dimanche 12 novembre 2017
samedi 11 novembre 2017
"Une saison qui ne m'a jamais semblé triste"
"Quel bel automne c'était… une saison qui ne m'a jamais semblé triste… elle marque souvent le début de quelque chose… Je l'attendais sur le trottoir, au bas de la rue, devant le théâtre… Quelquefois, j'ai l'impression que depuis cet automne-là nous montons la pente de la rue Blanche jusqu'à la fin des temps…"
Patrick Modiano, Nos débuts dans la vie (Gallimard, 2017)
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| Les autres couleurs de l'automne |
jeudi 9 novembre 2017
mardi 7 novembre 2017
dimanche 5 novembre 2017
Promenades (13) - Tout au fond du XIIIe arrondissement (2)
C'était un dimanche d'août. La promenade a commencé près des boulevards extérieurs, quartier Maison-Blanche. Au hasard des rues, on a pu se rendre compte que le treizième arrondissement n'avait rien perdu de son charme paisible de province endormie...
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| Éblouissement... |
Et je ne sais pas vraiment pourquoi m'est venu alors à l'esprit de façon presque lancinante ce vers de Rimbaud :
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien...
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| Petite ceinture, grand calme... |
"On se retrouve souvent seul à Paris au mois d'août et dans des endroits incertains, à l'image de cette saison où l'on a l'impression que le temps s'est arrêté - des endroits qui disparaissent aussitôt que la vie a repris son cours, et la ville son aspect habituel."
Patrick Modiano, Souvenirs dormants (Gallimard, 2017)
Patrick Modiano, Souvenirs dormants (Gallimard, 2017)
Sans même s'en rendre compte, on arrive à la Butte-aux-Cailles, royaume de Miss.Tic, où n'est jamais bien loin le fantôme de la Bièvre.
"Vive les filles de Paris
Vive les filles de la Bièvre
vive les baisers évanouis
Que gardera le rouge à lèvres"
Pierre Mac Orlan
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| La Tour Albert, ou Gratte-Ciel n°1, première tour de logements de Paris, édifiée en 1960, et cette chère "usine"... |
Retour par mon cher quartier Croulebarbe, déjà évoqué notamment ici...
"Alors Lise, qui ne travaillait point, prit la place d'Étiennette et ce fut elle qui me promena sur les borsd de la Bièvre. Vers midi, quand le soleil était dans son plein nous partions, et, nous tenant par la main, nous nous en allions doucement suivis de Capi. Le printemps fut doux et beau cette année-là, ou tout au moins il m'en est resté un doux et beau souvenir, ce qui est la même chose."
Hector Malot, Sans famille
* * *
J'ai trouvé les citations de Pierre Mac Orlan et Hector Malot dans le très plaisant "Un été sur la Bièvre" d'Adrien Gombeaud.
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XIIIe
vendredi 3 novembre 2017
mercredi 1 novembre 2017
Gobelins (19) - Rue Monge (3) - Chambres d'hôtel et points névralgiques
"Au début, elle hésitait à me dire où elle habitait exactement. Quand je lui avais posé la question, elle m'avait répondu : "A l'hôtel." Nous nous connaissions depuis deux semaines et, un soir où je lui avais offert le Dictionnaire pratique des sciences occultes de Marianne Verneuil et un roman où il était question d’ésotérisme, A la mémoire d'un Ange, elle m'a proposé de la raccompagner jusqu'à cet hôtel.
Il se trouvait au bas de la rue Monge, à la lisière des Gobelins et du
treizième arrondissement. Près d'un demi-siècle a passé et l'on n'habite
plus dans des chambres d'hôtel à Paris comme on le faisait souvent après
la guerre et jusqu'aux années soixante. Geneviève Dalame aura été la
dernière personne que j'ai connue à habiter dans une chambre d'hôtel. Il
me semble aussi qu’au cours de ces années 1963, 1964, le vieux monde
retenait une dernière fois son souffle avant de s'écrouler, comme toutes
ces maisons et tous ces immeubles des faubourgs et de la périphérie que
l'on s'apprêtait à détruire. Il nous aura été donné, à nous qui étions
très jeunes, de vivre encore quelques mois dans les anciens décors.""Paris est ainsi constellé de points névralgiques et des multiples formes qu'auraient pu prendre nos vies."
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dimanche 29 octobre 2017
mardi 24 octobre 2017
samedi 21 octobre 2017
Comme s'il était possible
Étude de ciel
étude dans
le ciel
pourrait-on dire
de ces nuages
bercés de ciel
comme s'il était possible
de passer sa main
entre les gouttes
de lumière
comme dans les cheveux
d'une femme
que l'on aime
comme s'il était possible
de poser
ce qui passe
sur un instant
de couleur
l'œil en face
de la toile
pour peindre
et regarder dans le blanc des yeux
le bleu
qui entoure
le blanc des nuages que l'on peint
Yvon Le Men, Eugène Boudin, Étude de ciel, in Le poids d’un nuage (Éditions Bruno Doucey)
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jeudi 19 octobre 2017
América del Sur
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dimanche 15 octobre 2017
vendredi 13 octobre 2017
jeudi 5 octobre 2017
Les figures de la Grâce (7)
Les amis, lecteurs et passants de Noël 69 à Clermont Ferrand savent à quel point on apprécie ici Anne Wiazemsky. Sa disparition aujourd'hui m'attriste tout particulièrement.
