lundi 30 janvier 2017
samedi 28 janvier 2017
Solitude (12)
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| Santiago, par notre envoyé spécial au Chili |
Là-bas. Avoir la tête en bas et au sud n'exclut pas l'indifférence et la solitude de la ville. Les deux serpents de lumière se dédaignent l'un l'autre avec superbe.
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jeudi 26 janvier 2017
Rien, pas un poème
« Je suis tellement fatigué.
Par la fenêtre passe le mauve du ciel lourd. Les arbres à de rares moments s’ébouriffent. Qu'est-ce que cela peut me faire ? Le paysage, je l'abandonne à lui-même comme je m'abandonne à l'absence. On entend soudain un coup de vent brutal.
Et je m'enfonce dans un brouillard d'angoisse diffuse. Pour y échapper, le "moyen" serait d'écrire des poèmes. Or, depuis notre retour ici, et en attendant le départ, rien, pas un poème. »
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| Nicolas de Staël, Arbres (1953) |
« Je pense à Dhôtel pour qui le roman, la vie (c'est pareil), c'est "d'aller de proche en proche", et à de Staël qui, lui, déclare "aller d'accident en accident". »
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mardi 24 janvier 2017
Life out of balance (3)
| Santiago, par notre envoyé spécial au Chili |
Une semaine qu'en raison des incendies, les montagnes ne sont plus visibles.
A container of ashes might one day be thrown from the sky which could burn the land and boil the oceans.
(3ème prophétie Hopi, Koyaanisqatsi)
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jeudi 19 janvier 2017
Un chat français
"De toutes les villes que j'ai visitées, je n'aime véritablement que Paris ; le moindre détail y est raffiné et précieux et élégant et chacun en tire ce qui lui correspond."
(Lettre de Sylvia Plath à sa mère, août 1956)
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| Magnifique ouvrage publié aux Éditions de La Table Ronde. |
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mardi 17 janvier 2017
lundi 16 janvier 2017
vendredi 13 janvier 2017
mercredi 11 janvier 2017
Gobelins (17) - Elle aime bien le quartier
"Pourtant, elle habite Paris maintenant, au 10 de la rue Le Brun, dans le 13ème arrondissement. Une rue discrète qui donne d'un côté sur l'avenue d'Italie et de l'autre sur le boulevard Saint-Marcel, dans le cinquième. Elle aime bien le quartier, la proximité de Mouffetard, de la place d'Italie."
Laurent Mauvignier, Continuer (Les Editions de Minuit, 2016)
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| Face à la Manufacture des Gobelins |
En fait, Laurent Mauvignier se trompe légèrement : la rue Le Brun donne sur l'avenue des Gobelins, et non sur l'avenue d'Italie (qui continue l'avenue des Gobelins au-delà de la place d'Italie). Mais qu'importe, attribuons cette erreur à la licence artistique. Et puis après tout, qui a dit que la littérature devait être une science exacte, et un roman aussi précis qu'un traité de topographie ?
La rue doit son nom au peintre Charles Le Brun. Élève de Nicolas Poussin, il fut notamment chargé de la décoration du château de Vaux-le-Vicomte par Nicolas Fouquet, puis de celle du château de Versailles par Louis XIV, après avoir été nommé par celui-ci "Premier peintre du Roi". Il participa aussi à la création de l'Académie royale de peinture et de sculpture et de la Manufacture des Gobelins, dont il fut le directeur. Lorsque son protecteur Colbert mourut, Le Brun se retira peu à peu de la vie publique, tomba dans un oubli relatif, et mourut d'une maladie de langueur aux Gobelins.
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| Charles Le Brun, Jeune fille en buste, 1660-1661, Musée du Louvre |
Il n'est en fait que très peu question de la rue Le Brun dans le magnifique roman de Laurent Mauvignier. L'auteur nous emmène au coeur des relations et des sentiments entre une mère et son fils, de l'amour et de l'énergie inouïe dont fait preuve celle-ci pour sauver celui-là de l'abîme d'enfermement et de violence dans lequel il est en train de sombrer, du retour à sa propre vie de cette femme meurtrie, et d'une fantastique chevauchée initiatique à deux dans les paysages âpres et grandioses des steppes et des montagnes du Kirghizistan.
