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| Dans ta ville plongeras |
samedi 9 février 2019
vendredi 8 février 2019
nous parlerons peu
demain c'est à nous deux Paris
mais pas Rastignac pour un sou
j'irai voir mon ami Kani
avec qui je fus parfois saoul
nous parlerons peu nous aurons
de longs silences mémorables
dans des bistrots nous rêverons
à des fortunes improbables
vous qui me lirez dans cent ans
(si vous avez le droit de lire)
songez que mon fantôme a tant
et tant de choses à vous dire
en dépit de sa maladresse
et de son mutisme contraint
cartes postales sans adresse
et toujours le Diable et son train
Jean-Claude Pirotte, La vallée de Misère (Editions Le temps qu'il fait)
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mardi 29 janvier 2019
samedi 26 janvier 2019
Le dernier train s'est attardé dans les minuits
Dis-moi, ma vie,
le long des corniches, sur les terrasses
Quel somnambule allait vers toi ? Qui t'appelait
dans le grand noir des nuits solaires
dans les étoiles chevauchées
Dans les prisons du temps perdu ? Était-ce toi, était-ce moi
Ce « nous » éparpillé, ces poussières éparses
dans un rais de soleil, sur le cadran des jours
renouvelés sans fin et pareils ? T'ai-je vécue, ma vie
Ou bien me suis-je plu à te voir fugitive
rire et passer dans les miroirs, prise à tes robes et tes voix ?
Nous habitions dans des villages, sous des arbres
de grand soleil, de fêtes votives et de sorgues
où la folie se boit. Nous connaissions les aubes
qui changeaient chaque jour pour nous plaire. L'écume
nous roulait dans un flot sans visages. Dis-moi,
ma vie, retrouveras-tu les vieux ormeaux et les platanes
T'en iras-tu dans le delta, vers nos îles de hauts flamants
Tourneras-tu, les yeux bandés, la noria de ton temps sans traces
Et sous nos treilles de muscats
Serons-nous Un, rien qu'un instant ou bien perdus ?
Pierre Seghers, Dis-moi, ma vie (Editions Bruno Doucey)
Et aussi, dédié à cet autre poète qui l'on aime beaucoup ici, qui écrivit le vers célèbre, trop célèbre sans doute, Toi qui pâlis au nom de Vancouver (trop célèbre dans la mesure où il a pu masquer le reste de son œuvre remarquable):
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| Pierre Seghers, Dis-moi, ma vie (Editions Bruno Doucey) |
* * *
dimanche 20 janvier 2019
Les ors de Choiseul
Les ors de Choiseul se préparent à la nuit
flous déjà, incertains, en partance
Les ors de Choiseul glissent vers l’oubli
vers l'absence
reviendront-ils ?
La fête est finie.
flous déjà, incertains, en partance
Les ors de Choiseul glissent vers l’oubli
vers l'absence
reviendront-ils ?
La fête est finie.
lundi 31 décembre 2018
La Rose et l'Astre blanc
Lorsqu'au point de ce jour
la fleur et l'astre
se rencontrèrent
l'une choisit l'ombre
et l'autre la clarté.
Doux regards et sourires
discussion dans le bleu
puis vinrent les adieux.
- Ô ma sœur Éternelle
disparais quelques heures
va donc dormir un peu
et reposer ta pâleur !
- Mon amie Éphémère
laisse rosir tes joues
et à la tendre lumière
s'exhaler ton parfum !
Et voyons-nous demain
même heure même lieu
nous nous raconterons
notre jour notre nuit.
FM, décembre 2018
* * *
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jeudi 27 décembre 2018
La Belle et la Petite Bête
La Belle et la Petite Bête
Confidences an finissant
Ils avaient tant à se dire
Cela faisait longtemps
Si longtemps
Conciliabules soleil rasant
Retrouvailles d'hiver
Secrets murmurés
Poésies mots partagés
Amours secrètes
Complicité
FM, décembre 2018
vendredi 21 décembre 2018
mardi 18 décembre 2018
dimanche 16 décembre 2018
L'art et la nature
Ciels de Santiago, par notre correspondant permanent au Chili.
