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vendredi 8 novembre 2019
Nostalgie d'un pissenlit
"Pas un pissenlit en vue ici, les pelouses sont soigneusement épilées. J'ai la nostalgie d'un pissenlit, un seul, poussé au hasard, dans son insolence d'ordure, difficile à éliminer et perpétuellement jaune comme le soleil. Gai et plébéien et brillant pareillement pour tous. Nous en faisions des bagues, et des couronnes et des colliers, nous tachant les doigts de son lait amer. Ou j'en tenais un sous son menton : Est-ce que tu aimes le beurre ? À les sentir, elle se mettait du pollen sur le nez (ou étaient-ce les boutons-d'or?). Ou montés en graine : je la vois, courant à travers la pelouse, cette pelouse qui est là juste devant moi, à l'âge de deux, trois ans, brandissant un pissenlit comme une allumette japonaise, petite baguette de feu blanc, et l'air se remplit de minuscules parachutes. Souffle, et tu pourras savoir l'heure. Toutes ces heures envolées dans la brise d'été. C'étaient les marguerites pour lire l'amour, et nous les effeuillions à l'infini."
Margaret Atwood, La Servante écarlate
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lundi 19 février 2018
Instantanés et faits d'hiver
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| 18.02.18 - L'hiver a su offrir quelques moments de grâce aux piétons de Paris. |
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| 17.02.18 - Night fellows, les solitudes verticales |
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| 08.02.18 - Square Le Gall, tour Albert, c'est beau aussi un soir d'hiver. |
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| 07.02.18 - Toi aussi, mon Choiseul, tu as dû porter sur ton dos le blanc fardeau. |
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| Et quand l'hiver ici est trop triste, trop gris, trop froid, on appelle le souvenir de l'hiver austral - Atacama, juillet 2017 |
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mercredi 14 février 2018
Carnets romains (1)
Onzième commandement - A Paris sous la pluie, et partout dans le gris, des crépuscules romains te souviendras.
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"Le Colysée offre trois ou quatre points de vue tout à fait différents. […] Ce qui m'en touche le plus, c'est ce ciel d'un bleu si pur que l'on aperçoit à travers les fenêtres du haut de l’édifice vers le nord."
Stendhal, Promenades dans Rome
"De la table où j'écris je vois les trois quarts de Rome ; et, en face de moi, de l'autre côté de la ville, s'élève majestueusement la coupole de Saint-Pierre. Le soir, lorsque le soleil se couche, je l'aperçois à travers les fenêtres de Saint-Pierre, et, une demi-heure après, ce dôme admirable se dessine sur cette teinte si pure d'un crépuscule orangé surmonté au haut du ciel de quelque étoile qui commence à paraître.
Rien sur la terre ne peut être comparé à cela. L'âme est attendrie et élevée, une félicité tranquille la pénètre tout entière."
Stendhal, Promenades dans Rome
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mardi 30 août 2016
vendredi 1 avril 2016
Avril 2016: opération spéciale "A picture a day"!
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| Avril 2015 |
"Nous sommes là tous deux comme devant la mer sous l’avance saline des souvenirs."
(Jules Supervielle, in Débarcadères)
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dimanche 13 mars 2016
13 ans
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| Ile de Ventotene, 2010 |
13 mars. 13 ans. Déjà. Et c'est encore une fois en Italie que je voudrais t'emmener, comme tu m'y as si souvent emmenée. Avec les magnifiques photos de Bernard Plossu, que j'ai vues l'année dernière à la Maison Européenne de la Photographie. Les regarder, c'est encore voyager. Tu aurais aimé.
"Toute mon enfance, j’ai entendu ma mère parler de nos origines italiennes, j’entendais les noms de tante Dina et de Nana, mon arrière grand-mère. Puis un jour, au début des années 1970, je suis parti à Naples, à Rome et à Pompéi sous une pluie torrentielle : c’était magnifique. (…)
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| Ile de Capraia, 2014 |
Tout m’attire, et je photographie partout, à pied, en auto, en train, les paysages, les gens, les ambiances, l’architecture, le présent, le passé, le futur, la poésie… (…)
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| Spilimbergo, 2008 |
Je suis hanté par Carlo Carra, Campigli, Morandi, et aussi Véronèse, Giotto, Piero della Francesca, par Carlo Emilio Gadda, Rosetta Loy, Giuseppe Bonaviri, Andrea Camilleri, par les souvenirs des films que je voyais dans les années 1960, comme les dernières minutes de L'Éclipse, ou La Nuit d’Antonioni, ou tous les Dino Risi, et La Strada, la liste est sans fin."
Bernard Plossu
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| Lucca, 2009 |
Et comme un voyage en Italie ne saurait être parfait sans un peu de musique, souviens-toi avec moi de Giovanna Marini, dont nous avions vu un spectacle à la fin des années 70 au Théâtre Maxime Gorki de Petit-Quevilly. Je ne peux plus depuis écouter Bella Ciao sans frissonner.
samedi 14 novembre 2015
dimanche 1 novembre 2015
Photographies
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| Pernes-les-Fontaines, circa 1966 |
"Je ne sais toujours pas dire précisément ce qui m’émeut dans les photos. Elles me parlent de ce qui se vit et se meurt en même temps. Elles me racontent la beauté de l’instant unique qu’on ne revivra jamais. Elles me chantent l’effort vain de l’humain pour retenir la vie. Tracer un trait sur la paroi de la grotte, modeler une glaise, graver le tronc d’un arbre, fixer la lumière sur la pellicule. Écrire un mot. Dire j’étais là, tu étais là."
