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vendredi 15 novembre 2019

Gobelins (24) - Le roman d'un café


Le Canon des Gobelins, septembre 2019

"J'ai longtemps rêvé d'écrire le roman d'un café, ou celui de ses figurants, qui se déroulerait dans un même lieu, en une seule journée. Il aurait une adresse vérifiable, qui correspondrait à un établissement bien réel, et lui donnerait son titre. Je continue à faire des repérages. J'hésite entre le Général Lafayette, le Varenne, le Wepler, le Canon des Gobelins. [...]
L'histoire se passerait aujourd'hui, au présent. Je n'y inventerais rien – elle serait écrite au jour le jour, en temps réel, et resterait inachevée. Les personnages, anonymes, pourraient entrer, sortir, revenir, mais le narrateur, à l'âme de détective, resterait sur place, du matin au soir, pour enquêter sur le mystère du lieu et des gens, ordinaires, en prenant des notes. Il relèverait des indices, minuscules. Traquerait l'invisible. Un roman immobile, où il ne se passerait rien, que la vie, en morceaux. Une sorte de journal de bord de l'inaperçu et de l'insaisissable. Ou un poème. Regardée de près, de très près, la réalité la plus documentaire ne ressemble-t-elle pas à une fiction – pleine de romanesque ?"

Didier Blonde, Cafés, etc.


Cher Didier Blonde, si vous choisissiez le Canon des Gobelins, peut-être pourrais-je être une de vos figurantes anonymes, qui sait... ?
 

mercredi 31 octobre 2018

Gobelins (23) - Interlude animalier


Allez les amis, venez avec nous faire une virée aux Gobelins, on s'amuse bien !

Aux Gobelins, on n'a pas que des ours, on a des girafes aussi. Bon d'accord, plus discrètes. Mais avec le même grain de folie douce.

mardi 30 octobre 2018

Le jour où...(19)



Le jou où un Fajardie que je n'avais pas lu (comment est-ce possible ?) m'a interpellée sans crier gare boulevard de Port-Royal : "Salut, achète-moi!", je n'ai pu que m'exécuter, bien sûr.

mardi 24 juillet 2018

jeudi 17 mai 2018

mercredi 1 novembre 2017

Gobelins (19) - Rue Monge (3) - Chambres d'hôtel et points névralgiques



"Au début, elle hésitait à me dire où elle habitait exactement. Quand je lui avais posé la question, elle m'avait répondu : "A l'hôtel." Nous nous connaissions depuis deux semaines et, un soir où je lui avais offert le Dictionnaire pratique des sciences occultes de Marianne Verneuil et un roman où il était question d’ésotérisme, A la mémoire d'un Ange, elle m'a proposé de la raccompagner jusqu'à cet hôtel.

Il se trouvait au bas de la rue Monge, à la lisière des Gobelins et du treizième arrondissement. Près d'un demi-siècle a passé et l'on n'habite plus dans des chambres d'hôtel à Paris comme on le faisait souvent après la guerre et jusqu'aux années soixante. Geneviève Dalame aura été la dernière personne que j'ai connue à habiter dans une chambre d'hôtel. Il me semble aussi qu’au cours de ces années 1963, 1964, le vieux monde retenait une dernière fois son souffle avant de s'écrouler, comme toutes ces maisons et tous ces immeubles des faubourgs et de la périphérie que l'on s'apprêtait à détruire. Il nous aura été donné, à nous qui étions très jeunes, de vivre encore quelques mois dans les anciens décors."


"Paris est ainsi constellé de points névralgiques et des multiples formes qu'auraient pu prendre nos vies."



mercredi 11 janvier 2017

Gobelins (17) - Elle aime bien le quartier



"Pourtant, elle habite Paris maintenant, au 10 de la rue Le Brun, dans le 13ème arrondissement. Une rue discrète qui donne d'un côté sur l'avenue d'Italie et de l'autre sur le boulevard Saint-Marcel, dans le cinquième. Elle aime bien le quartier, la proximité de Mouffetard, de la place d'Italie."

Laurent Mauvignier, Continuer (Les Editions de Minuit, 2016)

Face à la Manufacture des Gobelins

En fait, Laurent Mauvignier se trompe légèrement : la rue Le Brun donne sur l'avenue des Gobelins, et non sur l'avenue d'Italie (qui continue l'avenue des Gobelins au-delà de la place d'Italie). Mais qu'importe, attribuons cette erreur à la licence artistique. Et puis après tout, qui a dit que la littérature devait être une science exacte, et un roman aussi précis qu'un traité de topographie ?

La rue doit son nom au peintre Charles Le Brun. Élève de Nicolas Poussin, il fut notamment chargé de la décoration du château de Vaux-le-Vicomte par Nicolas Fouquet, puis de celle du château de Versailles par Louis XIV, après avoir été nommé par celui-ci "Premier peintre du Roi". Il participa aussi à la création de l'Académie royale de peinture et de sculpture et de la Manufacture des Gobelins, dont il fut le directeur. Lorsque son protecteur Colbert mourut, Le Brun se retira peu à peu de la vie publique, tomba dans un oubli relatif, et mourut d'une maladie de langueur aux Gobelins.

Charles Le Brun, Jeune fille en buste, 1660-1661, Musée du Louvre

Il n'est en fait que très peu question de la rue Le Brun dans le magnifique roman de Laurent Mauvignier. L'auteur nous emmène au coeur des relations et des sentiments entre une mère et son fils, de l'amour et de l'énergie inouïe dont fait preuve celle-ci pour sauver celui-là de l'abîme d'enfermement et de violence dans lequel il est en train de sombrer, du retour à sa propre vie de cette femme meurtrie, et d'une fantastique chevauchée initiatique à deux dans les paysages âpres et grandioses des steppes et des montagnes du Kirghizistan.

Continuer, une devise pour 2017 ?

mercredi 7 septembre 2016

mardi 23 août 2016

Rencontre (8)


Rue Scipion

"Do you know, I always thought Unicorns were fabulous monsters, too? I never saw one alive before!"
"Well, now that we have seen each other," said the Unicorn, "if you'll believe in me, I'll believe in you."
 

Lewis Carroll

dimanche 12 juin 2016

Rencontre (6) - Le roman, la nouvelle et le baiser


Rue Edouard Quenu, juste au coin de la librairie Les Traversées

"La lecture d'un bon gros roman est à maints égards comparable à une longue liaison apaisante. La nouvelle c'est tout autre chose, c'est comme le baiser furtif d'une inconnue dans le noir. Rien à voir, bien sûr, avec une liaison ou un mariage, mais les baisers peuvent être suaves et leur extrême brièveté exerce en elle-même une attraction."
Stephen King

vendredi 15 avril 2016

Avril (15) - Rencontre (3)


Rue Pirandello

"J'aimais photographier les gens en pleine action : en train de marcher, de descendre un escalier, de courir, de sauter et, très important, de ne pas regarder l'objectif. J'adorais cette capacité de l'appareil à saisir à l'improviste de l'animé en suspens, l'image de quelqu'un figé dans le temps, son pas suivant, son geste suivant, son mouvement suivant à jamais inachevés. Interrompus, juste comme ça, par moi, avec le simple clic dans un obturateur. Je crois avoir été consciente, même à l'époque, que seule la photographie peut réussir ce tour de magie avec tant d'assurance et de facilité : arrêter le temps, capturer cette milliseconde de notre existence et nous permettre de vivre éternellement."

William Boyd, Les multiples vies d'Amory Clay (Le Seuil)

mercredi 6 avril 2016

samedi 19 mars 2016