Affichage des articles dont le libellé est soleil. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soleil. Afficher tous les articles
vendredi 8 novembre 2019
Nostalgie d'un pissenlit
"Pas un pissenlit en vue ici, les pelouses sont soigneusement épilées. J'ai la nostalgie d'un pissenlit, un seul, poussé au hasard, dans son insolence d'ordure, difficile à éliminer et perpétuellement jaune comme le soleil. Gai et plébéien et brillant pareillement pour tous. Nous en faisions des bagues, et des couronnes et des colliers, nous tachant les doigts de son lait amer. Ou j'en tenais un sous son menton : Est-ce que tu aimes le beurre ? À les sentir, elle se mettait du pollen sur le nez (ou étaient-ce les boutons-d'or?). Ou montés en graine : je la vois, courant à travers la pelouse, cette pelouse qui est là juste devant moi, à l'âge de deux, trois ans, brandissant un pissenlit comme une allumette japonaise, petite baguette de feu blanc, et l'air se remplit de minuscules parachutes. Souffle, et tu pourras savoir l'heure. Toutes ces heures envolées dans la brise d'été. C'étaient les marguerites pour lire l'amour, et nous les effeuillions à l'infini."
Margaret Atwood, La Servante écarlate
Libellés :
conte,
enfance,
fleurs des champs,
lire la vie,
margaret atwood,
nostalgie,
rouge,
se souvenir des belles choses,
soleil,
terreur
vendredi 1 mars 2019
Crépuscule
samedi 26 janvier 2019
Le dernier train s'est attardé dans les minuits
Dis-moi, ma vie,
le long des corniches, sur les terrasses
Quel somnambule allait vers toi ? Qui t'appelait
dans le grand noir des nuits solaires
dans les étoiles chevauchées
Dans les prisons du temps perdu ? Était-ce toi, était-ce moi
Ce « nous » éparpillé, ces poussières éparses
dans un rais de soleil, sur le cadran des jours
renouvelés sans fin et pareils ? T'ai-je vécue, ma vie
Ou bien me suis-je plu à te voir fugitive
rire et passer dans les miroirs, prise à tes robes et tes voix ?
Nous habitions dans des villages, sous des arbres
de grand soleil, de fêtes votives et de sorgues
où la folie se boit. Nous connaissions les aubes
qui changeaient chaque jour pour nous plaire. L'écume
nous roulait dans un flot sans visages. Dis-moi,
ma vie, retrouveras-tu les vieux ormeaux et les platanes
T'en iras-tu dans le delta, vers nos îles de hauts flamants
Tourneras-tu, les yeux bandés, la noria de ton temps sans traces
Et sous nos treilles de muscats
Serons-nous Un, rien qu'un instant ou bien perdus ?
Pierre Seghers, Dis-moi, ma vie (Editions Bruno Doucey)
Et aussi, dédié à cet autre poète qui l'on aime beaucoup ici, qui écrivit le vers célèbre, trop célèbre sans doute, Toi qui pâlis au nom de Vancouver (trop célèbre dans la mesure où il a pu masquer le reste de son œuvre remarquable):
![]() |
| Pierre Seghers, Dis-moi, ma vie (Editions Bruno Doucey) |
* * *
mardi 14 août 2018
mercredi 25 juillet 2018
Collection Printemps-Eté 2018 (3)
![]() |
| True colors, ou Les Quatre Filles du docteur July |
![]() |
| Et les quatre Miss sous les feux de la rampe, à la régie Mister Sun |
vendredi 9 février 2018
mardi 22 août 2017
La cérémonie
Et c'est ainsi que
sous le regard vaguement inquiet des arbres d'été
la cérémonie eut lieu
et le soleil changea de mains.
mardi 20 juin 2017
Avant-saison
Libellés :
bleu,
burt lancaster,
été,
gena rowlands,
j'ai revu ma normandie,
john cassavetes,
lelouch,
mer,
noms de rues : le nom,
ouest,
partir,
plage,
printemps,
proust,
soleil,
trintignant,
vincent delerm,
visconti
mardi 24 janvier 2017
Life out of balance (3)
| Santiago, par notre envoyé spécial au Chili |
Une semaine qu'en raison des incendies, les montagnes ne sont plus visibles.
A container of ashes might one day be thrown from the sky which could burn the land and boil the oceans.
