lundi 19 février 2018

Instantanés et faits d'hiver


18.02.18 - L'hiver a su offrir quelques moments de grâce aux piétons de Paris.

17.02.18 - Night fellows, les solitudes verticales

08.02.18 - Square Le Gall, tour Albert, c'est beau aussi un soir d'hiver.

07.02.18 - Toi aussi, mon Choiseul, tu as dû porter sur ton dos le blanc fardeau.

Et quand l'hiver ici est trop triste, trop gris, trop froid,
on appelle le souvenir de l'hiver austral - Atacama, juillet 2017

mercredi 14 février 2018

Carnets romains (1)




Onzième commandement - A Paris sous la pluie, et partout dans le gris, des crépuscules romains te souviendras.




"Le Colysée offre trois ou quatre points de vue tout à fait différents. […] Ce qui m'en touche le plus, c'est ce ciel d'un bleu si pur que l'on aperçoit à travers les fenêtres du haut de l’édifice vers le nord."
Stendhal, Promenades dans Rome


"De la table où j'écris je vois les trois quarts de Rome ; et, en face de moi, de l'autre côté de la ville, s'élève majestueusement la coupole de Saint-Pierre. Le soir, lorsque le soleil se couche, je l'aperçois à travers les fenêtres de Saint-Pierre, et, une demi-heure après, ce dôme admirable se dessine sur cette teinte si pure d'un crépuscule orangé surmonté au haut du ciel de quelque étoile qui commence à paraître.
Rien sur la terre ne peut être comparé à cela. L'âme est attendrie et élevée, une félicité tranquille la pénètre tout entière."
Stendhal, Promenades dans Rome

lundi 12 février 2018

mais il reste les fenêtres



"je contemple le ciel
et comment le décrire ?
il faudrait une longue habitude
celle des anges par exemple

je ne parle pas de celle des dieux
blasés devant les nuages
et l'étendue des cieux

ni de celle des aéronefs
qui font la course au soleil
et dédaignent la lune

mais il reste les fenêtres
qui accueillent le ciel du soir
et le reflètent longtemps
mieux que les toits mieux que l'étang"

Jean-Claude Pirotte, Ajoie (La Table Ronde)

vendredi 9 février 2018

C'est l'été à Santiago


La Verticale du Roi (Ojo en el cielo)
co-production franco-chilienne

mercredi 7 février 2018

Les paupières en fer des vitrines



"Nous nous arrêtâmes avec la foule au bord du trottoir.
- Vous me suivez ? – dit-il.
Des chauffeurs de taxi forcément désœuvrés regardaient de notre côté. Des hommes-sandwiches nous séparèrent.
- Qu’est-ce que vous décidez ? dit-il.
Je l’entraînai dans le passage Choiseul :
- Vous ne voulez plus me parler ?
Je lui disais cela parce que je l’avais toujours connu.
L’alignement des vitrines fermées et des volets ne fut pas un repos.
- J’aime me taire, dit-il.
Nos pas résonnaient dans le passage, les paupières en fer des vitrines souffraient, la lèvre inférieure de l'inconnu s’affichait, une lèvre fendue comme un fruit."



lundi 5 février 2018

vendredi 2 février 2018

Oui comme le temps est un ami...



... il colore mon pays.


"Où se termine l'arc-en-ciel ?
Dans ton âme ou à l'horizon ?"
Pablo Neruda, Le Livre des questions



Lorsque vient le temps du départ,
"Nous emportons avec nous des villages dorés comme des navires de rois."
Jean Giono, Les Vraies Richesses



Et à Paris, dans le gris, dans la pluie, garder en mémoire "un azur fin et lisse comme le bassin des claires fontaines"
Jean Giono, Que ma joie demeure

* * *


mercredi 31 janvier 2018

Histoires d'eau


"Chaque goutte d'eau est un monde à part,
chaque goutte d'eau est une respiration."
(Patricio Guzmán, dans son magnifique film Le Bouton de nacre)


Paris-la-Mauve, Paris-sous-Seine la mouillée

lundi 29 janvier 2018

Trois âmes




"L'année 1966 tirait à sa fin. En Chine, Mao ne voulait plus la gentillesse, mais la guerre. Walt Disney était mort. Quelques étudiants s'excitaient du côté de Strasbourg, provoquant un énorme scandale. De Gaulle avait poliment demandé aux Américains de plier bagage, faisant plonger le Berry dans la déréliction. Les gens découvraient la mode anglaise, la Renault 8 Gordini, le stylo-bille et La Vache qui rit. Je regardais tout cela de très loin, comme derrière un verre voilé. J’avais consumé ma quarantième année dans le feu et le sang. J'avais tiré sur des ombres d'hommes. Il pleuvait quasiment tous les jours et les arbres accrochaient des haillons de nuages flasques dans leurs branches fluettes. Le monde, ses contours imparfaits, flottait, se reflétant dans un miroir dépoli à l’acide. Les feuilles mortes jonchaient les trottoirs, macéraient dans l'eau. Tout l'automne à la fin n'était plus qu'une tisane froide."

* * *

"Nos visages de craie. Nos visages de cendre. Sous l'œil inquisiteur de l'ampoule.
Nos âmes encagées dans ce minuscule local, trois âmes, celles d'un tueur présumé, d'un flic chevronné et de son fantôme, trois âmes se cognant contre les murs, sombre supplice, sombre peine, trois âmes perdues dans le cheminement des mots, dans les digressions trompeuses et les silences, trois âmes emmurées.
La lumière ne s'est jamais éteinte."

