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vendredi 8 novembre 2019

Nostalgie d'un pissenlit



"Pas un pissenlit en vue ici, les pelouses sont soigneusement épilées. J'ai la nostalgie d'un pissenlit, un seul, poussé au hasard, dans son insolence d'ordure, difficile à éliminer et perpétuellement jaune comme le soleil. Gai et plébéien et brillant pareillement pour tous. Nous en faisions des bagues, et des couronnes et des colliers, nous tachant les doigts de son lait amer. Ou j'en tenais un sous son menton : Est-ce que tu aimes le beurre ? À les sentir, elle se mettait du pollen sur le nez (ou étaient-ce les boutons-d'or?). Ou montés en graine : je la vois, courant à travers la pelouse, cette pelouse qui est là juste devant moi, à l'âge de deux, trois ans, brandissant un pissenlit comme une allumette japonaise, petite baguette de feu blanc, et l'air se remplit de minuscules parachutes. Souffle, et tu pourras savoir l'heure. Toutes ces heures envolées dans la brise d'été. C'étaient les marguerites pour lire l'amour, et nous les effeuillions à l'infini."

Margaret Atwood, La Servante écarlate


mardi 27 novembre 2018

Tant de choses que j'aime



Hier soir, l'automne avait au théâtre de l’Athénée-Louis-Jouvet les couleurs chaudes de la voix sensuelle de Maud, enfin de Françoise Fabian, intelligence et malice, classe folle et charme intact. Le temps qui passe et celui qui ne passe pas. Nostalgie douce et mélancolie joyeuse égrenées au fil d'une douzaine de chansons essentiellement écrites pour elle, le tout concocté avec la maestria qu'on lui connaît par Alex Beaupain.
Bravo et merci, Madame.



lundi 11 juin 2018

Collection Printemps-Eté 2018


Quand le bouton est plus beau
que tous les manteaux d'or

"Observez les fleurs des champs, regardez comment elles poussent ! Elles ne filent pas et elles ne tissent pas. Pourtant, je vous le dis : même Salomon, avec toute sa richesse, n'a jamais eu de vêtements aussi beaux qu'une seule de ces fleurs."
Luc 12:27
 
Un cœur simple

La tentation mauve - Noces champêtres :
joli mai, l'Ange n'a pas résisté
.


Pavot, hypnose


La petite avait gardé en son cœur une étoile,
nostalgie de temps marins révolus.

mardi 13 mars 2018

15 ans


Tant qu'il y aura de la lumière

Quel temps fait-il chez les gentils de l'au-delà ?
Spéciale dédicace à celui qui adorait l'accordéon, Brassens et Renaud





vendredi 3 février 2017

Tous les soirs du monde



"Un soir précautionneux montait du Tage avec des allures de souvenirs baudelairiens, et tu murmurais en souriant sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille, tu réclamais le soir, cependant que tous les soirs du monde, nous voulions le croire à n’importe quel prix, tous les grands soirs aventureux et vagabonds s’étendaient devant nous, prêts à nous appartenir."

Jean-Claude Pirotte, Boléro

mardi 20 septembre 2016

Je suis votre enfant


Le 29 mars 2016 à la Cigale, Vincent Delerm et Alex Beaupain

Rue des souvenirs, rue de l'enfance. Une enfance en province. Je vous invite à écouter cette belle et émouvante chanson composée par Vincent Delerm pour Alex Beaupain.




La rue Battant se trouve à Besançon, mais à chacun sa rue Battant...



