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mardi 27 novembre 2018

Tant de choses que j'aime



Hier soir, l'automne avait au théâtre de l’Athénée-Louis-Jouvet les couleurs chaudes de la voix sensuelle de Maud, enfin de Françoise Fabian, intelligence et malice, classe folle et charme intact. Le temps qui passe et celui qui ne passe pas. Nostalgie douce et mélancolie joyeuse égrenées au fil d'une douzaine de chansons essentiellement écrites pour elle, le tout concocté avec la maestria qu'on lui connaît par Alex Beaupain.
Bravo et merci, Madame.



jeudi 6 octobre 2016

Compagnons de voyage




Ceux qui m’aiment prendront le train.
Et moi je le prendrai ce soir avec ces deux merveilles surgies du temps, direction les grands chemins, le plateau Grémone.

jeudi 1 septembre 2016

De la céleste et réjouissante fantaisie de Jean-Pierre Léaud




"Quelqu’un appela Jean-Luc. C’était Jean-Pierre Léaud, l’air un peu égaré, qui se trouvait en compagnie de Chris Marker et de la petite équipe technique de ciné-tracts qui rendaient compte au jour le jour des événements depuis le début du mois de mai. (...) 

Les pavés continuaient à passer de main en main. Jean-Luc et moi faisions de notre mieux pour suivre ce rythme infernal. Or cette belle mécanique cessa vite de fonctionner : Jean-Pierre, entre chaque pavé, essuyait ses mains avec un mouchoir qu’il tenait entre ses dents. On l’éjecta en le traitant de saboteur. (...)


L’attaque fut massive. Les portes du jardin du Luxembourg s’ouvrirent d’un coup, libérant des centaines de policiers, la matraque levée. Ceux d’entre nous qui se trouvaient le plus près tombèrent les premiers sous leurs coups. Les étudiants avaient aussitôt quitté la chaîne pour rejoindre leurs camarades derrière la première barricade de la rue Soufflot. Jean-Luc m’avait prise par la main et m’entraînait au hasard, vers le boulevard Saint-Michel. Nous étions une trentaine à nous enfuir, affolés, terrorisés. Jean-Pierre Léaud, derrière nous, ne cessait de hurler au secours, demandant aux habitants du quartier de l’abriter. Rue Racine, il tambourina en vain contre la porte fermée d’un hôtel en criant: « Je prends une chambre pour la nuit... Pour une semaine... Pour un mois ! »"

Anne Wiazemsky, Un an après (Gallimard)



Photographie Bruno Barbey - Nuit du 10 au 11 mai 1968, Quartier Latin

mercredi 11 mai 2016

Le 401ème coup


- Vous allez voir ce que vous allez voir !
Dans 57 ans, j'aurai la Palme d'or d'honneur, non mais !

mercredi 20 janvier 2016

Addio, Ettore!





Gianni, Antonio, Nicola, saremo sempre con voi...

« Camarades, aujourd’hui est mort un de mes amis. Il est mort parce qu’il avait depuis longtemps renoncé à la vie. C’est de cela que je désire vous parler. De la vie. Pas de la mort. La plus commune aspiration de tous les hommes, sanctionnée même dans le texte de certaines constitutions, est la recherche du bonheur... »


lundi 11 janvier 2016

Les deux Maurice


Pialat, peintre aussi

Noël 69 à Clermont-Ferrand salue aujourd'hui la mémoire de Maurice Pialat et de Maurice Schérer, alias Eric Rohmer, disparus tous les deux un 11 janvier (le premier en 2003, le second en 2010) et particulièrement aimés ici.


Rohmer, acteur aussi, ici en génial spécialiste de Balzac dans Out 1 de Jacques Rivette

mercredi 18 novembre 2015

"Un temps englouti par l'histoire"


Reflet devant le Reflet Médicis

Et si on allait au cinéma... histoire de faire une parenthèse loin de la réalité, une escapade hors du temps, un pas de côté de 12h55. Car c'est aujourd'hui que sort en salle, pour la première fois dans sa version intégrale, et également en DVD, cet ovni cinématographique vieux de 44 ans, le film mythique de Jacques Rivette, Out 1 (prononcez Out Un, et non pas Out One).

Entre Out 1 et moi, c'est un peu une vieille histoire. Il y a trois ans, je retrouvais, dans une de ces malles aux trésors riches de perles du passé, le coffret VHS offert à ma maman il y a vingt ans, lors de sa sortie, accompagné de l'article du Monde soigneusement découpé qui avait motivé mon cadeau. Je m'étais toujours promis de le lui emprunter pour le visionner, parce que, on le sait bien, aux personnes qu'on aime on offre très souvent des choses soit qu'on connaît et qu'on aime, soit qu'on voudrait soi-même recevoir en cadeau parce qu'on est pratiquement sûr de les aimer. Et puis, d'une chose à l'autre, parce que le vieux magnétoscope ne marche plus très bien, parce qu'on n'a plus de télé depuis des années, parce que lorsqu'il était encore temps on repoussait toujours cette expérience un peu extrême, se le gardant pour plus tard comme un plaisir que, de façon sans doute assez bête, l'on rend soi-même inaccessible, Out 1, finalement, on ne l'a jamais vu. Régulièrement, mais sans trop y croire, on vérifiait les sorties DVD, au cas où. Et on avait fini par se résigner, à se dire que Out 1 ferait à jamais partie de ces occasions manquées, de ces rendez-vous ratés à ranger dans la boîte à regrets.