(3ème prophétie Hopi, Koyaanisqatsi)
Libellés :
apocalypse,
chili,
koyaanisqatsi,
les lumières de la ville,
rouge,
soleil
mardi 13 décembre 2016
Le soleil, la lune, et les deux poètes
"les dîners de lune font
suite aux déjeuners de so-
leil dans ma bibliothèque
Fargue occupe un beau rayon
où je puise des ludions
des après-midi de sieste
et des parfums de pastèque
sur les marchés de l’aurore"
Jean-Claude Pirotte, in Gens sérieux s’abstenir (Éditions Le Castor Astral)
des après-midi de sieste
et des parfums de pastèque
sur les marchés de l’aurore"
Jean-Claude Pirotte, in Gens sérieux s’abstenir (Éditions Le Castor Astral)
(à suivre, probablement)
Libellés :
hommage,
jean-claude pirotte,
léon-paul fargue,
lire la vie,
lune,
poètes,
soleil
vendredi 30 septembre 2016
Sur la Lune, nous avons tout
Elle me plaisait bien, ma maison sur la Lune, et la dotai d'un âtre et l'entourai d'un jardin (qu'y fleurirait-il, que pousserait-il sur la Lune ? Il fallait que je le demande à Constance), et je déjeunerais dehors, dans mon jardin sur la Lune. Les objets brillaient d'un vif éclat, sur la Lune, et leurs couleurs étaient étranges ; ma petite maison serait bleue.
* * *
- Tu sais, dit Constance en soulevant le couvercle d’une marmite posée sur la cuisinière, je crois que nous pourrons bientôt ramasser des laitues ; le temps est resté si doux.
- Sur la Lune..., fis-je, puis je me tus.
- Sur la Lune, dit Constance en se tournant pour me sourire, tu as des laitues toute l’année, peut-être ?
- Sur la Lune, nous avons tout. Des laitues, des tourtes à la citrouille et des amanites phalloïdes. Nous avons des plantes velues et des chevaux qui dansent en battant des ailes. Toutes les serrures sont robustes et inviolables, et il n’y a pas de fantômes. Sur la Lune, Oncle Julian serait en bonne santé et le soleil brillerait tous les jours. Tu porterais les perles de notre mère et tu chanterais, et le soleil brillerait tout le temps.
On trouvera ICI une belle critique de ce petit bijou noir.
Libellés :
à quoi rêvent les jeunes filles,
bleu,
Librairie Charybde,
lune,
merricat,
noir,
shirley jackson,
soleil
samedi 23 juillet 2016
Le soleil des loups
"Conrad Mur est coutumier de telles rêveries qui ne laissent en lui nuls ou d'insignifiants vestiges, dès qu'il a fini de s'y abandonner. Des fois, il a même observé que son esprit s'y reposait, en sortait avec une disponibilité beaucoup plus grande que celle qu'il y avait apportée. Pâlit donc et puis s'efface entièrement dans sa mémoire le détail de tout ce que lui a fait contempler sa plongée imaginaire, mais parce que l'heure a tourné pendant qu'il était absent, parce que le soleil s'est rapproché du bleu énorme qui va bientôt l'engouffrer, parce que les rochers gris ont pris des nuances d'iris et de violettes, parce que les ombres des poteaux télégraphiques s'allongent en travers de la route et sabrent le flanc de la montagne, parce que les pics jaillissent entre tourterelle et feuille de rose sur le ciel fouetté de petites mouchetures, Conrad ameute autour de lui des souvenirs pour se défendre contre la mélancolie qui est près de l'assaillir et à laquelle il ne veut pas céder."
"La lune, un peu au-delà de son troisième quartier, cernait d'un feu étrange les bords de quelques vapeurs soufflées en queues de renard sur le brillant du ciel, et sa lumière ruisselait sur les coteaux de Blanchemont qui font entre les deux lacs une presqu'île calcaire, où s'étagent, avec de petits bois chétifs, des carrés de vigne autour de chalets tout seuls et d'abris pointus comme les paillotes d'un village malais. Nous fussions-nous retournés que nous aurions pu voir, mais à très grande distance, errer des points obscurs : couples ainsi que le nôtre blasés de presse et de vacarme. Devant nous, aussi loin que portât le regard, il n'y avait personne."
André Pieyre de Mandiargues, L'Archéologue, in Soleil des loups
| 19 juillet 2016 - En attendant le soleil des loups |
Libellés :
andré pieyre de mandiargues,
lune,
mélancolie,
rêve,
soleil,
souvenirs,
tristan corbière
jeudi 31 mars 2016
Les lettres de Gustave, à lire ou à gueuler
Quant à l'idée de la patrie, c'est-à-dire d'une certaine portion de terrain dessinée sur la carte et séparée des autres par une ligne rouge ou bleue, non ! la patrie est pour moi le pays que j'aime, c'est-à-dire celui que je rêve, celui où je me trouve bien.