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| Continuer, une devise pour 2017 ? |
vendredi 6 janvier 2017
Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire (Guillaume et le Canard)
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| Dans cette machine à remonter le temps qu'est Le Canard enchaîné, 100 ans, Un siècle d'articles et de dessins (Editions Seuil) |
La jolie rousse
Me voici devant tous un homme plein de sens
Connaissant la vie et de la mort ce qu'un vivant peut connaître
Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l'amour
Ayant su quelquefois imposer ses idées
Connaissant plusieurs langages
Ayant pas mal voyagé
Ayant vu la guerre dans l'Artillerie et l'Infanterie
Blessé à la tête trépané sous le chloroforme
Ayant perdu ses meilleurs amis dans l'effroyable lutte
Je sais d'ancien et de nouveau autant qu'un homme seul
pourrait des deux savoir
Et sans m'inquiéter aujourd'hui de cette guerre
Entre nous et pour nous mes amis
Je juge cette longue querelle de la tradition et de l'invention
De l'Ordre de l'Aventure
Vous dont la bouche est faite à l'image de celle de Dieu
Bouche qui est l'ordre même
Soyez indulgents quand vous nous comparez
A ceux qui furent la perfection de l'ordre
Nous qui quêtons partout l'aventure
Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons nous donner de vastes et d'étranges domaines
Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l'illimité et de l'avenir
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
Voici que vient l'été la saison violente
Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps
O Soleil c'est le temps de la Raison ardente
Et j'attends
Pour la suivre toujours la forme noble et douce
Qu'elle prend afin que je l'aime seulement
Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant
Elle a l'aspect charmant
D'une adorable rousse
Ses cheveux sont d'or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses-thé qui se fanent
Mais riez riez de moi
Hommes de partout surtout gens d'ici
Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
Ayez pitié de moi
Guillaume Apollinaire, in Calligrammes
samedi 31 décembre 2016
Closing
samedi 24 décembre 2016
jeudi 22 décembre 2016
Soeurs d'hiver
| Photographie Patti Smith |
"Les pèlerins espagnols parcourent le chemin de Compostelle de monastère en monastère, collectionnant des médaillons à attacher à leur rosaire, une manière de preuve du chemin parcouru. Moi j'ai des tas de Polaroids, témoins de mon propre chemin, que j'étale parfois comme autant de cartes de tarot ou de baseball d'une équipe céleste imaginaire. Il y en a désormais une de Sylvia au printemps. Elle est très jolie, mais il lui manque la qualité chatoyante de celles qui ont été perdues. Rien ne peut être véritablement reproduit. Ni un amour, ni un bijou, ni même un simple vers."
Patti Smith, M Train (Gallimard)
ARBRES D'HIVER
"Les lavis bleus de l'aube se diluent doucement.
Posé sur son buvard de brume
Chaque arbre est un dessin d'herbier -
Mémoire accroissant cercle à cercle
Une série d'alliances."
Sylvia Plath, Arbres d'hiver, précédé de La Traversée (Poésie/Gallimard)
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mardi 20 décembre 2016
Gobelins (16) - Je crois le vent les a ôtés
Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre...
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés...
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mardi 13 décembre 2016
Le soleil, la lune, et les deux poètes
"les dîners de lune font
suite aux déjeuners de so-
leil dans ma bibliothèque
Fargue occupe un beau rayon
où je puise des ludions
des après-midi de sieste
et des parfums de pastèque
sur les marchés de l’aurore"
Jean-Claude Pirotte, in Gens sérieux s’abstenir (Éditions Le Castor Astral)
des après-midi de sieste
et des parfums de pastèque
sur les marchés de l’aurore"
Jean-Claude Pirotte, in Gens sérieux s’abstenir (Éditions Le Castor Astral)
(à suivre, probablement)
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dimanche 11 décembre 2016
Je demande la plage
Je demande la plage de sable infinie
Et pour mon horizon le bandeau de la mer
Et le bruit de la mer comme bible.
Marcel Thiry, in Usine à penser des choses tristes
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vendredi 9 décembre 2016
La beauté du diable
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| Rue des Petits-Champs, dans la Grande-Ville |
Le paradoxe de nos temps malades. Ils sont si beaux, nos ciels de pollution...
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mercredi 7 décembre 2016
Faire le lien
"J'ai l'impression d'être tout seul à faire le lien entre le Paris de ce temps-là et celui d'aujourd'hui, le seul à me souvenir de tous ces détails. Par moments, le lien s'amenuise et risque de se rompre, d'autres soirs la ville d'hier m'apparaît en reflets furtifs derrière celle d'aujourd'hui."
