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| "Comment s'appelle la fleur qui vole d'oiseau en oiseau ?" Pablo Neruda, Le Livre des questions |
mardi 23 avril 2019
jeudi 18 avril 2019
mardi 16 avril 2019
jeudi 11 avril 2019
Hors-saison (3) - Le manteau
J'ai mis aujourd'hui le manteau que tu aimais
C’est comme si tu me regardais
Mais ça n'a pas suffi
Ça n'a pas suffi
Le vent m'a envolée
Le froid t'a effacé
Je t'ai écrit des mots sur ce papier
Que nous avions choisi
Mais tu étais parti
Tu étais parti
Les temps t'ont englouti
La pluie m'a évanouie
Quand nous reverrons-nous
Quand nous rêverons-nous
Encore
Ailleurs
Avant que la brume ne t'estompe
À jamais
Avant que je ne disparaisse
Éclipsée
FM, avril 2019
dimanche 7 avril 2019
54
Tout peut arriver dans un train. On ferme les yeux, on les ouvre (on croit les ouvrir ?), et c'est la chute à grande vitesse. Atterrir ou ne pas atterrir, telle n'est pas la question, tant est grand le bonheur d'être au monde.
mercredi 3 avril 2019
La Torobayo et autres élixirs locaux
Il y a tout juste un an, autre hémisphère,
à quelques encablures de la maison du docteur,
dans le roman comme dans la vie.
à quelques encablures de la maison du docteur,
dans le roman comme dans la vie.
"La jeune femme me remit les clés, me donna quelques instructions sur où trouver draps et serviettes, ainsi que le code du wi-fi, puis elle se retira discrètement. Le restaurant s'avérait agréable et, me rappelant soudain que je n'avais pas mangé de la journée, je m'installai en terrasse. Je commandai un plat de pâtes, une bière Kunstmann Torobayo bien froide, et tout en dînant sous les étoiles, j'élaborai un plan pour retrouver mes deux anciens camarades de l'académie Rodion Malinovski des troupes blindées soviétiques."
Luis Sepúlveda, La Fin de l'histoire
* * *
Au bout du monde, on n'a pas oublié de boire local, la magie des noms et des étiquettes n'étant pas pour rien dans le charme et le dépaysement ressentis... Inattendues mais puissantes évocatrices de souvenirs, ces bouteilles constituent d'une certaine façon le marqueur de moments et de lieux précis.
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Nord de la Patagonie, région Aysén :
de Villa Cerro Castillo à Puerto Rio Tranquilo
de Villa Cerro Castillo à Puerto Rio Tranquilo
Sud de la Patagonie, région Magallanes : de Punta Arenas...
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... à Torres del Paine
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lundi 1 avril 2019
Parenthèse (2) - Animal et végétal
The little Daisy family
Tarte aux abricots maison en devenir
There's a new kid in town.
La reine Claude fut d'abord une jolie princesse.
Ami m'écriras-tu romans noirs et mots bleus ?
"Et les fruits passeront la promesse des fleurs"
écrivait François de Malherbe.
écrivait François de Malherbe.
Mais celle-ci, immaculée au coeur rose, à devenir amande préféra le plaisir d'un bain de soleil sur l'herbe chaude...
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mardi 26 mars 2019
Promenades (16) - Embrasser Valparaiso, chanter Victor Jara
"Vous avez l'air triste et je crois que c'est de ma faute, j'ai dit.
Elle s'est redressée un peu.
Je suis moins triste que vous.
Mais non, je ne suis pas triste, j'ai protesté. Tenez, on pourrait aller à Valparaiso.
Maintenant ?
Non, pas maintenant, j'ai dit. Une autre fois. Je sais pas, dans une semaine ou deux. Qu'est-ce que vous en dites. C'est parce que j'ai envie d'embrasser Valparaiso.
Embrasser ? Mais oui, la prendre dans mes bras, la ville, et aussi toute la baie. Faire un grand tour, monter dans les collines depuis le nord, avec le Pacifique à portée de main, et puis redescendre jusqu'au port et rester un peu, à regarder les cargos.