Lettre à Louise
Colet, 1846
* * *
Quand on aime, on aime tout. Tout se voit en bleu quand on porte des lunettes bleues. L’amour, comme le reste, n’est qu’une façon de voir et de sentir. C’est un point de vue un peu plus élevé, un peu plus large ; on y découvre des perspectives infinies et des horizons sans bornes.
Lettre à Louise Colet, 1846
* * *
As-tu éprouvé quelquefois le regret que l’on a pour des moments perdus, dont la douceur n’a pas été assez savourée ? C’est quand ils sont passés qu’ils reviennent au cœur, flambants, colorés, tranchant sur le reste comme une broderie d’or sur un fond sombre.
Lettre à Louise Colet, 1846
* * *
Chaque jour j’ai de plus en plus besoin de soleil ! Il n’y a guère que ça de beau au monde, ce grand bec de gaz suspendu là-haut par les ordres d’un Rambuteau inconnu !
Lettre à Ernest Chevalier, 1847
* * *
Il est toujours triste de partir d’un lieu où l’on sait que l’on ne reviendra jamais. Voilà de ces mélancolies qui sont peut-être une des choses les plus profitables des voyages.
Lettre à Louis Bouilhet, 1850
* * *
Moi, avant de mourir, je revisiterai mes rêves.
Lettre à Louise Colet, 1853
* * *
Oh ! la vie pèse lourd sur ceux qui ont des ailes ; plus les ailes sont grandes, plus l’envergure est douloureuse. Les serins en cage sautillent, sont joyeux ; mais les aigles ont l’air sombre, parce qu’ils brisent leurs plumes contre les barreaux. Or nous sommes tous plus ou moins aigles ou serins, perroquets ou vautours. La dimension d’une âme peut se mesurer à sa souffrance, comme on calcule la profondeur des fleuves à leur courant.
Lettre à Louise Colet, 1853
* * *
Tout ce qu’on invente est vrai, sois-en sûre. La poésie est une chose aussi précise que la géométrie. L’induction vaut la déduction, et puis, arrivé à un certain point, on ne se trompe plus quant à tout ce qui est de l’âme.
Lettre à Louise Colet, 1853
* * *
Ce qui me semble, à moi, le plus haut dans l’Art (et le plus difficile), ce n’est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d’agir à la façon de la nature, c’est-à-dire de faire rêver.
Lettre à Louise Colet, 1853
* * *
Le seul moyen de supporter l’existence, c’est de s’étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l’Art cause une longue ivresse et il est inépuisable. C’est de penser à soi qui rend malheureux.
Lettre à Mademoiselle Leroyer de
Chantepie, 1858
* * *
C’est surtout quand on voyage que l’on sent profondément la mélancolie de la matière, qui n’est que celle de notre âme projetée sur les objets.
Lettre à Mademoiselle Leroyer de
Chantepie, 1859
* * *
Ah ! oui, je veux bien vous suivre dans une autre planète. Et à propos d’argent, c’est là ce qui rendra la nôtre inhabitable dans un avenir rapproché, car il sera impossible d’y vivre, même aux plus riches, sans s’occuper de son bien ; il faudra que tout le monde passe plusieurs heures par jour à tripoter ses capitaux. Charmant !
Lettre à George Sand, 1867
* * *
Je me suis pâmé, il y a huit ans, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons.
Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols, et j’ai entendu de jolis mots à la Prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre.
C’est la haine qu’on porte au bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète, et il y a de la peut dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère.
Lettre à George Sand, 1867
* * *
Il faut toujours protester contre l’injustice et la bêtise, gueuler, écumer et écraser quand on le peut.
Lettre à George Sand, 1873
* * *
Je n’attends plus rien de la vie qu’une suite de feuilles de papier à barbouiller de noir. Il me semble que je traverse une solitude sans fin, pour aller je ne sais où. Et c’est moi qui suis tout à la fois le désert, le voyageur et le chameau.
Lettre à George Sand, 1875
![]() |
| Retour en 1980 |
Libellés :
1980,
bleu,
flaubert,
françois féret,
ivresse,
lettres,
mélancolie,
monique féret,
passé,
poètes,
rêve,
rouen,
seuls les anges ont des ailes,
soleil,
solitude,
souvenirs,
théâtre,
voyage
samedi 19 décembre 2015
lundi 29 septembre 2014
Limoges n'est pas loin de Clermont-Ferrand (3)
"Il y avait encore quelques salons bleus à Limoges, de plus en plus rares, et celui des Rouargue était un des derniers. Il y avait eu, en effet, une sorte de toquade générale pour le velours bleu d'ameublement dans cette ville, des années auparavant, et certaines familles, pour des raisons généralement financières - ou de fidélité -, les avaient conservés. En entrant dans le salon des Rouargue, Gilles eut ainsi l'impression que son enfance lui sautait à la tête, il revit mille goûters, mille heures d'ennui à attendre les parents sur un pouf, mille rêveries à base de bleu passé."