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mercredi 27 septembre 2017
mardi 26 septembre 2017
12, rue Sainte-Anne
"À peine arrivée à Paris, Suzy [Solidor] ouvrit quai Voltaire une boutique de curiosités qu'elle n'hésita pas à baptiser : « À la Grande Demoiselle. » Le dimanche, la boutique se transformait insensiblement en auberge, car les amis de Suzy en amenaient d'autres, et le pique-nique s'organisait de lui-même au milieu d'une forte camaraderie, que rehaussaient encore des chansons de matelots. Une fille très jolie, accorte et fine, Line, dirigeait admirablement ce relais galant et tenait lieu de dépensière, d'économe, de caviste et de cuisinière. De là à fonder un bar « comme les autres » il n'y avait qu'un pas. On leur dénicha un coin charmant, qui n'était autre que l'ancienne boîte Pizella. Suzy et Line, qui ont de la lecture, voulurent appeler l'établissement : « l'Amant de Lady Chatterley », mais on leur fit remarquer que leurs invitées, qui préféraient lire le bouquin et n’en pas parler, allaient faire la petite bouche. Quelqu'un qui a le sens des mises en pages, leur proposa tout simplement « la Vie Parisienne », et il ne se trompait pas, car ce titre, qui évoque Offenbach, le prince de Sagan, Boni de Castellane, Émilienne d'Alençon, Liane de Pougy, ne devait pas tarder à faire accourir rue Sainte-Anne les noctambules les plus huppés de Paris, à commencer par Van Dongen, qui fit le portrait de Suzy, […]."
Léon-Paul Fargue, Le piéton de Paris
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| Kees Van Dongen, Portrait de Suzy Solidor, 1927 |
On reviendra peut-être un jour sur la fascinante personne qu'avait l'air d'être Suzy Solidor...
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vendredi 22 septembre 2017
mercredi 20 septembre 2017
mardi 19 septembre 2017
René, Jean-Claude et Miles
"Le calme parfait du cimetière me surprit après l'agitation du petit restaurant. On franchissait un mur et la fièvre de la ville laissait place à un immense jardin. Mille touches de couleurs respiraient sous un limpide ciel de septembre. Personne dans ces larges allées qu'un employé arrosait en sifflotant.
En grimpant vers le crématorium, je me souvins d'une matinée semblable à celle-ci, paisible et bleue. Nous avions accompagné Jean-Claude, notre ami, jusqu'aux portes de l'éternité. Pendant que son corps brûlait nous avions écouté la trompette de Miles Davis, lointaine, mélancolique, et cette mélodie ressemblait à tous les personnages de Total Khéops et à cette ville qui étaient sortis de son cœur. Instant inoubliable. Inoubliable ami."
* * *
"Il introduisit un CD dans le lecteur.
– Tu aimes le jazz ? me demanda-t-il.
– J'en écoute peu.
– Si tu n'aimes pas ce morceau, c'est que tu as une pierre à la place du cœur. Il m'arrive de pleurer en l'écoutant.
– Qu'est-ce que c'est ?
– So What. Trompette, Miles Davis. Sax ténor, Coltrane. Drums, DeJohnette. Contrebasse, Gary Peacock. Et au clavier, Herbie Hancock. Enregistré dans un caboulot de Pittsburgh dans les années soixante.
Cette voiture luxueuse conduite par un truand, l'évasion rocambolesque que nous préparions, ce morceau de jazz sous les lumières d'Avignon, j'avais l'impression d'être un acteur dans un film de Melville. Si le cinéma n’existait pas il y aurait beaucoup moins de voyous, pensais-je. Qui s'intéresse aux plombiers ?"
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lundi 18 septembre 2017
lundi 11 septembre 2017
Pluie sur Santiago
Il a plu sur Santiago, ce 13 juillet 2017, comme 43 ans, 10 mois et 2 jours auparavant, un certain 11 septembre 1973. Moments indispensables autour de la Moneda, tout comme au passionnant et très émouvant Musée de la Mémoire, consacré au coup d'état et aux sombres années de dictature qui ont suivi.
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samedi 9 septembre 2017
jeudi 7 septembre 2017
Marcher dans la lumière
"Même si l'on me disait que je vais vivre mille ans, j'aurais encore peur de mourir. De ne plus voir jamais cette beauté. Ici, la beauté est partout.
Chaque jour je mets mes chaussures de marche dans le garage et je pars. Je marche dans la lumière, je regarde la lumière, j'avale la lumière, je traverse la lumière. Ma vue a commencé à baisser. Il reste autour de moi toute cette clarté, si blonde en ces après-midi d’hiver. J'avance vers la lumière dans la poussière, la boue, l'herbe de tous les chemins. L'un d’eux me conduira au royaume des ombres. Tant que je marche… Je connais chaque pierre des collines, les troncs pourris qui barrent les sentiers, les sonores éboulis, les combes luisantes de mousse. Je fais un pas, je suis ébloui. Je marche, j'ouvre les yeux, les bras, la bouche. Je vis. Chacun de mes muscles vit, chaque centimètre carré de ma peau. Je sens battre le sang dans mes épaules, mes cuisses, mes reins, il laboure mon ventre. J'avale toute cette beauté, elle illumine mon corps jusqu'à la pointe éblouie de chacun de mes nerfs."
René Frégni, Les vivants au prix des morts (Gallimard)
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mercredi 6 septembre 2017
mardi 5 septembre 2017
Marcel Thiry, 13 mars 1897 - 5 septembre 1977
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| La Serena, juillet 2017 |
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| in Usine à penser des choses tristes, extrait de l'anthologie Tous les grands ports ont des jardins zoologiques (collection La petite vermillon, Éditions La Table Ronde) |
5 septembre 1977, cela fait donc 40 ans aujourd’hui que le poète belge Marcel Thiry a disparu.
Que faisais-je le 5 septembre 1977 ? Rentrée de 4ème,
Rouen, collège Fontenelle...
Marcel Thiry, mort à 80 ans, était né un 13 mars, jour où il
y a 14 ans déjà une personne qui m’était très chère s’éteignait.
Les dates, toujours les dates...
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