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jeudi 18 avril 2019

Les sourires éternels


Georgette et René Magritte, à Schaerbeek
le 28 juin 1922, jour de leur mariage

jeudi 21 février 2019

La tentation mauve (11) - Refrain



Au cœur de toi était l'attrait des jours qui passent,
petite chérie
Au mauve de toi le temps toujours fixait ta grâce,

ma belle amie

FM, février 2019

mardi 4 décembre 2018

Les figures de la Grâce (8) - Ostende (2)



Cette étonnante et sublime photo, reproduite dans Lettres à Guillaume Apollinaire (Gallimard, 2018), est extraite de la plaquette des Six lettres à Guillaume Apollinaire, imprimée à 69 exemplaires par les éditions "A l'enseigne de l'arc de Nemrod" en 1978. Collection Pierre Caizergues.

* * *

                                           Samedi 1er mai [1915]

Mon Gui chéri,
Je dîne chez Rika - Je t'envoie le petit muguet porte-bonheur !
Je pense à toi...
Je t'aime tout plein...
Je t'écrirai demain...
Je t'embrasse fort fort fort !
T'aime

                                                    Ton ptit Lou
 


mardi 27 novembre 2018

Tant de choses que j'aime



Hier soir, l'automne avait au théâtre de l’Athénée-Louis-Jouvet les couleurs chaudes de la voix sensuelle de Maud, enfin de Françoise Fabian, intelligence et malice, classe folle et charme intact. Le temps qui passe et celui qui ne passe pas. Nostalgie douce et mélancolie joyeuse égrenées au fil d'une douzaine de chansons essentiellement écrites pour elle, le tout concocté avec la maestria qu'on lui connaît par Alex Beaupain.
Bravo et merci, Madame.



jeudi 5 octobre 2017

Les figures de la Grâce (7)



Les amis, lecteurs et passants de Noël 69 à Clermont Ferrand savent à quel point on apprécie ici Anne Wiazemsky. Sa disparition aujourd'hui m'attriste tout particulièrement.

samedi 13 mai 2017

Les figures de la Grâce (6)



Yannis Ritsos, Balcon (Editions Bruno Doucey, 2017)

jeudi 20 avril 2017

vendredi 3 mars 2017

Un croisement entre un renard et un nuage



"Est-il possible qu’il n’existe que dix exemplaires au monde de ces comics ?
Bien que Kirsten en ait pris grand soin, ils sont maintenant cornés et usés sur les bords. Le premier numéro s’ouvre sur un dessin en double page. Le Dr Eleven est perché sur de sombres rochers dominant une mer indigo au crépuscule. Des bateaux naviguent entre les îles, des éoliennes tournent à l’horizon. Il tient son chapeau de feutre à la main. Un petit animal blanc est assis à côté de lui. (Plusieurs membres de la Symphonie, parmi les plus anciens, ont confirmé qu’il s’agissait d’un chien, mais Kirsten n’en a jamais vu de semblable. Il s’appelle Luli. On dirait un croisement entre un renard et un nuage.) Au bas de l’image, il y a une ligne de texte : Je parcourus du regard mon domaine endommagé, essayant d’oublier la douceur de la vie sur la Terre."

* * *

"En fin d'après-midi, elle trouva dans sa poche un bout de papier plié en deux. Elle reconnut l'écriture d’August.

Un fragment pour mon amie...
Si ton âme quittait cette terre, je la suivrais pour te rejoindre
Silencieux, mon vaisseau spatial suspendu dans la nuit

Elle lisait un de ses poèmes pour la première fois et en fut prodigieusement émue. « Merci », lui dit-elle quand elle le revit. Il se borna à hocher la tête."