Patrick Modiano, Dora Bruder
lundi 5 décembre 2016
Les neuf mots du bleu
"Mais Lilia, elle, était emballée par le sujet, elle dansait avec lui, elle avait une aventure avec lui. Elle comprenait la poésie de la multiplicité, de l'aliénation, des concepts inconciliables de la géographie : dans l'une des langues mayas, il existe neuf mots différents pour désigner la couleur bleue. (Cela, il le savait depuis des années, mais ce fut grâce à elle qu'il se demanda à quoi pouvaient ressembler ces intraduisibles nuances de bleu.)"
Emily St. John Mandel, Dernière nuit à Montréal (Rivages/Noir)
Le bleu de Klein est-il une de ces nuances, et quel mot maya pour le désigner ?
Et le cassé-bleu de Nicolas de Staël ? (expression inventée par son ami René Char)
Le "cassé-bleu", c'est absolument merveilleux, au bout d'un moment la mer est rouge, le ciel jaune et les sables violets, et puis cela revient à la carte postale de bazar, mais ce bazar-là et cette carte, je veux bien m'en imprégner jusqu'au jour de ma mort. Sans blague, c'est unique René. Il y a tout là. Après on est différent.
(Lettre de Nicolas de Staël à René Char, 23 juin 1952)
Peut-être "bleudeklein" et "cassébleu" sont-ils finalement des mots mayas.
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samedi 3 décembre 2016
Toutes les filles
All girls should have a poem
written for them even if
we have to turn this God-damn world
upside down to do it.
Richard Brautigan, C'est tout ce que j'ai à déclarer, Oeuvre poétique complète, édition bilingue, Editions Le Castor Astral
vendredi 2 décembre 2016
mardi 29 novembre 2016
Dans ce taxi-train
Au crépuscule
Quand tu es parti vers les rêves
Est-ce un train que tu as pris
Ou un taxi ?
Dans ce taxi
Ou dans ce train
Qu'importe ce que c'était
Puisque j'étais dans tes rêves
J'ai pris ta main
Pour la serrer
Pour la garder
Dans ce taxi-train
Qui glissait loin
dimanche 27 novembre 2016
Horizons rouges
Nos victoires sont rouges
La marche vigoureuse vers la gauche du
lambda céleste, en habit d'or et de lumièrevendredi 25 novembre 2016
Rue de la Lune
"A neuf heures, il était si complètement gris, qu'il ne comprit pas pourquoi sa portière de la rue Vendôme le renvoyait rue de la Lune.
- Melle Coralie a quitté son appartement et s'est installée dans la maison dont l'adresse est écrite sur ce papier.
Lucien, trop ivre pour s'étonner de quelque chose, remonta dans le fiacre qui l'avait amené, se fit conduire rue de la Lune, et se dit à lui-même des calembours sur le nom de la rue. Pendant cette matinée, la faillite du Panorama-Dramatique avait éclaté. L'actrice effrayée s'était empressée de vendre tout son mobilier du consentement de ses créanciers au petit père Cardot qui, pour ne pas changer la destination de cet appartement, y mit Florentine. Coralie avait tout payé, tout liquidé et satisfait le propriétaire. Pendant le temps que prit cette opération, qu'elle appelait une lessive, Bérénice garnissait, des meubles indispensables achetés d'occasion, un petit appartement de trois pièces, au quatrième étage d'une maison rue de la Lune, à deux pas du Gymnase. Coralie y attendait Lucien, ayant sauvé de ce naufrage son amour sans souillure et un sac de douze cents francs."Balzac, Illusions perdues
Et un peu plus loin dans le roman, Lucien trouve un moyen pour ne pas donner à Madame de Bargeton sa nouvelle adresse.
"- (...) Où demeurez-vous ?
- Je viendrai, répondit Lucien honteux d'avoir à dire qu'il demeurait rue de la Lune."
La rue de la Lune, créée au début du 17ème siècle dans le quartier des Grands Boulevards, juste derrière le boulevard de Bonne Nouvelle, doit son nom à une enseigne. Elle a abrité deux maisons de tolérance, dont l'une était déjà séculaire au 19ème siècle. (source: Dictionnaire des noms de rues, Bernard Stéphane)
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