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dimanche 12 août 2018

La tentation mauve (9) - L'acte créateur



"Deux semaines après avoir repris ses allers-retours en métro à Brooklyn, ses œuvres complètes parurent chez Tumult Books. Après un été si pénible, Prolusions jaillit du sol de manière aussi inattendue que le premier crocus au début du printemps, un éclair pourpre sortant de la boue et de la neige noircie, une pointe de couleur magnifique dans un monde par ailleurs totalement incolore, et justement la jaquette de Prolusions était pourpre, cette nuance de pourpre qu'on appelle mauve, la couleur que Ron et Ferguson avaient choisie parmi de nombreuses couleurs disponibles, une couverture à la typographie austère avec le nom de l'auteur et le titre en noir entourés d'un mince rectangle blanc – clin d'œil au couverture de Gallimard en France – que Ferguson trouvait élégante, si élégante, et quand il tint pour la première fois à la main un exemplaire de son livre, il éprouva un sentiment auquel il ne s'attendait pas : un éclair d'exaltation. Pas très différente de l'exaltation qu'il avait ressentie après avoir obtenu la bourse Walt-Whitman, se dit-il, mais à la différence près que la bourse lui avait été retirée mais que ce livre serait toujours le sien, même s'il ne trouvait que dix-sept lecteurs."

Paul Auster, 4 3 2 1 (Actes Sud)


lundi 18 avril 2016

Avril (18) - Sud


J'ai rêvé New York-sur-Durance

vendredi 23 octobre 2015

Les clochers et la lune, le poète et la peintre


Août 2012

"C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i."

Alfred de Musset, Ballade à la Lune

New York Street with Moon, Georgia O'Keeffe (1925)

A priori, il n’existe pas de rapport entre Alfred de Musset et Georgia O’Keeffe. Trente ans séparent la mort de l’un (1857) de la naissance de l’autre (1887). Pourtant, par ces deux photos émouvantes, je leur trouve une étrange fraternité. Celle de Musset serait la seule existante du poète. On n’en connaît ni la date ni l’auteur, mais il semble avoir une trentaine d’années. Tout comme cette Georgia O’Keeffe in Chemise, photographiée en 1918 par Alfred Stieglitz, qui allait devenir son mari quelques années plus tard.


 

mercredi 14 octobre 2015

Cette promesse de sel




"Si ce n'est pas ce soir que nous allons partir,
Quelle est dans le brouillard cette promesse de sel ?"

Marcel Thiry, Statue de la fatigue (1934)



mercredi 25 février 2015

Rue Thérèse



La rue Thérèse dans son tracé actuel résulte de la réunion en 1880 de l’ancienne rue Thérèse et de la rue du Hasard. Changeons le « a » en sa voyelle voisine le « e », et le « d » en son cousin germain le « t », et voilà que les deux noms sont presque des anagrammes, curieux hasard...

Entre la rue Molière et la rue Sainte-Anne, partie 
anciennement dénommée rue du Hasard


La rue tire son nom de Marie-Thérèse d’Autriche, l’épouse de Louis XIV, Louis-le-Grand qui a sa rue tout près.
Pourtant, on se plaît à imaginer que cette Thérèse pourrait être Thérèse Blanchard, très jeune fille qui était la voisine de Balthasar (Balt-hasard ?) Klossowski de Rola, dit Balthus, lorsqu’il habitait Paris, et qu’il a représentée sur onze tableaux peints entre 1936 et 1939. Deux de ces toiles font partie de la collection permanente du Metropolitan Museum of Art de New York, celle-ci :

Thérèse (1938) - Met

et Thérèse rêvant. 

Je n’ai pas encore croisé de chat dans la rue Thérèse, mais comme je la traverse ou l’emprunte en moyenne dix fois par semaine, tous les espoirs de rencontre me sont permis...

vendredi 20 février 2015

dimanche 21 septembre 2014

Fenêtre sur cour (2) - Ma semaine en nuages

Lundi

"O Paris
Du rouge au vert tout le jaune se meurt
Paris Vancouver Hyères Maintenon New-York et les Antilles
La fenêtre s’ouvre comme une orange
Le beau fruit de la lumière"

Guillaume Apollinaire, extrait de Les Fenêtres, Ondes, Calligrammes

Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche

jeudi 20 février 2014

Voir si le coeur de la ville bat en toi

Norman Parkinson - 1959


"New York est une ville de plein air, coupée au cordeau, venteuse et saine, où s'allongent deux fleuves étincelants : l'Hudson et l'East River. New York vibre nuit et jour sous des coups de vents marins, odorants, chargés de sel et d'essence - le jour -, et d'alcool renversé - la nuit. New York est une grande jeune femme blonde, éclatante et provocante au soleil, belle comme ce "rêve de pierre" dont parlait Baudelaire, New York qui cache aussi, comme certaines de ces grandes femmes trop blondes, des zones sombres et noires, touffues et ravagées. Bref, si le lecteur veut bien me passer ce lieu commun - et d'ailleurs que peut-il faire d'autre - New York est une ville fascinante."
Françoise Sagan, Avec mon meilleur souvenir

Été 2012

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Charles Baudelaire, La Beauté (Les Fleurs du mal)



mardi 24 décembre 2013

You're innocent when you dream



C'est avec Tom Waits et le chaleureux et émouvant film Smoke de Wayne Wang, tiré du Conte de Noël d'Auggie Wren de Paul Auster, que Noël 69 à Clermont Ferrand souhaite de très bonnes fêtes à ses lecteurs, les occasionnels et particulièrement les fidèles, les discrets et ceux qui ont la gentillesse de déposer ici quelques mots doux de temps en temps.


lundi 9 décembre 2013

Solitude (1)


Quand, au hasard d'un déjeuner familial, on retrouve les affiches des murs de sa chambre de jeune fille.

samedi 7 décembre 2013

Geranium kiss


Et une nuit d'insomnie elle écrivit sur les murs de sa chambre.

Chanson-fleuve, chanson-hymne, chanson hypnotique, chanson ultime, 11 minutes 20 secondes de poésie hallucinée. Sad-Eyed Lady of the Lowlands est une des plus belles chansons du monde.

Eté 2012

"I can still hear the sounds of those Methodist bells
I'd taken the cure and had just gotten through
Staying up for day in the Chelsea Hotel
Writing "Sad-Eyed Lady of the Lowlands" for you."
Bob Dylan, Sara (1976)



dimanche 22 septembre 2013

Le petit Balthus

Thérèse rêvant - Met - Eté 2012

Christine : Tiens, prends le petit Balthus.
Antoine : Ah, le petit Balthus, je te l'ai offert, il est à toi, garde-le.
Domicile Conjugal, François Truffaut