* * *

"Ils passèrent la nuit sous un arbre, à proximité du pont, allongés côte à côte sur le plastique d'August. Kirsten dormit d'un sommeil agité ; chaque fois qu'elle se réveillait, elle avait conscience du paysage désertique, du manque de gens, d'animaux et de caravanes autour d'elle. L'enfer, c'est l'absence de ceux qu'on voudrait tant avoir auprès de soi."

jeudi 19 janvier 2017

Un chat français



"De toutes les villes que j'ai visitées, je n'aime véritablement que Paris ; le moindre détail y est raffiné et précieux et élégant et chacun en tire ce qui lui correspond."
(Lettre de Sylvia Plath à sa mère, août 1956)



Magnifique ouvrage publié aux Éditions de La Table Ronde.

dimanche 6 novembre 2016

Fabienne de Mortsauf (la voix d'or)


Fabienne Tabard... Fabienne Tabard... Fabienne Tabard...

Delphine Seyrig est (pour moi au moins) indissociable de Fabienne Tabard, la femme mariée dont s'éprend violemment Antoine Doinel dans Baisers volés, un de ses plus beaux rôles sans doute. Son personnage donne lieu à quelques scènes mythiques, notamment le fameux monologue de Jean-Pierre Léaud-Antoine Doinel, qui devant son miroir psalmodie crescendo jusqu'à épuisement les noms de Fabienne Tabard et Christine Darbon, les deux femmes entre lesquelles il hésite, et son propre nom.

Baisers volés, et plus précisément l'épisode Fabienne Tabard, est directement inspiré du Lys dans la vallée. François Truffaut, fervent admirateur de Balzac, annonce cette paternité dès le tout début du film, lorsqu'on voit le deuxième classe Antoine Doinel, dans sa cellule de prison militaire, en train de lire le roman de Balzac.


Le titre même du film est une référence directe au roman, à la scène inaugurale du bal, où le jeune Félix de Vandenesse tombe éperdument amoureux de Madame de Mortsauf.

"Trompée par ma chétive apparence, une femme me prit pour un enfant prêt à s'endormir en attendant le bon plaisir de sa mère, et se posa près de moi par un mouvement d'oiseau qui s'abat sur son nid. Aussitôt je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. Je regardai ma voisine, et fus plus ébloui par elle que je ne l'avais été par la fête ; elle devint toute ma fête. Si vous avez bien compris ma vie antérieure, vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon cœur. Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme, et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie. Ces épaules étaient partagées par une raie, le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main. Je me haussai tout palpitant pour voir le corsage et fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d'une gaze, mais dont les globes azurés et d'une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelle. Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies : le brillant des cheveux lissés au-dessus d'un cou velouté comme celui d'une petite fille, les lignes blanches que le peigne y avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers, tout me fit perdre l'esprit. Après m'être assuré que personne ne me voyait, je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête. Cette femme poussa un cri perçant, que la musique empêcha d'entendre ; elle se retourna, me vit et me dit : "- Monsieur ?" Ah ! si elle avait dit : "Mon petit bonhomme, qu'est-ce qui vous prend donc ?" je l'aurais tuée peut-être ; mais à ce monsieur ! des larmes chaudes jaillirent de mes yeux. Je fus pétrifié par un regard animé d'une sainte colère, par une tête sublime couronnée d'un diadème de cheveux cendrés, en harmonie avec ce dos d'amour. Le pourpre de la pudeur offensée étincela sur son visage, que désarmait déjà le pardon de la femme qui comprend une frénésie quand elle en est le principe, et devine des adorations infinies dans les larmes du repentir. Elle s'en alla par un mouvement de reine.
(...)
J'aimai soudain sans rien savoir de l'amour. N'est-ce pas une étrange chose que cette première irruption du sentiment le plus vif de l'homme ? J'avais rencontré dans le salon de ma tante quelques jolies femmes, aucune ne m'avait causé la moindre impression. Existe-t-il donc une heure, une conjonction d'astres, une réunion de circonstances expresses, une certaine femme entre toutes, pour déterminer une passion exclusive, au temps où la passion embrasse le sexe tout entier ? En pensant que mon élue vivait en Touraine, j'aspirais l'air avec délices, je trouvai au bleu du temps une couleur que je ne lui ai plus vue nulle part. Si j'étais ravi mentalement, je parus sérieusement malade, et ma mère eut des craintes mêlées de remords. Semblable aux animaux qui sentent venir le mal, j'allai m'accroupir dans un coin du jardin pour y rêver au baiser que j'avais volé."

