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mercredi 8 mai 2019

Coquelicots



Près de Vétheuil
Près de Manosque
Vers 1879
En avril 2019
Les chants de coquelicots
Pulsent absurdement dans ma tête
Gentil coquelicot Mesdames
Comme un p’tit coqu’licot, mon âme
Les champs de coquelicots
Impriment mon cœur de rouge
Notes obsédantes printemps malade
Couleur intense saison trop pâle
Je me laisse doucement rêver
Avec Claude le Peintre
Avec Marcel le Troubadour
Infini pouvoir
Du pavot écarlate.

FM, mai 2019


mercredi 26 septembre 2018

Paris en septembre...


... ressemble à s'y méprendre, à Paris au mois d'août

ils ont été trop clairsemés

éternel et banal

samedi 27 août 2016

Rencontre (9) - Les deux pigeons de la rue Sainte-Anne



Au 53 de la rue Sainte-Anne, j'ai rencontré les deux pigeons. Drôle de hasard, c'est sur un mur jouxtant une enseigne au nom qui semble prédestiné que l'on peut les voir.


Car certes il y a les pigeons voyageurs, et les meilleurs d'entre eux, mais il y a aussi ceux qui s'aimaient d'amour tendre, et dont le couple faillit être mis à mal par le désir de voyage de l'un...


Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre.
L'un d'eux s'ennuyant au logis
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ?
L'absence est le plus grand des maux :
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux,
Les dangers, les soins du voyage,
Changent un peu votre courage.
Encor si la saison s'avançait davantage !
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau.
Je ne songerai plus que rencontre funeste,
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut :
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut,
Bon soupé, bon gîte, et le reste ?
Ce discours ébranla le cœur
De notre imprudent voyageur ;
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète
L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point :
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ;
Je reviendrai dans peu conter de point en point
Mes aventures à mon frère.
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
Vous sera d'un plaisir extrême.
Je dirai : J'étais là ; telle chose m'avint ;
Vous y croirez être vous-même.
À ces mots en pleurant ils se dirent adieu.
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu.
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage.
L'air devenu serein, il part tout morfondu,
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie,
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu,
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie :
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las,
Les menteurs et traîtres appas.
Le las était usé ! si bien que de son aile,
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin.
Quelque plume y périt ; et le pis du destin
Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle
Et les morceaux du las qui l'avait attrapé,
Semblait un forçat échappé.
Le vautour s'en allait le lier, quand des nues
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues.
Le Pigeon profita du conflit des voleurs,
S'envola, s'abattit auprès d'une masure,
Crut, pour ce coup, que ses malheurs
Finiraient par cette aventure ;
Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié,
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié
La volatile malheureuse,
Qui, maudissant sa curiosité,
Traînant l'aile et tirant le pié,
Demi-morte et demi-boiteuse,
Droit au logis s'en retourna.
Que bien, que mal, elle arriva
Sans autre aventure fâcheuse.
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;
J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,
Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
De l'aimable et jeune Bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,
Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?
Ai-je passé le temps d'aimer ?

Jean de La Fontaine, Les deux Pigeons

Et bien sûr, nostalgie sixties et souvenirs obligent, suivons Charles Aznavour dans la subtile et poignante variation qu'il proposa de cette fable en 1963, sur le chemin de l'absence, de l'attente et du temps perdu.


Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre
Mais l'un d'eux a quitté leur toit
Qu'ils sont longs les jours de l'attente
Et longues sont les nuits sans toi
Un pigeon regrettait son frère
Moi je regrette mon bel amour
Comme lui j'attends un bruit d'ailes
Le doux bruit d'ailes de son retour
J'ai laissé partir avec elle
Le bonheur qui nous était dû
Sur le chemin du temps perdu
Amant, heureux amant
Redites-le souvent
Une absence est toujours trop longue
Rien ne sert de courir le monde
L'amour passe et les feuilles tombent
Quand tourne la rose des vents
Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre
Mais l'un d'eux a quitté leur toit
Qu'ils sont longs les jours de l'attente
Et longues sont les nuits sans toi
Un pigeon regrettait son frère
Moi je regrette mon bel amour
Comme lui j'attends un bruit d'ailes
Le doux bruit d'ailes de son retour
J'ai laissé partir avec elle
Le bonheur qui nous était dû
Sur le chemin du temps perdu
(Paroles de René Clair)


Finalement, ce qu'auraient dû faire les deux pigeons, les deux âmes soeurs, c'est de partir en voyage ensemble...