"Ce que nous voyons, et comment nous le voyons, dépend des arts qui nous ont influencés."
Oscar Wilde, in Le Déclin du mensonge
Quand la nature nous semble se prendre pour un Turner flirtant avec le pointillisme...
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vendredi 14 décembre 2018
Sous le Pont Marie
Sous le Pont Marie
Coulait la Seine
Mais l’île fut fendue
Mais l’île fut perdue
Trépanation trou noir
Navire dérisoire
Déchiré et voguant
Sans sa mémoire
FM, décembre 2018
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jeudi 6 décembre 2018
mardi 4 décembre 2018
Les figures de la Grâce (8) - Ostende (2)
Cette étonnante et sublime photo, reproduite dans Lettres à Guillaume Apollinaire (Gallimard, 2018), est extraite de la plaquette des Six lettres à Guillaume Apollinaire, imprimée à 69 exemplaires par les éditions "A l'enseigne de l'arc de Nemrod" en 1978. Collection Pierre Caizergues.
* * *
Samedi 1er mai [1915]
Mon Gui chéri,
Je dîne chez Rika - Je t'envoie le petit muguet porte-bonheur !
Je pense à toi...
Je t'aime tout plein...
Je t'écrirai demain...
Je t'embrasse fort fort fort !
T'aime
Ton ptit Lou
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dimanche 2 décembre 2018
samedi 1 décembre 2018
jeudi 29 novembre 2018
Dans son regard
Décidée à passer de l'autre côté,
et faisant fi du possible caractère
effronté de son acte,
elle se glissa dans le regard du poète.
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mardi 27 novembre 2018
Tant de choses que j'aime
Hier soir, l'automne avait au théâtre de l’Athénée-Louis-Jouvet les couleurs chaudes de la voix sensuelle de Maud, enfin de Françoise Fabian, intelligence et malice, classe folle et charme intact. Le temps qui passe et celui qui ne passe pas. Nostalgie douce et mélancolie joyeuse égrenées au fil d'une douzaine de chansons essentiellement écrites pour elle, le tout concocté avec la maestria qu'on lui connaît par Alex Beaupain.
Bravo et merci, Madame.
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lundi 26 novembre 2018
Ne pas dormir (11)
Et c'est à minuit dix précisément que la lune s'est jetée du Pont d'Austerlitz, laissant pour tout message d'adieu un calligramme incertain sur les eaux noires de la Seine.
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jeudi 22 novembre 2018
lundi 19 novembre 2018
Cette soustraction au poids des jours
"Il ne pleuvait plus, mais il faisait de plus en plus froid et les rafales de vent étaient à chaque fois plus cinglantes. À présent le soldat Narval comptait ses pas dans la neige et il sifflait dans les rues désertes qui avaient été arrachées au quotidien, mais il avait le sentiment, plutôt le pressentiment vague et confus, informulé, que cette soustraction au poids des jours, cet arrachement au clou du quotidien qui suscitait l'enthousiasme des hommes depuis des millénaires – depuis le premier sang, en fait –, était monté en intensité pour atteindre aujourd’hui son point absolu, sa force extrême, qui débordait tout, le jour, la nuit et les hommes, livrant ces mêmes hommes à une destitution permanente de leur vie, leur laissant seulement le loisir de contempler leur propre destruction."
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jeudi 15 novembre 2018
mardi 13 novembre 2018
Cette longue patience du temps
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vendredi 9 novembre 2018
Cent ans (2)
| Giorgio De Chirico, Portait de Guillaume Apollinaire (1914) |
Alors que dans trois jours sera commémorée la fin de cette grande boucherie que fut la guerre de 14-18, cela fait cent ans aujourd'hui que Guillaume est parti.
