Italie et habitais tout près de chez moi, dans le quartier de la Reine Blanche... ?

dimanche 1 décembre 2013

Devant des cafés sans fin jusqu'à des minuits sans nombre


"Qu'as-tu ressenti, Pikes, la nuit où ils ont saisi tes films, comme s'ils faisaient rendre ses entrailles à la caméra, comme s'ils t'étripaient toi-même, pour les fourrer par écheveaux entiers, à pleines brassées, dans une chaudière ardente ? Était-ce aussi pénible que de voir quelque cinquante mille volumes anéantis sans qu'il soit question du moindre dédommagement ? Oui. Stendhal sentit une colère insensée lui glacer les mains. Oui. Alors quoi de plus naturel s'ils s'étaient mis un jour à bavarder devant des cafés sans fin jusqu'à des minuits sans nombre, et si de toutes ces conversations et de toutes ces amères décoctions était sortie... la Maison Usher."

Ray Bradbury, Chroniques martiennes, Usher II



Et si un jour je devais devenir
une femme-livre
une femme-film
une femme-tableau...
je pourrais être tout à la fois
un roman de Patrick Modiano
un poème de Jérôme Leroy
un personnage d'Eric Rohmer
un film de François Truffaut
une chanson de Bob Dylan
une marine de Nicolas de Staël
il me reste je l'espère encore un peu de temps pour décider lesquels.

dimanche 24 novembre 2013

Lago di Como (1)



"On voudrait vivre ici et y mourir : tous les sentiments de la nature s'y trouvent réunis et le grand prédomine."
Gustave Flaubert, Notes de voyage


"Que dire du lac de Côme, sinon plaindre les gens qui n'en sont pas fous ?"
Celui qui n'est encore qu'Henri Beyle, à 17 ans

Et sur le village de Bellagio :
"son aspect sublime et gracieux que le site le plus renommé du monde, la baie de Naples, égale mais ne surpasse point."
Stendhal, La Chartreuse de Parme