* * *

C'est noir, c'est fort, c'est "Avant l'aube" de Xavier Boissel. Sur fond d'enquête autour de la découverte d'un cadavre de femme sur la Petite Ceinture, l'auteur nous offre une plongée sombre et hallucinée dans la France de De Gaulle. Avec en prime de judicieuses citations qui émaillent le texte, recensées à la fin du livre (comme ci-dessus, la phrase en italique tirée du poème La Fin de l'automne de Francis Ponge, in Le Parti pris des choses).


La Petite Ceinture, août 2017

vendredi 26 janvier 2018

Et un jour, l'hiver s'est précisé



"Vers le trente-cinquième mois du gel bleu, et sans que l’emprise du froid se desserrât pour autant, sur la terre dénudée qui l’attendait, la neige commença de tomber – une neige lourde et drue qui, durant des mois, allait engloutir la vallée tout entière."

Maurice Pons, Les Saisons
 



mercredi 24 janvier 2018

Séjour charmant



"Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir."

Baudelaire, Le Spleen de Paris


mercredi 10 janvier 2018

From dusk to dawn


Les beaux Guetteurs mélancoliques.
Quand, entre neige et pluie, l'éclaircie a mené paisiblement les rêveurs, les sages et les fous vers la fin de l'an.

Crépuscule de l'an

Puis, doucement, l'année s'est levée sur Choiseul.

Noël 69 à Clermont-Ferrand souhaite à tous ses fidèles lecteurs et amis une belle année 2018 !
Surtout, surtout, qu'elle vous soit douce.

mardi 12 décembre 2017

Visions d'avent


J'irais t'accrocher la lune, si tu me le demandais

Other lives across the street

Vrais et faux-semblants






Les perles de nuit ou le lapin magique

Les lignes sont-elles faites pour être franchies ?
Trouverai-je ce soir le poème-consolation ?

vendredi 8 décembre 2017

La lumière du soir



"À moins de se contenter de quatre mots « la lumière du soir », sans la colorer de bleu-gris, d'azur cendré, etc. ?"

Amos Oz, Une histoire d'amour et de ténèbres

jeudi 7 décembre 2017

Chanson, poésie, même combat



"Si une chanson vous émeut, c’est tout ce qui compte. Je n’ai pas besoin de savoir ce que signifie une chanson. J’ai écrit toutes sortes de choses dans mes chansons. Et je ne vais pas m’en soucier - de savoir ce que tout ça signifie."

Bob Dylan, extrait du Discours à l’Académie suédoise (traduction Nicolas Richard, Fayard)



mardi 21 novembre 2017

Madeleine, peut-être (9 rue du Val-de-Grâce)




"Un jour, elle m'a proposé de l'accompagner chez cette Madeleine Péraud dont j'ai eu du mal à me rappeler le nom. Mais, avec un peu de bonne volonté, ils vous reviennent à la mémoire, ces noms qui demeuraient dans votre esprit sous une légère couche de neige et d'oubli. Oui, Madeleine Péraud. Mais je me trompe peut-être sur le prénom.

Elle habitait au début de la rue du Val-de-Grâce, au numéro 9. Depuis, je suis souvent passé devant la grille qui donne accès à un jardin entouré de trois façades d'immeuble avec de grandes fenêtres. Je me suis même retrouvé là, par hasard, il y a quinze jours. Et c'était à l'heure où nous franchissions la grille, Geneviève Dalame et moi. Cinq heures du soir en hiver, quand la nuit tombait et que l'on voyait déjà de la lumière aux fenêtres. J'ai eu la certitude que j'étais revenu dans le passé par un phénomène que l'on pourrait appeler l'éternel retour ou, simplement, que pour moi le temps s'était arrêté à une certaine période de ma vie."

Patrick Modiano, Souvenirs dormants (Gallimard, 2017)




"C'est ainsi qu'il suffit de croiser une personne ou de la rencontrer à deux ou trois reprises, ou de l'entendre parler dans un café ou le couloir d'un train, pour saisir des bribes de son passé. Mes cahiers sont remplis de bouts de phrase prononcés par des voies anonymes. Et aujourd'hui, sur une page semblable aux autres, j'essaye de transcrire les quelques mots échangés il y a près de cinquante ans avec une certaine Madeleine Péraud dont je ne suis même pas sûr du prénom."

Patrick Modiano, Souvenirs dormants (Gallimard, 2017)



dimanche 19 novembre 2017

Parenthèse




Le génie, enfin sorti de sa lampe, était prêt à exaucer mes vœux.

Mon cher ami était bien là.
Il est des rendez-vous qui ne se manquent pas.

Sieste au soleil d'automne


Heureux comme un poisson dans l'arbre


Vous passerez à droite des cimetières

Entre Lure...
... et le Ventoux

Retour au village dans les derniers rayons. Point. Fermez la parenthèse.

* * *


"Des livres, en revanche, on en avait à profusion, les murs en étaient tapissés, dans le couloir, la cuisine, l'entrée, sur les rebords des fenêtres, que sais-je encore ? Il y en avait des milliers, dans tous les coins de la maison. On aurait dit que les gens allaient et venaient, naissaient et mouraient, mais que les livres étaient éternels. Enfant, j'espérais devenir un livre quand je serais grand. Pas un écrivain, un livre : les hommes se font tuer comme des fourmis. Les écrivains aussi. Mais un livre, même si on le détruisait méthodiquement, il en subsisterait toujours quelque part un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère, au fond d'un rayonnage dans quelque bibliothèque perdue, à Reykjavík, Valladolid ou Vancouver."