Il y a eu un temps de silence et c'était comme si on commençait à les regarder, les cargos.
Décidément, vous aimez les grandes marches, elle a dit.
Ah, et je voudrais aussi revoir la maison de Neruda. Ça oui, j'aimerais bien la revoir. On pourra passer par là, si vous voulez."
"Vous êtes fâché contre moi ? a demandé Ema.
J'ai dit que j'étais pas fâché du tout, et encore moins contre elle.
À cause de mon rendez-vous d'aujourd'hui, elle a dit.
Mais non, j'ai fait. On a tous nos petites manies. Vous, c'est les rendez-vous.
Elle a ri.
Et vous, Ernesto, vous avez des manies ?
Plein, j'ai dit. Tenez, depuis qu'on s'est vus à Santiago, je chantonne Te recuerdo Amanda à chaque fois que je pense à vous. En me tenant droit comme un i. Je me demande d'où ça peut venir.
C'est drôle, elle a dit. Vous aimez Victor Jara ?
Bien sûr que je l'aime. Regardez, la pluie s'arrête. Alors, vous voulez bien marcher ?
Oui.
Si nous parcourons tous les escaliers de Valparaiso, nous aurons fait le tour du monde, j'ai dit joyeusement.
Tous les escaliers, ce ne sera pas facile, elle a dit. Mais quand même, on a une bonne matinée devant nous pour nous promener. On pourra déjeuner aussi, si vous voulez. Et après, je partirai.
On a traversé la place de la gare routière.
On va monter par Argentina Poniente, j'ai dit. Là-haut, on sera tranquilles. On ira d'une colline à l'autre en suivant Alemania. Vous voulez bien, Ema ?
Elle a dit oui.
Quelques rayons de soleil ont percé les nuages mais le ciel restait menaçant. On a commencé à grimper. Je marchais un peu devant, en me retournant régulièrement vers elle.
Vous savez, j'ai dit, cette histoire d'escaliers et de tour du monde, c'est pas moi qui l'ai inventée.
Je sais, elle a dit. Ne vous inquiétez pas, Ernesto."
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| "Si nous parcourons tous les escaliers de Valparaiso, nous aurons fait le tour du monde." Pablo Neruda, J’avoue que j’ai vécu |
On se souviendra que Victor Jara, chanteur chilien très populaire et fidèle soutien du président Salvador Allende, fut arrêté, torturé et assassiné par la junte militaire quelques jours après le coup d'état du 11 septembre 1973.
On a trouvé beaucoup de choses dans ce court roman sensible et délicat d’Antoine Choplin, Partiellement nuageux, paru très récemment aux éditions La fosse aux ours. De Santiago à Valparaiso, du Musée de la Mémoire à un petit observatoire astronomique installé en territoire mapuche, de Neruda à Jara, des très sombres heures de la dictature aux souvenirs douloureux et confidences difficiles : la possibilité d'un amour.
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jeudi 21 mars 2019
mardi 19 mars 2019
Fin de saison
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| Todo el bien, todo el mal |
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| Tu ne viendras pas ce soir |
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| Deep inside herbal tea |
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| Mon ami est venu et n'est pas reparti |
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| Pensées ferroviaires - De fin de saison en ligne de fuite |
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dimanche 17 mars 2019
mercredi 13 mars 2019
Ton pays
"Il franchit le sommet du col et fonça vers la vallée. Quand il déboucha des sapinières le pays de La Javie se déploya tout entier devant ses yeux. En dépit du vent et de la lune, il était confiné sous un plafond de nuages qui lui faisait un couvercle couleur de soupe au charbon. Les lumières des villages et le halo de Digne au lointain coupaient ce couvercle au ras des forêts et, sous cette ombre maléfique, la clarté de la lune malgré tout faisait briller les roubines et les fermes ruinées.
L'inconnu traversa La Javie au moment où sonnaient deux heures au clocher sous les marronniers. Il croisa une ombre active : c'était un geindre en tricot de corps qui lavait des plaques à croissants à l'un des canons de la fontaine. Penché sur son travail, il n'accorda pas un regard au passant attardé.
