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jeudi 5 octobre 2017
Les figures de la Grâce (7)
Les amis, lecteurs et passants de Noël 69 à Clermont Ferrand savent à quel point on apprécie ici Anne Wiazemsky. Sa disparition aujourd'hui m'attriste tout particulièrement.
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mercredi 30 août 2017
Pas seulement belle
"A l’inverse de Jean-Luc, je l’avais aimée dans Galia et dans La Grande Sauterelle. Elle me semblait incarner, à l’écran comme à la vie, une volonté de liberté à laquelle je pouvais m’identifier. J’éprouvais pour elle, a priori, beaucoup de sympathie qui se renforça de jour en jour et qui se transforma vers la fin en une sincère admiration."
Photos et texte extraits du livre de Anne Wiazemsky Photographies, à propos du tournage de Week-end (JLG, 1967) sur lequel elle était photographe de plateau.
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lundi 8 mai 2017
La tentation mauve (3)
"La grande cuisine l'impressionnait comme tout le reste de la maison. Elle se rappela le couloir à l'étage, les portes qui ouvraient sur des chambres qu'elle n'avait fait qu’entrevoir, le salon avec ses meubles sombres. Il se dégageait de ces murs quelque chose de solennel et d'abandonné qui à la fois l’attristait et l'exaltait. On avait envie de s'installer dans un coin, de fermer sur soi les portes, les volets, et de lire tous les livres de la bibliothèque. Pendant des jours, des semaines, un mois, peut-être. L'idée qu'à Paris on puisse penser à elle, la regretter, espérer un coup de téléphone, une lettre ou tout autre signe pourvu que ce fût un signe de vie, ne l'effleurait guère. Annie se sentait comme sur une île lointaine. Et sans doute était-ce là le charme principal de Marimé : un lieu par lui-même si puissant qu'il faisait reculer tout ce qui n'était pas lui."
Anne Wiazemsky, Marimé
Histoire de maison, histoire de famille...
Fallait-il vraiment rentrer ?
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jeudi 1 septembre 2016
De la céleste et réjouissante fantaisie de Jean-Pierre Léaud
"Quelqu’un appela Jean-Luc. C’était Jean-Pierre Léaud, l’air un peu égaré, qui se trouvait en compagnie de Chris Marker et de la petite équipe technique de ciné-tracts qui rendaient compte au jour le jour des événements depuis le début du mois de mai. (...)
Les pavés continuaient à passer de main en main. Jean-Luc et moi faisions de notre mieux pour suivre ce rythme infernal. Or cette belle mécanique cessa vite de fonctionner : Jean-Pierre, entre chaque pavé, essuyait ses mains avec un mouchoir qu’il tenait entre ses dents. On l’éjecta en le traitant de saboteur. (...)
L’attaque fut massive. Les portes du jardin du Luxembourg s’ouvrirent d’un coup, libérant des centaines de policiers, la matraque levée. Ceux d’entre nous qui se trouvaient le plus près tombèrent les premiers sous leurs coups. Les étudiants avaient aussitôt quitté la chaîne pour rejoindre leurs camarades derrière la première barricade de la rue Soufflot. Jean-Luc m’avait prise par la main et m’entraînait au hasard, vers le boulevard Saint-Michel. Nous étions une trentaine à nous enfuir, affolés, terrorisés. Jean-Pierre Léaud, derrière nous, ne cessait de hurler au secours, demandant aux habitants du quartier de l’abriter. Rue Racine, il tambourina en vain contre la porte fermée d’un hôtel en criant: « Je prends une chambre pour la nuit... Pour une semaine... Pour un mois ! »"
Anne Wiazemsky, Un an après (Gallimard)
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| Photographie Bruno Barbey - Nuit du 10 au 11 mai 1968, Quartier Latin |
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vendredi 13 février 2015
lundi 7 avril 2014
mercredi 8 janvier 2014
Comme toutes les épouses non charnelles mais passionnelles
"Rome, octobre 1967
Cher Jean-Luc Godard,
Merci de votre lettre, et merci également de la part de Ninetto.