Et vous, au fait, quelle est la vôtre ?

lundi 25 janvier 2016

Gelati


Photographie Philippe Séclier

"Je me souviens du temps, où, avec une joie secrète, je prenais tous les jours une glace, tout était alors plus absolu et plus éternel. Les journées étaient longues à n'en plus finir, entités douées d'une vraie valeur et d'une vraie durée : la période des vacances était un vrai moment de la vie. Ce qui se passait était toujours un signe, tout prenait un sens pur et profond. A Riccione, j'ai eu ma première petite aventure, tellement démodée. J'ai encore la photographie, chez moi. Elle était élève d'une école de danse, une fille de mon âge, quatorze ou quinze ans. En vacances avec sa classe, c'est-à-dire une douzaine d'autres filles, aussi charmantes et libres qu'elle. Sur la photo, on la voit debout sur le banc d'un bateau à voiles tiré sur le sable : elle est en maillot de bain, le bras levé appuyé contre le mât : les jambes sont serrées l'une contre l'autre, dans une attitude élégante, sur la tête un béret blanc avec une visière de vieux loup de mer. On parlait, mais très peu, sur la plage : elle, bien sûr, plus audacieuse que moi, sous les regards lointains de ses compagnes. Elle est partie à l'improviste après deux ou trois jours. J'étais en train de manger dans le jardin de l'hôtel : je mangeais presque avec rage, pour l'intime satisfaction - dont je garde un souvenir très précis - de m'empiffrer d'un délicieux café au lait, de confiture et de beurre, quand soudain passe une voiture. Pleine de filles : ce sont les jeunes danseuses, entassées dans ce peu d'espace. Elles me voient : c'est un seul et même cri. Je me précipite dans la rue, sous le soleil matinal d'août : toutes agitent les bras dans ma direction, en criant : "Adieu ! Adieu !" Elle, je la distingue à peine, ses yeux joyeux, pleins d'appréhension et d'incertitude."

Pier Paolo Pasolini, La longue route de sable (Editions Xavier Barral, avec des photographies de Philippe Séclier) 

Photographie Paolo di Paolo


















mercredi 20 janvier 2016

Addio, Ettore!





Gianni, Antonio, Nicola, saremo sempre con voi...

« Camarades, aujourd’hui est mort un de mes amis. Il est mort parce qu’il avait depuis longtemps renoncé à la vie. C’est de cela que je désire vous parler. De la vie. Pas de la mort. La plus commune aspiration de tous les hommes, sanctionnée même dans le texte de certaines constitutions, est la recherche du bonheur... »


jeudi 9 octobre 2014

La Noblesse Modiano

 

Tout à la joie de voir un de mes (deux) écrivains préférés recevoir aujourd'hui le Prix Nobel de Littérature, je ne résiste pas à la tentation, juste pour le plaisir, de republier ICI les billets évoquant Patrick Modiano que j'ai publiés depuis les quelque dix-huit mois que je tiens ce blog.
Et tout à la joie aussi de savoir que d'ici une heure environ je récupérerai à la Librairie Charybde Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, que justement (hasard objectif ?), j'avais fait mettre de côté pour aujourd'hui.
Bravo, Monsieur Modiano, toutes les félicitations d'une lectrice fidèle et admirative !

mardi 1 juillet 2014

Le jour où...(8)


Le jour où je me suis rendue compte que je continuerais jusqu'à la fin de ma vie à dire carte orange au lieu de passe navigo, et syndicat d'initiative au lieu de office du tourisme, je m'y suis finalement résignée, et j'ai décidé d'arrêter les efforts.

Surtout que, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais l'expression syndicat d'initiative m'enchante particulièrement. Un air de province au soleil, de fête champêtre...

* * *

« J’aime les mots. J’aime les neuf-dixièmes des mots. Il en est des ravissants, "balcon" par exemple. Il y a aussi "persienne", "mélancolie". »

Françoise Sagan, Je ne renie rien 

mercredi 11 juin 2014

Un tout petit moment


"Il y a toujours le désir qu'un petit groupe arrive à changer les choses. Ç'a été un petit moment – la Nouvelle Vague. Un tout petit moment. Si j'ai un peu de nostalgie, c'est ça. Trois personnes, Truffaut, moi et Rivette, certains oncles comme Rohmer, Melville, Leenhardt… C'étaient trois garçons qui avaient quitté leur famille. Rivette, comme Frédéric Moreau, était parti de Rouen. François, moi, on recherchait une autre famille que la nôtre."
Jean-Luc Godard, entretien au Monde, 10 juin 2014

mercredi 13 novembre 2013