Là-bas, de l'autre côté de la rue, par la porte ouverte de la boulangerie, le parfum du pain était porté par l'air sur plus de cent mètres de route. Et cet élément aussi était de nature à persuader le personnage de retourner à sa quiétude. Il le sentit encore autour de lui, quand il s'engagea sur cette route incertaine, moitié torrent moitié chemin, qui conduisait au pays de Chavailles. Mais le vent trop propice lui apportait déjà la présence de ce vallon où peut-être enfin il espérait inventer le fallacieux orient de sa vie.
Que chuchotait-elle donc la Bléone frôlant la chaussée et roulant sur ses agrégats ?
« Le monde serait si beau s'il n'y avait pas les hommes. »"
Pierre Magnan, Les courriers de la mort (Éditions Denoël, 1986 - Éditions Gallimard, collection Folio policier, 1999)
Spéciale dédicace à celui qui est né dans ce petit village des Alpes de quelques trois cents âmes un jour d'août 1938, et qui s'en est allé un 13 mars, il y a seize ans déjà.
Et c'est dans mes souvenirs d'enfance, la litanie des noms de villages et de hameaux aux sources de la famille paternelle. Autour de la Javie : Chaudol, Saint-Pierre, Marcoux, Le Brusquet, Le Mousteiret...
Et les noms de rivières : la Bléone, l'Arigeol, le Bouinenc et son pont métallique sonore sur la route de Digne qui me plaisait tant paraît-il quand j'étais une toute petite fille...
Et ces lieux un peu mystérieux dans mon imaginaire comme cette ancienne commune de Mariaud perdue dans la montagne, aujourd'hui village fantôme, un peu mystérieux car je cherche toujours à comprendre l'origine de l'expression "faire une fougasse de Mariaux" (la fougasse n'étant pas ici une sorte de pain, mais un jeu de cour de récréation)... Mais cette expression existe-t-elle ailleurs que dans ma famille ?
* * *
De ce pays rude de La Javie, ton pays donc, berceau familial, naissance et mariage, je promets d'autres photos, d'autres souvenirs.
Je pense à toi.
dimanche 3 mars 2019
vendredi 1 mars 2019
Crépuscule
mardi 26 février 2019
Nos forêts matinales
Je peux recueillir
et seulement pour toi
un lambeau de ciel
qui traîne sur les toits
Et dans les cheminées
je trouve parfois
une pointe d'étoile
qui est tombée pour toi
Arthur H
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lundi 25 février 2019
L'ultime destination
"Je me rappelle comme si c'était hier le moment où j'ai refermé la porte. Le souvenir de Baba et mon sac étaient mes seuls bagages. Je n'avais aucun endroit où aller. Je me souviens m'être demandé s'il était possible qu'une route ne finisse jamais. Alors j'ai décidé de commencer ainsi. Voir jusqu'où la route irait. Cela me semblait un bon début."
"Nous marchons pendant des heures et des heures, frappés par le couvercle en fonte du ciel. Et puis, au détour d'un chemin, nous la voyons. La mer a son manteau de cobalt et le soleil fait rôtir sa cuirasse étoilée. Nous savons que notre voyage s'arrêtera là, au milieu des étoiles du jour, là où finissent de brûler les amours impossibles.
Ni Igor ni moi ne prononçons le moindre mot, nos yeux fixés sur cet horizon tracé par sa propre infinité, sans arbre ni montagne pour le circonscrire. Nos yeux aimantés à cette ligne infinie, par-delà le ciel, la terre et la mer, ruban de couleur mouvante, tantôt bleu, gris ou orangé, confins des nuages, du jour et de la nuit, qui se révèle à nous comme l'ultime destination, celle du dernier voyage. Celui que l'on fait seul."
* * *
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jeudi 21 février 2019
La tentation mauve (11) - Refrain
Au cœur de toi était l'attrait des jours qui passent,
petite chérie
Au mauve de toi le temps toujours fixait ta grâce,
ma belle amie
FM, février 2019
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dimanche 17 février 2019
Nel blu dipinto di plu
"La journée fut belle. L'eau était trop froide pour s'y risquer, naturellement, mais l'air était chaud, le ciel d'un bleu étale, Klein à 65%."