On retrouve cette adoration pour une femme idéalisée, exceptionnelle, quasiment irréelle, dans les mots qu'emploie Antoine Doinel, détective privé chargé d'une enquête sur Georges Tabard, pour décrire la femme de celui-ci, lors de son premier rapport d'enquête par téléphone :

"- Ah j'ai fait la connaissance de Madame Tabard. Elle a une voix enchanteresse et parle l'anglais avec une pureté admirable.
- Donnez-moi son signalement.
- C'est une femme superbe ! Avec un air très vague et très doux. Le nez est un peu relevé, mais droit et spirituel.
- Sa taille ?
- Ah, elle a la taille élancée. 
- Non je vous demande combien elle mesure.
- Oh... 1m66, sans talons.
- Le forme du visage ?
- C'est un ovale très pur. Enfin, un ovale un peu triangulaire... mais le teint est lumineux et comme éclairé de l'intérieur !
- Écoutez Antoine, ce qu'on vous demande, c'est un rapport, pas une déclaration d'amour. Bonne nuit." 

Et bien sûr le fameux : "Madame Tabard n'est pas une femme, c'est une apparition !"

La "voix enchanteresse" de Fabienne Tabard renvoie explicitement aux mots de Félix de Vandenesse pour décrire celle d'Henriette de Mortsauf :

"- Entrez donc, messieurs ! dit alors une voix d'or.
Quoique Madame de Mortsauf n'eût prononcé qu'un mot au bal, je reconnus sa voix qui pénétra mon âme et la remplit comme un rayon de soleil remplit et dore le cachot d'un prisonnier."


Outre son élégance naturelle et sa grâce sublime, quelle actrice aurait pu, mieux que Delphine Seyrig, incarner cette voix d'or  ? 
Lorsque François Truffaut lui propose le rôle, elle lui répond par lettre, en phase avec l'écho proposé par le réalisateur entre son film et le roman de Balzac : "Quant à Fabienne de Mortsauf, je l'adore... Il y a cependant des questions que je voudrais vous poser sur elle, sur Félix Antoine Léaud de Vandenesse."


Antoine, lecteur du Lys dans la vallée comme on l'a vu, s'identifie tout de suite à Félix, l'écrivant de façon explicite dans le pneumatique qu'il envoie à Fabienne Tabard :
"J'ai rêvé un moment que des sentiments allaient exister entre nous, mais ils mourront de la même impossibilité que l'amour de Félix de Vandenesse pour Madame de Mortsauf dans Le Lys dans la vallée. Adieu."

Pneumatique qui déclenchera l'admirable scène, lorsque Fabienne Tabard lui rend visite dans sa mansarde :  


"Bonjour Antoine, je vous réveille. Mais moi aussi j'ai été réveillée très, très tôt ce matin par votre pneumatique. Mais c'est pas grave. C'est toujours agréable de se réveiller en lisant des choses jolies. Je me suis mise à ma place pour vous répondre... et puis non. Je me suis aperçue que... il fallait que je vienne ici tout de suite, moi-même.
Bon, j'ai lu "Le Lys dans la Vallée". Je suis comme vous, je trouve que c'est très beau. Mais vous oubliez une chose, c'est que... Madame de Mortsauf aimait Félix de Vandenesse. Ce n'est pas une belle histoire d'amour. C'est une histoire... lamentable. Parce que... finalement elle est morte de n'avoir pas pu partager cet amour avec lui. Et puis, je ne suis pas une apparition. Je suis une femme. C'est tout le contraire."