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !


Baudelaire, L'Invitation au voyage

Car, dernière coïncidence, ou hasard objectif, mes deux pigeons ne sont également qu'à quelques pas de l'Hôtel Baudelaire...

jeudi 29 octobre 2015

Et si j'ai de l'eau dans les yeux...


Place de la Bourse à la nuit qui tombe vite, fin octobre 2015, regard flou

... c'est qu'il me pleut sur le visage




Il a beaucoup plu en 1967, sur les visages, sur les maisons, dans les mémoires, puisque c'est de 1967 que date aussi ce chef d’œuvre poignant de Serge Reggiani qui a un peu bercé mon enfance...



jeudi 15 octobre 2015

Pour aller danser





Ce que je n'ai réalisé que tout récemment, c'est que c'est Charles Aznavour qui a écrit les paroles de cette chanson.

Et, en 1977, quatrième donc, vu à Rouen au Gaumont de la rue de la République :




samedi 24 janvier 2015

jeudi 30 octobre 2014

Tu parles trop, Mathias, il faut chanter




Je n'ai pas souvenir que ma maman ait chanté ça quand j'étais petite. Mais elle aurait pu. Oui, elle aurait très bien pu.




vendredi 22 août 2014

Comme le premier coquelicot venu


"Tout habillée de bleu, comme le premier coquelicot venu."

Louis Calaferte, Paraphe

dimanche 13 juillet 2014

Des chevaux blessés



"Que ce fût par fatigue, à cause de ces fuseaux horaires apparemment si meurtriers, ou pour une raison majeure qu'il lui sembla soudain avoir toujours refusé d'entendre, Robert Bessy se tua cette nuit-là. Il avala, sans difficulté d'ailleurs, les pilules restantes et, par hasard, la dose était bonne. Comme on dit dans certains romans policiers, il se buta. Et ce terme d'argot est assez poétique dans la mesure où, ayant lui-même buté sur la vie, il n'avait pu passer dessus. Sur les champs de course souvent, des chevaux superbes et pleins de sang butent sur une haie, ne se redressent pas ou se redressent mal, et le vétérinaire vient achever leur histoire. Robert Bessy n'était ni superbe ni plein de sang et il se passa de vétérinaire."

Françoise Sagan, Des bleus à l'âme


mardi 25 mars 2014

Et lorsque l'Italie a épousé l'Escaut


"La mer du Nord en hiver
Sortait ses éléphants gris vert
Des Adamo passaient bien couverts
Donnant à la plage son caractère
Naïf et sincère
Le vent de Belgique
Transportait de la musique
Des flonflons à la française
Des fancy-fairs à la fraise"

Alain Souchon, Le Baiser

mardi 11 mars 2014

Gustave, Jean-Luc et Hervé - variazioni capresi

Avril 2000

"Je deviens maintenant comme le père Chateaubriand, qui pleurait à tous les enterrements. Le moindre fait me plonge dans des rêveries sans fin. Je m’en vais de pensées en pensées, comme une herbe desséchée sur un fleuve, et qui descend le courant flot à flot.
Non, ne te moque pas de moi de vouloir voir l’Italie. Que les épiciers s’y amusent aussi, tant mieux pour eux. Il y a là-bas de vieux pans de murs, le long desquels je veux aller. J’ai besoin de voir Capri et de regarder couler l’eau du Tibre."
Gustave Flaubert, Lettre à Louis Bouilhet, 19 décembre 1850

Le Mépris (1963) - Villa Malaparte



Jean-Luc Godard (et avant lui Alberto Moravia) et Hervé Vilard racontent en fait à peu près la même histoire. Celle de la fin de l'amour. Même si Capri est dans l'une le lieu où il commence et s'épanouit, dans l'autre celui où il meurt.
La légende familiale (et j'ai tendance à la croire, elle a bonne mémoire) veut que lors de l'été 1965, pour me faire rire aux éclats, il suffisait de se pencher sur mon landau et de me dire "Capri, c'est fini !". Cruelle enfant, tout de même. Ou plutôt ignorante, mais on me pardonnera certainement de ne pas avoir su, à quatre ou cinq mois, ce qu'était un chagrin d'amour...

vendredi 7 février 2014

Un blanc manteau... bien chaud !


Parce qu'il est des familles dont le sourire, la générosité, l'humanité, l'engagement et la rage aussi, font vraiment, vraiment chaud au cœur.


 Et parce que ça, ça remonte à bien loin aussi...