Luc Chomarat, Un petit chef-d'œuvre de littérature (Marest Éditeur)
Allez, là on peut dire à 75%, non ?
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| I got you babe |
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mardi 12 février 2019
lundi 11 février 2019
C'est un signe
"Springsteen, que nous aimions tant, est venu en Europe jouer son disque The River. Le marin s'est débrouillé pour trouver des billets et m'a entraînée à Brighton, le jour de mon anniversaire. Springsteen avait joué mes préférées, Fire, Stolen Car, Point Blank et Candy’s Room à la suite, comme un cadeau, comme s'il était au courant. Je n'en revenais pas. C'est un signe, lâcha mon jules. Il m'avait hissé sur ses épaules et je l'avais aperçu. Il était petit, agité, secoué de mille tics, guitare et mâchoire en avant, mais mignon. Il débarquait du pays des espoirs et des rêves."
C'est noir, rapide, vif, tranchant. Court et intense. Et émouvant. Deux voix de femmes dont les destins douloureux vont se rejoindre dans un final violent mais lumineux.
samedi 9 février 2019
vendredi 8 février 2019
nous parlerons peu
demain c'est à nous deux Paris
mais pas Rastignac pour un sou
j'irai voir mon ami Kani
avec qui je fus parfois saoul
nous parlerons peu nous aurons
de longs silences mémorables
dans des bistrots nous rêverons
à des fortunes improbables
vous qui me lirez dans cent ans
(si vous avez le droit de lire)
songez que mon fantôme a tant
et tant de choses à vous dire
en dépit de sa maladresse
et de son mutisme contraint
cartes postales sans adresse
et toujours le Diable et son train
Jean-Claude Pirotte, La vallée de Misère (Editions Le temps qu'il fait)
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mardi 29 janvier 2019
samedi 26 janvier 2019
Le dernier train s'est attardé dans les minuits
Dis-moi, ma vie,
le long des corniches, sur les terrasses
Quel somnambule allait vers toi ? Qui t'appelait
dans le grand noir des nuits solaires
dans les étoiles chevauchées
Dans les prisons du temps perdu ? Était-ce toi, était-ce moi
Ce « nous » éparpillé, ces poussières éparses
dans un rais de soleil, sur le cadran des jours
renouvelés sans fin et pareils ? T'ai-je vécue, ma vie
Ou bien me suis-je plu à te voir fugitive
rire et passer dans les miroirs, prise à tes robes et tes voix ?
Nous habitions dans des villages, sous des arbres
de grand soleil, de fêtes votives et de sorgues
où la folie se boit. Nous connaissions les aubes
qui changeaient chaque jour pour nous plaire. L'écume
nous roulait dans un flot sans visages. Dis-moi,
ma vie, retrouveras-tu les vieux ormeaux et les platanes
T'en iras-tu dans le delta, vers nos îles de hauts flamants
Tourneras-tu, les yeux bandés, la noria de ton temps sans traces
Et sous nos treilles de muscats
Serons-nous Un, rien qu'un instant ou bien perdus ?
Pierre Seghers, Dis-moi, ma vie (Editions Bruno Doucey)
Et aussi, dédié à cet autre poète qui l'on aime beaucoup ici, qui écrivit le vers célèbre, trop célèbre sans doute, Toi qui pâlis au nom de Vancouver (trop célèbre dans la mesure où il a pu masquer le reste de son œuvre remarquable):
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| Pierre Seghers, Dis-moi, ma vie (Editions Bruno Doucey) |
* * *
dimanche 20 janvier 2019
Les ors de Choiseul
Les ors de Choiseul se préparent à la nuit
flous déjà, incertains, en partance
Les ors de Choiseul glissent vers l’oubli
vers l'absence
reviendront-ils ?
La fête est finie.
flous déjà, incertains, en partance
Les ors de Choiseul glissent vers l’oubli
vers l'absence
reviendront-ils ?
La fête est finie.
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