Concernant l’agression
téléphonique de mon épouse non charnelle, je comprends qu’elle vous ait
traumatisé : mais je tiens à préciser que je n’ai pas prêté la moindre foi
aux journalistes, car je les connais trop bien, et il s’est donc agi pour moi d’une
affaire sans importance. Imprécise comme toutes les épouses non charnelles mais
passionnelles, Mme Betti vous a également fourni des explications inexactes sur
le succès d’Œdipe roi en Italie, où
il marche au contraire très bien, comme aucun de mes films jusqu’à maintenant.
La Chinoise est un très beau film ; c’est l’œuvre d’un saint, appartenant peut-être à une religion discutable et perverse, mais en tout cas à une religion.
Quant à Mme Parolini, je ferai tout mon possible pour qu’elle soit la photographe de Théorème (jusqu’à présent, j’ai toujours eu de très mauvais directeurs de la photographie).
Je ne connais pas encore les dates de tournage de Théorème, et je ne peux donc rien vous dire pour Anne : mais je choisirai mes dates en fonction des siennes (et il en ira de même pour J.-P. Léaud).
La chose la plus importante, pour le moment, est votre présence ici le 20 octobre (il faudrait donc que vous arriviez le 19 au plus tard). C’est moi en effet qui m’occuperai du générique de début de Vangelo 70, et j’ai pensé le faire sous la forme d’une réunion, dans une salle de télévision (avec un grand Christ en croix, sacrilège, sur la table), des metteurs en scène du film ; chacun devrait dire à voix haute le générique de son épisode, après une très courte introduction explicative (pourquoi le père du fils prodigue est-il le Parti communiste ? etc.).
Le 20 octobre est la seule date où nous sommes tous libres. Il faudrait donc que vous fassiez tous vos efforts pour être à Rome ce jour-là.
Je vous envoie mes salutations et mes vœux les plus affectueux pour Week-end. Bien à vous,
[Pier Paolo Pasolini]"
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| Théorème - 1968 |
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| Porcherie - 1969 |
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dimanche 27 octobre 2013
Le jour où...(4)
Le jour où je me suis rendue compte que je venais de lire coup sur coup deux livres dédiés à une Florence, je me suis dit..., je me suis dit... non, rien.
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| 1956, Françoise Sagan et ses amis dont, à gauche, Florence Malraux |
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samedi 12 octobre 2013
samedi 7 septembre 2013
Autre chose qu'un playboy ou un G-Man
"Vous êtes un très grand acteur, l’acteur poétique dont le cinéma actuel avait besoin depuis que Hollywood est devenu incapable de recruter autre chose que des playboys ou des G. Men."
François Truffaut, lettre à Terence Stamp, 1965
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lundi 27 mai 2013
Jean-Luc, François, Jean-Pierre et les autres
En 1967, grâce au cachet gagné pour le tournage de La Chinoise, Anne Wiazemsky s'offre un Pentax, qu'elle va promener pendant deux ans sur de nombreux tournages "sans autre ambition que celle de photographier mes proches, ceux que j'aimais". Enfouis, perdus, les négatifs sont en partie retrouvés quarante ans plus tard, et après un tri "plus sentimental qu'artistique", le résultat c'est ce superbe "Photographies", une soixantaine de clichés en noir et blanc, commentés de façon sobre et sensible par l'auteur. Au gré des pages on croise donc Godard bien sûr, Truffaut, Léaud, Pasolini, Jeanne Moreau, Mireille Darc, Juliet Berto, et d'autres moins connus aussi. L'objectif d'Anne Wiazemsky, toujours respectueux, jamais intrusif même s'il lui arriver de côtoyer l'intime (ainsi cette photo de Godard lisant Le Monde de façon ostensiblement boudeuse sur une plage du Midi), tutoie les plus grands et nous restitue le passé tout en légèreté et en nostalgie. C'est beau, c'est émouvant, et certaines photos m'ont donné les larmes aux yeux, telle celle de Jean-Pierre Léaud, si touchant avec son air de petit garçon.
Anne Wiazemsky on l'aimait déjà comme actrice (La Chinoise, Théorème), comme écrivain (Une poignée de gens, Jeune fille, Une année studieuse), on l'aime maintenant aussi beaucoup comme photographe. Je ne saurais donc trop vous recommander cette balade dans le temps aux côtés de Jean-Luc, François, Jean-Pierre et les autres.
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