Isabelle Monnin, Les Gens dans l’enveloppe
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| Paris, printemps 2015 |
"Je voudrais, si cela est possible, tout consigner.
Je ne suis pas photographe, je prends des photos. C'est comme saisir un objet avec les mains, c'est l'action concrète d'attraper quelque chose.
Je pense aux annuaires téléphoniques de Modiano, aux mille portraits du Kaddish de Boltanski, et même aux archives d'état civil numérisées des Mormons.
La même tentative vaine de conserver des traces matérielles, même infimes, de ce qui fut.
Tout garder, si cela était possible.
Ça a existé, ça a été, regarde, des instants.
Ça a été, ce n'est plus.
Le pour rien de la vie qui se défile.
Un pas dans la neige.
Prendre des photos, recueillir les photos abandonnées par d'autres, ramasser du bois et des pierres, les mettre sous son lit, et chaque soir dégringoler avec le rocher dans la pente."
Isabelle Monnin, Les Gens dans l’enveloppe
| Des photos, un roman, une enquête, des chansons |
mardi 7 avril 2015
50
Cela fait deux ans, presque jour pour jour, que j'ai commencé ce blog, avec La lune, le temps, la rencontre et le rêve. 275 posts plus tard, alors que j’atteins sans trop y croire ce bizarre 50, voici, chers amis et lecteurs, en guise de bougies, cinquante lumières dans le temps croisées ici et qui, de Clermont-Ferrand à Paris, de Manosque à Rouen, de l'Italie à la lune, ont accompagné mes rêveries et vagabondages. Merci pour votre fidélité. Je vous embrasse.
* * *
"Adulte ? Jamais. Jamais : comme l'existence
qui ne mûrit pas, reste toujours verte,
de jour splendide en jour splendide."
Pier Paolo Pasolini, Rome 1950. Journal intime
lundi 8 septembre 2014
Une belle soirée (2)
C'était jeudi dernier, le 4
septembre. En ce regain d’été, l'air était doux à Paris, et particulièrement au
129 de la rue de Charenton, où la Librairie Charybde accueillait Jérôme Leroy à
l’occasion de la sortie de son nouveau roman en Série Noire, L'Ange gardien.
| 13 octobre 2011 |
mardi 19 novembre 2013
Une belle soirée
C'était en février dernier. Il faisait froid et il tombait des cordes. Mais qu'importe puisque la Librairie Charybde recevait Serge Quadruppani, et rue de Charenton cette soirée-là fut ensoleillée et chaleureuse comme l'Italie, comme la Sicile.
Avec Hugues, le libraire, on a lu à deux voix des extraits des trois derniers romans de Serge Quadruppani, qui mettent en scène la ô combien savoureuse, râleuse, rusée, gourmande, charmeuse, sensuelle commissaire Simona Tavianello à la crinière vieil ivoire, aux prises avec les collusions de l'argent et du pouvoir sous toutes leurs formes - la mafia, les services secrets, l'industrie agroalimentaire, les journalistes télé véreux...
On a lu aussi un extrait d'Un été ardent, un des plus beaux et émouvants romans de la série des Montalbano du maestro Andrea Camilleri, dont Serge Quadruppani est le génial traducteur - et auquel il rend hommage à plusieurs reprises dans la série des Simona Tavianello, notamment en le faisant apparaître en personne dans Saturne.
Puis la discussion s'est engagée entre le public et Serge, qui a répondu aux questions avec humour, malice et gentillesse. Il a notamment expliqué la genèse du personnage de Simona, a dit l'utilité, dans chaque livre de la série, de l'âne, du chien, du chat et du lapin, a raconté une belle anecdote sur Camilleri et Sciascia. On a aussi un peu débattu de problèmes cruciaux comme de savoir si Livia, l'éternelle fiancée de Montalbano, était insupportable ou pas...
Et pour terminer cette belle soirée, comme quoi l'amour de l'Italie ne rend pas sectaire, on est allés manger... chinois !
« Le lieutenant Licata tarda un peu à se mettre debout. La commissaire lui adressa un sourire qu'elle voulait amical, mais craignant qu'il y voie de la moquerie pour le rôle secondaire auquel on l'assignait, elle reprit aussitôt une expression neutre. Celle du patron des services d'information était toujours aussi peu déchiffrable.
On échangea des poignées de main.
Et seul un narrateur omniscient, mal venu dans une époque postmoderne, aurait pu nous faire savoir qu'en serrant dans sa grande main énergique et manucurée les cinq doigts dodus de la commissaire, Febbraro pensa "Sale pouffiasse rouge, on va te niquer la gueule" tandis que Simona songeait "Fasciste de merde, tu crois que je ne te vois pas venir ?" »
Saturne
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