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dimanche 21 février 2016

Dernières vendanges



Exemplaire acheté hier, édition presque-mon-âge, à la Librairie Entropie. Dépêchez-vous, plus que 40 jours hélas avant la fermeture définitive.



"Ah ! que la Vie est quotidienne...
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie..."

Extrait de Complaintes sur certains ennuis

Jules Laforgue, représenté par Renoir dans Le Déjeuner des canotiers (1881).
Le poète est mort en 1887 à l'âge de 27 ans.

jeudi 8 octobre 2015

Ciels florentins


Fiesole (1953)

Très cher Jean,

Toutes les gorges
D’oiseaux voudraient
Avoir ce bleu malade
De neige à ciels
Florentins
Mais que faire ?
Moi j’en ai marre
Et vais rentrer

Nicolas de Staël, Lettre à Jean Bauret, écrite d’Antibes fin décembre 1954

dimanche 8 septembre 2013

Voir Syracuse (53), peindre Syracuse (54), mourir (55)

Plage de Syracuse - 1954




"Moi, je suis corps et âme devenu un fantôme qui peint des temples grecs et un nu si adorablement obsédant sans modèle, qu'il se répète et finit par se brouiller de larmes. Ce n'est pas atroce, mais on touche souvent sa limite. Quand je pense à la Sicile, qui est elle-même un pays de vrais fantômes, où les conquérants seuls ont laissé quelques traces, je me dis que je suis dans un cercle d'étrangetés dont on ne se sort jamais."
(Nicolas de Staël, lettre à René Char, novembre 1953)

"Entre la réalité et moi, il s'est bâti un mur opaque, lourd, pesant. Il faut que je vous décrive ce mur. A droite, plus d'ouverture. A gauche, un peu de lumière. Pour arriver à passer par là, pour trouver la lumière, je dois me débarrasser de ma carcasse d'homme... Peignez ce mur, mon obsession. Peignez-le si vous pouvez."
(Nicolas de Staël, lettre à une amie peintre, 1954)


"... Nicolas de Staël, nous laissant entrevoir son bateau imprécis et bleu, repartit pour les mers froides, celles dont il s’était approché, enfant de l’étoile polaire."
(René Char, Excursion au village, dans Aromates chasseurs, 1976)

Quant à Aragon, il exprimera en rimes ses regrets d'avoir volontairement ignoré Nicolas de Staël :

"J’ai connu Gris et je connais Chagall
J’ai connu Miró Max Ernst André Masson Fernand Léger
J’ai passé sans le voir Nicolas de Staël
On ne prend pas à coup sûr la modulation de fréquence qu’il faudrait"
(Écrits sur l’art moderne, 1981)