mercredi 16 août 2017

Rentrée


Fin des vacances, télescopage des lieux : pisco sour en Haute-Provence

mardi 11 juillet 2017

Hiver austral



Comme quoi, quand le ciel a la tête en bas, il sait manifestement perdre toute décence et se donner des airs de fin du monde...

 

L'hiver arrive à Santiago.
Et l'attrait grandit encore.
Puisque tu restes.
Là-bas.

Les photos sont de notre envoyé spécial, devenu correspondant permanent, à Santiago, que l'on s'apprête à rejoindre. On s'éclipse donc quelques semaines, ce qui ne nous empêchera pas, chers amis, chers lecteurs, de boire quelques pisco sour à votre santé !

Car on boit du pisco aussi
bien au Chili qu'au Pérou...

lundi 10 juillet 2017

Ruptures de réalité et brèches magnifiques



"Le monde est une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse, écrivait Montaigne il y a quelques siècles, et cette idée d'un monde en mouvement permanent est très belle, mais Montaigne n'avait pas idée de ce que ça allait devenir, qu'il faudrait désormais se battre pour retrouver un certain droit au calme, à la solitude, au repos et à tout ce qui va avec, la lecture, la pensée, la rêverie, mais on n'a plus le temps."


"C'est étonnant comme, parfois, on se met à vivre plus vite, beaucoup plus vite, à cause d'un rien, de quelques mots, d'un regard ou d'un air entendu. Recevoir un message, le lire, se dire pourquoi pas, et hop, partir.
[...]

Un coup de fil à Kamel qui, oui, bien sûr, s’occupera des enfants, et la voici sur la route, avec sa vieille voiture grise, son sac sur la banquette arrière. Boulogne-sur-Mer – Saint-Jean-de-Luz : mille quarante kilomètres, trajet estimé à neuf heures trente en passant par Abbeville, Rouen, Le Mans, Tours, Poitiers, Bordeaux et Biarritz. C'est long, c'est une expédition, on n'en fait plus tellement à une époque où l'on se rend en un clin d'œil à l'autre bout du globe, à peine le temps de rentrer dans l'avion et vous voilà sur un autre continent, sans même avoir pu réaliser que vous voyagiez. On a perdu cela, la durée du voyage, ce temps hors du temps avec ses temps morts, ses rencontres, ses rêves. Il faut, pour retrouver ces sensations délectables, savoir aller un peu moins loin, bizarrement, prendre sa voiture et non pas l'avion, rouler et ne surtout pas voler, le voyage aérien stoppe net bien des tentatives d'évasion, Icare l'a appris à ses dépens il y a déjà bien longtemps."


"Il a repris le volant et Lucia s'étonne de la facilité avec laquelle elle se laisse conduire sans même s'inquiéter de leur destination. Elle s'en fout, en fait. Elle est bien, là, aux côtés de cet homme qui est botaniste comme elle est épistolière. Un vieux rêve, ça, d'ailleurs. Troquer les mails du service clients contre des lettres, des vraies, écrire aux vieilles dames solitaires nichées dans les grandes villes, écrire aux ados torturés, écrire aux petits qui croient encore au Père Noël, écrire à ceux qui disent que c'est triste, de nos jours, le facteur n'apporte plus que des factures, écrire à ceux qui ont oublié ce que c'est qu'une lettre, écrire sur du papier bleu, rose ou vert, écrire à l'autre bout du monde ou à la voisine de palier. Écrire."




"Une cicatrice céleste qui s'atténuera peut-être, au fil du temps.
Ou subsistera.
Les cicatrices disparaissent-elles jamais complètement ?"


* * *

De ruptures de réalité en brèches magnifiques, le dernier roman de Nathalie Peyrebonne est un véritable enchantement. En exergue du livre, cette citation de Claude Roy : « Il faudrait essayer de ne pas accorder trop de réalité à la réalité. Le monde a grand besoin que nous doutions un peu de son existence. » Joli programme, non ?

samedi 8 juillet 2017

On a beau savoir



On a beau savoir qu’on a devant soi plusieurs années de lecture rien qu’avec les piles qui encombrent le salon, qui entourent le lit... rien n’y fait, il y a des achats nécessaires avant l'imminent départ en vacances, des achats qui rassurent comme des provisions qu’on ferait avant une possible apocalypse, des achats qui consolent de passer encore un week-end au travail... La crème solaire, le stick pour les lèvres et les médicaments passeront après.

jeudi 29 juin 2017

Des phrases éblouissantes



"Je conserve un autre souvenir de cette malle : le premier roman d'amour qui me passionna. C'étaient des centaines de cartes postales envoyées par quelqu'un qui signait Enrique ou peut-être Alberto et qui toutes étaient adressées à Maria Thielman. Ces cartes étaient merveilleuses. Elles reproduisaient les portraits des grandes actrices de l'époque, sertis de paillettes et sur lesquels on avait collé parfois une poignée de cheveux. Il y avait aussi des châteaux, des villes et des paysages lointains. Durant des années, je ne m'intéressai qu'aux images. Mais devenu plus grand, je me mis à lire ces doux messages parfaitement calligraphiés. Je me suis toujours imaginé que le galant en question portait un chapeau melon, avec une canne et un brillant épinglé à sa cravate. Pourtant les lignes que le voyageur écrivait et envoyait de tous les coins du globe enthousiasmaient par leur passion. C'étaient des phrases éblouissantes et pleines d'audace amoureuse. Je commençai à m'éprendre à mon tour de Maria Thielman que je me représentais comme une actrice dédaigneuse sous son diadème de perles. Comment ces lettres étaient-elles arrivées jusqu'à la malle de ma mère ? Je n'ai jamais pu le savoir."

Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu
 

mardi 27 juin 2017

Une plaine éblouissante



"De la hauteur où nous étions déjà, la mer n'apparaissait plus, ainsi que de Balbec, pareille aux ondulations de montagnes soulevées, mais, au contraire, comme apparaît d'un pic, ou d'une route qui contourne la montagne, un glacier bleuâtre, ou une plaine éblouissante, situés à une moindre altitude. Le déchiquetage des remous y semblait immobilisé et avoir dessiné pour toujours leurs cercles concentriques ; l'émail même de la mer, qui changeait insensiblement de couleur, prenait vers le fond de la baie, où se creusait un estuaire, la blancheur bleue d'un lait où de petits bacs noirs qui n’avançaient pas semblaient empêtrés comme des mouches. Il ne me semblait pas qu'on pût découvrir de nulle part un tableau plus vaste. Mais à chaque tournant une partie nouvelle s'y ajoutait, et quand nous arrivâmes à l'octroi de Doville, l'éperon de falaise qui nous avait caché jusque-là une moitié de la baie rentra, et je vis tout à coup à ma gauche un golfe aussi profond que celui que j’avais eu jusque-là devant moi, mais dont il changeait les proportions et doublait la beauté. L'air à ce point si élevé devenait d'une vivacité et d'une pureté qui m'enivraient. J'aimais les Verdurin ; qu'ils nous eussent envoyé une voiture me semblait d’une bonté attendrissante. J'aurais voulu embrasser la princesse. Je lui dis que je n'avais jamais rien vu d'aussi beau."
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu


vendredi 23 juin 2017

Love streams


Ça tombe bien, moi aussi

Soupir(aill)er d'amour


mercredi 21 juin 2017

vendredi 9 juin 2017

A Séléné (2)



Ma pâle et douce amie,
je t'aime rarement autant
que sur les toits de Paris.


jeudi 8 juin 2017

Promenades (11) - Au Sud de l'Ouest (3)


Légère brise

Nicolas, peignez-moi la mer...

Quand il pleuvait sur le golfe


Et là, impression subite, comme une évidence, que je pourrais croiser ici Gaspard, en avance de quelques jours sur l'été, attendant que Margot ait fini son service à la Crêperie de la Lune pour aller avec elle se promener et converser dans les dunes...

jeudi 1 juin 2017

Rue du Poète



"Ornée d'un réverbère et d'une plaque bleue que le cantonnier repeint tous les ans, la Rue du Poète s'ouvre dans le faubourg nord." Ainsi débute une des évocations de Manosque contenues dans Sur un galet de la mer, ou Sous le regard bleu du Cyclope, qui regroupe des écrits de jeunesse de Giono (1923-1926). 

La plaque n'est plus bleue, et ce qui à l'époque était le faubourg nord fait maintenant partie de la vieille ville, mais la Rue du Poète est toujours là. 

Le seul habitant de la Rue du Poète que j'ai croisé, sur le pas de sa porte. J'aime à imaginer que c'est lui, le Poète.
 
Tandis que, un peu plus à l'est, beaucoup plus au nord,
une autre rue au beau nom...

lundi 29 mai 2017

mercredi 24 mai 2017

La tentation mauve (4)


Et soudain dans la nuit elle passa l'air de rien.
Une petite fée de lumière.

lundi 22 mai 2017

Il était un soir...

 
Il était un soir ferroviaire
 
Il était un soir d'après le chant

Il était un matin de mystère

Et souviens-toi que je t'attends

samedi 20 mai 2017

Rencontre (12)



"Rencontre

       A René Char

René Char,
c'est sûr, nous deux quelque part on se sera rencontré,
peut-être bien dans les frondaisons du sommeil,
peut-être bien dans le silencieux défilé des mots
lors de longs couchants bouleversés, quand sur
une cloche, retournée à même la terre,
pleine de l'eau de la pluie,
se sont posés les 9 oiseaux cendrés qui boivent goutte à goutte
et en relevant à chaque goulée leur jolie tête
disent un merci au Vaste Invisible.
Eh, oui, René
c’est dans ce merci ineffable que nous nous sommes rencontrés."


Yannis Ritsos, in Balcon (Editions Bruno Doucey, 2017)

jeudi 18 mai 2017

Le souffle de la vie



"Toute peinture qui ne témoigne pas du souffle de la vie ne m'intéresse pas."

Mark Rothko


mardi 16 mai 2017

Papillons



Parfois, les papillons sont géants.
Ils ignorent avec une superbe indifférence le grondement de la tempête imminente, et les battements de leurs grandes ailes exaltent, dans un bruissement doux, le temps et la mémoire.


samedi 13 mai 2017

Les figures de la Grâce (6)



Yannis Ritsos, Balcon (Editions Bruno Doucey, 2017)