On ne peut donc que se réjouir que ce bonheur longtemps attendu soit maintenant là, à portée d'écran.   

"C'est un film qui se vit autant qu'il se voit, un shoot de cette liberté inouïe, venue d'un temps englouti par l'histoire, où l'imagination était encore appelée au pouvoir." écrit Isabelle Régnier dans son bel article publié dans Le Monde d'aujourd'hui.

Alors, à nos écrans !

mardi 7 avril 2015

50




Cela fait deux ans, presque jour pour jour, que j'ai commencé ce blog, avec La lune, le temps, la rencontre et le rêve. 275 posts plus tard, alors que j’atteins sans trop y croire ce bizarre 50, voici, chers amis et lecteurs, en guise de bougies, cinquante lumières dans le temps croisées ici et qui, de Clermont-Ferrand à Paris, de Manosque à Rouen, de l'Italie à la lune, ont accompagné mes rêveries et vagabondages. Merci pour votre fidélité. Je vous embrasse.

* * *

"Adulte ? Jamais. Jamais : comme l'existence
qui ne mûrit pas, reste toujours verte,
de jour splendide en jour splendide."

Pier Paolo Pasolini, Rome 1950. Journal intime

lundi 2 février 2015

Janvier à Giens




Janvier à Giens
Giens en janvier
Janvier à juin
Viens en janvier
Pourquoi geins-tu
Qu'est c'que j'peux faire
J'sais pas quoi faire
Viens veux-tu
Viens en juin
Viens à Giens
Je t'attends
Ferdinand
Je t'attends
Comme avant
C'était bien
Juin à Giens
Giens en juin
Giens en juin

FM, 31 janvier 2015


Pierrot le fou a été presque entièrement tourné en juin 1965, en grande partie à Giens, Porquerolles, L'Ayguade.



jeudi 9 octobre 2014

La Noblesse Modiano

 

Tout à la joie de voir un de mes (deux) écrivains préférés recevoir aujourd'hui le Prix Nobel de Littérature, je ne résiste pas à la tentation, juste pour le plaisir, de republier ICI les billets évoquant Patrick Modiano que j'ai publiés depuis les quelque dix-huit mois que je tiens ce blog.
Et tout à la joie aussi de savoir que d'ici une heure environ je récupérerai à la Librairie Charybde Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, que justement (hasard objectif ?), j'avais fait mettre de côté pour aujourd'hui.
Bravo, Monsieur Modiano, toutes les félicitations d'une lectrice fidèle et admirative !

jeudi 18 septembre 2014

Rue Monge


"Une dernière nouvelle, « Rue Monge », manuscrit de quarante-deux pages daté d'août 1944, connaîtra également une descendance cinématographique. Le narrateur, un jeune homme solitaire arpentant Paris, rencontre par hasard rue Monge une inconnue, durant l'été 1943. Il a dès lors la certitude qu'elle sera sa femme. Il la courtise avec insistance, la revoit. Mais entre-temps, il va passer une nuit chez Maud, une femme séduisante et élégante, cultivée et libertine. Il continue pourtant de fréquenter l'inconnue, qu'il finira par épouser. Ma nuit chez Maud est là, déjà, situé à Paris dans le Quartier latin et non à Clermont-Ferrand, vingt-cinq ans avant sa réalisation..."
Eric Rohmer, biographie de Antoine de Baecque et Noël Herpe



En 1957, Eric Rohmer s'installe au 72 rue Monge, près de la place. Il restera toute sa vie fidèle au Quartier latin, quittant ensuite la rue Monge pour la rue d'Ulm...
J'aurais donc pu le croiser, et d'ailleurs je l'ai peut-être croisé, qui sait ?

lundi 25 août 2014

Le jour où...(9)



Le jour où, regardant une fois de plus Baisers volés, j'ai réalisé quel était le livre que feuilletait Antoine Doinel en visite chez les Darbon, je me suis dit qu'il n'y avait pas de hasard, et j'ai eu une légère peur rétrospective à l'idée que si F. ne me l'avait pas fait remarquer, je serais peut-être passée pour toujours à côté de cette subtile correspondance...

mercredi 20 août 2014

Mon cher Momo

Sur le tournage de "La Chambre verte" (1978)

"Mon cher Momo, j'ai beaucoup aimé revoir Le Signe du Lion et les films en 16 mm. Je sais que vous êtes convaincu que j'ai agi contre vous aux Cahiers et que vous m'en voulez. Je n'y peux rien, mais je suis très capable d'admirer et d'aimer quelqu'un sans réciprocité, donc fidèlement à vous."
(Lettre de François Truffaut à Eric Rohmer, avril 1965)

Jess Hahn, dans "Le Signe du Lion" (1959)

mercredi 11 juin 2014

Un tout petit moment


"Il y a toujours le désir qu'un petit groupe arrive à changer les choses. Ç'a été un petit moment – la Nouvelle Vague. Un tout petit moment. Si j'ai un peu de nostalgie, c'est ça. Trois personnes, Truffaut, moi et Rivette, certains oncles comme Rohmer, Melville, Leenhardt… C'étaient trois garçons qui avaient quitté leur famille. Rivette, comme Frédéric Moreau, était parti de Rouen. François, moi, on recherchait une autre famille que la nôtre."
Jean-Luc Godard, entretien au Monde, 10 juin 2014

mercredi 14 mai 2014

Comme des trains dans la nuit


"Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse, il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps mort, les films avancent comme des trains tu comprends, comme des trains dans la nuit."