C'est donc Fabienne Tabard qui refuse la parenté de leur histoire avec celle des personnages de Balzac, et permet à Antoine Doinel de clore cette parenthèse et de vivre son histoire d'amour avec Christine Darbon, en passant avec lui un contrat qu'il accepte bien volontiers...

* * *


Deux ans après Baisers volés, en 1970, Delphine Seyrig incarnait à merveille Henriette de Mortsauf dans le téléfilm de Marcel Cravenne Le Lys dans la vallée.
 

mardi 13 septembre 2016

Bougies (3)


La Nuit américaine, François Truffaut (1973)

Noël 69 à Clermont-Ferrand souhaite un bel anniversaire à Mademoiselle Bisset...

La Femme du dimanche, Luigi Comencini (1975)

... tout en saluant au passage ses partenaires à l'écran. Tant de classe, tout de même !

Le Magnifique, Philippe de Broca (1973)

jeudi 30 juin 2016

Les figures de la Grâce




30 juin, ce n'est aujourd'hui ni la Sainte-Delphine, ni la Saint-Alain, mais en ce début d'été qui n'en est pas un, Noël 69 à Clermont-Ferrand a juste envie de célébrer la beauté et l'intelligence.

mardi 10 mai 2016

Dans un wagon de seconde



Dans un wagon de seconde
Une étrangère dormait,
Dormait blonde, et que j'aimais
Cette bonté d'être blonde !

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Seul avec une dormeuse,
Ô sadisme délicat !
Je volais le pâle éclat
De ses paupières laiteuses.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Je ravissais cette pure
Et dormante nudité
De son col qu'avaient quitté
Ses nonchalantes fourrures.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Et d'avance, et pour la molle
Lassitude de ses traits,
J'aimais l'accent qu'elle aurait
Pour sa première parole.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Calme gerbe dénouée
Éparse sur les coussins,
Quelle vie et quels desseins
L'avaient là douce échouée ?

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.



Sur la grève désolée
Des coussins en velours laid,
Quel destin qui déferlait
L'avait là douce roulée ?

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

De son beau sommeil bizarre,
Comme elle dormait toujours,
Pour la veiller jusqu'au jour
Je laissai passer les gares.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Et les gares aux fenêtres
Collaient des visages blancs
Puis penchantes au néant
Glissaient sans nous reconnaître.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Et les pâles résonances
De leurs noms comme des voix
Passaient au long du convoi
Comme des appels d'enfance.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

Le froid rose de l'aurore
Vint givrer les carreaux bleus,
Et faisant de blancs adieux
Les gares passaient encore.

Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.



Gares, villes, destinées
Vous appeliez dans le vent ;
Mais je veillais l'émouvant
Noir sommeil de l'Obstinée,

- Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va, -

De l'obstinément Offerte
En silence à mes regards,
Qui tendait l'accueil épars
De ses calmes mains ouvertes.
 
Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va.

À ses pieds de calme reine
Jusqu'au soir je suis resté ;
Et quand l'électricité
Fit ses appels dans la plaine,

- Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va -

Quand les mornes bornes nues
Se levèrent au lointain
Et les durs bétons hautains
D'une Babel inconnue,

- Elle dort et le temps passe,
Le temps passe et le train va -

Quand parurent à la porte
Des étrangers s'agitant,
Depuis des temps et des temps
Je savais qu'elle était morte.

Marcel Thiry, L'Enfant prodigue (1927)



jeudi 25 février 2016

L'écrivain et la majestueuse enfant


Photo Chiara Samugheo

"Alberto Moravia : Comment est votre façon de marcher ?

Claudia Cardinale : On dit que je marche un peu comme un mannequin.

A.M. : Qu'est-ce que ça signifie ?

C.C. : Sans bouger les hanches, sans chalouper, toute droite et immobile.