* * *
* * *
"Il avait envie de tout envoyer promener : Paris, ses intrigues, ses ukases, ses hypocrisies. Il voulait retrouver la campagne et les salons de Limoges, résignés, fragiles et bleus comme les yeux de son beau-frère. Il allait téléphoner à Nathalie et lui demander conseil. Elle saurait. Il y avait quelque chose d'inflexible en elle, de naturellement pur. Et donc il avait grand besoin."
* * *
"Ce train n'en finissait pas de traverser la France. Il y avait d'abord eu, en quittant la gare, ces longues banlieues étirées que la lumière du soleil d'été, avant la nuit, rendait presque poétiques. Puis les premières prairies avant la Loire, toute cette herbe verte et luisante, encadrées par l'ombre démesurément allongée des arbres, puis la Loire elle-même déjà grise. Puis il avait fait nuit et Gilles avait détourné son visage de la fenêtre, regardé les visages paisibles de ses compagnons de voyage. Il était bien dans ce train, il roulait inexorablement vers la maison de sa sœur, vers Nathalie, il roulait vers la paix et l'amour à la fois, et il lui semblait que c'était la première fois qu'il rencontrait dans son existence cette conjonction."
Libellés :
1969,
bleu,
clermont-ferrand,
elle et lui,
et souviens-toi que je t'attends,
françoise sagan,
lire la vie,
soleil,
train
vendredi 1 août 2014
vendredi 18 juillet 2014
Quitter la ville
On le sait bien, on ne devrait jamais quitter les villes, que ce soit Montauban, Paris, ou tout autre cité. C'est pourtant ce que l'on va faire, au moins pour quelque temps. Direction le sud, histoire d'approcher, une fois de plus, la lumière et le cassé-bleu de Nicolas de Staël, le Ventoux de René Char, les plateaux et la montagne de Lure de Jean Giono...
samedi 29 mars 2014
Aurore
| Sur le plateau de Valensole |
« Aurore était tombée à la renverse. Elle s’était tiré un coup de fusil dans la bouche. Elle n’était plus une femme. Avec ses éclaboussures de cervelle et de sang rayonnantes autour d’elle, elle éclairait l’herbe et le monde comme un terrible soleil. »
Jean Giono, Que ma joie demeure
Je me prends à rêver que cette pierre est la trace que le corps et l'âme d'Aurore ont laissée dans l'herbe du plateau Grémone.
vendredi 7 février 2014
Un blanc manteau... bien chaud !
Parce qu'il est des familles dont le sourire, la générosité, l'humanité, l'engagement et la rage aussi, font vraiment, vraiment chaud au cœur.
Et parce que ça, ça remonte à bien loin aussi...
jeudi 30 janvier 2014
Le soleil lui trace la route
"Maurice m'a ouverte à la vie, il m'a fait découvrir mon métier, et une façon d'exister. [...] A nos amours reste le plus beau cadeau de ma vie. Pialat m'a appris à prendre le vent ! Maurice est ma bonne étoile."
"Pialat trimballait une sorte de mal-être en permanence. [...] A la fin, lorsque le père surprend la famille au cours du dîner, c'est le personnage du père, mais c'est aussi Maurice qui s'exprime lorsqu'il dit : "La tristesse durera toujours". Cette mélancolie faisait partie de son quotidien, Maurice était hanté par elle."
"Avec mon père, nous adorions les westerns et nous ne manquions sous aucun prétexte les comédies avec Louis de Funès ou les films avec Lino Ventura. Ah, Lino, mon acteur préféré ! On regardait les classiques du Ciné-club en noir et blanc. Je me souviens aussi d'un cycle François Truffaut ; La Femme d'à côté avec Fanny Ardant et Depardieu m'avait bouleversée. J'étais aller me cacher dans les toilettes pour pleurer."
Libellés :
à nos amours,
bonnaire solaire,
depardieu avant,
elle et lui,
fanny ardant et moi,
hommage,
mélancolie,
pialat,
soleil,
souvenirs,
truffaut
Inscription à :
Articles (Atom)

