A.M. : C'est peut-être vrai, mais à vous regarder, on ne peut s'empêcher de se rappeler certains vers de Baudelaire de son poème "Le beau navire". Vous vous les rappelez ?

C.C. : Non, pas à l'instant.

A.M. :
"Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant."
Vous aimez ?

C.C. : Oui.

A.M. : Ou l'on pourrait citer aussi cette autre strophe d'un poème intitulé "Les serpent qui danse"
"Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant"
Ces deux citations nous ramènent à une vision plus générale de votre personne. Après l'examen des détails, il faudrait maintenant aborder une définition plus globale. Quelle est, selon vous, la caractéristique principale de votre beauté ? Et avant tout, pensez-vous être belle ?

C.C. : Je ne sais pas si je suis vraiment belle. Je crois que je suis étrange.

A.M. : En quoi consiste cette étrangeté ?

C.C. : Je ne saurais pas dire. Je sais seulement que j'ai l'impression d'être étrange."


dimanche 31 janvier 2016

Rendez-vous à L'Angle du Hasard


Juliet Berto, éblouissante Frédérique dans Out 1, elle aussi disparue un mois de janvier
















Pour ne s'en tenir qu'à mes réalisateurs préférés (Eric Rohmer et Maurice Pialat il y a quelques années, Ettore Scola il y a dix jours, et donc maintenant Jacques Rivette, dont je viens tout récemment de voir enfin le fabuleux Out 1), janvier est un mois vraiment sinistre...

Sur le tournage de Out 1

"Le leçon d'Eric Rohmer à Jean-Pierre Léaud sur Balzac, l'Histoire des Treize et La Comédie Humaine, la quête prométhéenne de Michael Lonsdale de la tragédie grecque, le principe de hasard établi en règle du jeu, l'improvisation systématique de protagonistes qui se cherchent et... se trouvent, font d'Out 1 une référence enrichissante et intemporelle qui donne autant l'envie et le goût de la lecture que celle de la mythologie, du mystère et de la métaphysique...
Vous avez dit enrichissante et intemporelle ? Comme disait Pontalis, c'est bien du temps qui passe et qui ne passe pas dont il est question ici."
Pierre-William Glenn, Chef-opérateur de Out 1


"Rivette filme toujours à peu près la même situation : celle de l'improbable rencontre de chacun (chacune) avec son autre. Les chemins se croisent et les corps s'évitent, et voilà pourquoi ça dure, pourquoi ça n'a pas de fin. Tout est aimanté, les corps, les paroles, les gestes, les nuages, tout s'attire sans s'atteindre."
Jean-Louis Comolli, dans Le Monde du 31 janvier 2016


"Il aime les histoires pleines de mystères, avec des clés secrètes. [...] Rivette possède le regard d'un enfant aux yeux grands ouverts ; je ne connais personne d'autre de son âge qui soit resté un enfant à ce point. Mais en plus de cela, c'est un grand intellectuel. Chez lui, tout passe par la tête, avec une vivacité et une intelligente folles, mais il demeure toujours une part de mystère. Rivette est une énigme. On ne sait pas ce qu'il est. On ne sait pas ce qu'il fait. on ne sait rien de sa vie... hormis qu'il regarde quatre films par jour."
Michael Lonsdale, entretien de 1981 paru dans CICM juin 1988


Rivette, qui, "comme Frédéric Moreau, était parti de Rouen."


"Pour notre groupe de cinéphiles, Jacques est l'homme le plus intelligent, le plus lucide. Si j'ai besoin d'avoir une idée claire sur le cinéma, je lui téléphone."
Jean-Pierre Léaud, dans Le Monde du 9 décembre 1971


Adieu donc, monsieur Rivette, et merci à vous. Pour l'incroyable grâce qui émane de vos actrices, entre autres. Et rendez-vous peut-être un jour à l'Angle du Hasard. Va savoir...