On avait déjà publié ICI (pour évoquer les derniers jours d'Apollinaire dans son appartement du boulevard Saint-Germain) et LÀ (pour se souvenir du centenaire du jour où Guy l'artiflot fut blessé à la tête au Bois des Buttes) des extraits du texte magnifique qu'un autre poète qu'on aime beaucoup ici, Marcel Thiry, a écrit et lu en 1935 lors de la cérémonie d'inauguration du Mémorial consacré à Apollinaire à Malmedy-Bernister, en Wallonie. Une stèle y a été érigée pour commémorer le séjour en 1899 de Guillaume, alors âgé de 19 ans, dans la région, notamment dans un hôtel à Stavelot (dont il partit avec son frère sans payer !).
Il m'a semblé indispensable de recopier, ici et maintenant, pour penser à celui qui a quitté le temps le 9 novembre 1918, l'intégralité de ces vers admirables de Marcel Thiry, hommage sensible et émouvant au Prince des poètes.
Quelquefois, quand je vois grandir les jeunes filles,
Quand mon âge mesure avec mélancolie
Le temps qui passe à cette beauté qui leur vient,
Je recense en mes mains le sable des années.
Les belles de mil neuf cent quinze sont fanées
Et mes amis tués sont des morts très anciens ;
Et je pense à celui qui a quitté le temps,
Qui, un jour de novembre, il y a dix-sept ans,
A comme un dieu tricheur éludé la vieillesse
Et quelque part, dans l'ironie et la sagesse,
Est resté l'enchanteur qui jamais ne pourrit ;
Je pense au lieu malicieux d'où il sourit
Aux vanités et aux travaux indulgemment,
À ce séjour de la liberté poétique
Où, doux flâneur qui a mystifié le temps,
Entre Tirésias, Énoch et Angélique,
Guillaume Apollinaire a cinquante-cinq ans.
Un jour,
un jour la fête en bleu allait finir.
La plus vaste dépense au monde allait finir.
Le plus grand jeu de sang, de chevaux, de fusées,
De cerveau répandu, de villes embrasées,
La plus grande aventure au monde allait tarir.
Déjà redescendait ce haut concert d'étoiles,
Ces astres balançant du jugement dernier
Dont toi seul, conducteur, en ces quatre ans d'histoire
Avais su voir les fleurs neuves au ciel guerrier.
Car toi seul ne fus belliqueux ni pacifiste ;
Toi, ni Claudel et ni Barbusse, mais vivant,
Mais gai, mais conducteur tôt levé dans le vent,
Toi seul, ces blancs et verts soleils parachutistes,
Tu les as salués dans la nuit des tranchées
Quand leurs feux s'abaissaient pour rebondir encor,
Et qu'aux brises du front mollement accrochées
Leurs lampes ne cessaient de naître en lacs d'or triste
Et de renaître et de descendre sur les morts.
Or, ce jeu des quatre ans prodigues s'achevait.
Alors, connaissant bien l'avenir par les cartes,
Tu as souri comme on dit que tu le savais
Et tu as dit : « Guillaume, il est temps que tu partes. »
Apollinaire, il était temps que tu partisses.
Ton ère allait mourir avec ces armistices.
Tu avais eu l'amour à vingt et à trente ans
Et le temps béni, quand vous alliez par les plages ;
Le monde avait fleuri pour toi dans un printemps
D'art rénové, de villes gouges, de voyages,
Tu avais eu la guerre et ton beau sang versé ;
De tout cela, comme à l'hôtel de Stavelot,
Il aurait quelque jour fallu payer l'écot
Et vieillir, toi qui fus la jeunesse d'un âge !
Tu as choisi d'aller dans ton ciel coulissé
Parmi tes trismégistes et tes Simon-Mage,
Et tu t'es, à la cloche de bois, éclipsé...
Mais nous, qui restons veufs du grand vent de ton verbe,
Nous allons depuis lors fiés à ces croyances
Qu'on vouait à des rois plus forts que leur départ
Et plus rois que la mort, Barberousse ou Richard ;
Nous t'attendons, Merlin qui peux les revenances !
Et n'est-ce pas ce soir, soudain, marchant sur l'herbe
Miraculeuse comme un dieu blanc sur les flots,
Que tu vas apparaître au détour de la fagne
Avec ton diadème à ton front de héros,
Ton œil moqueur, ton uniforme de campagne,
Et soudain tout l'envol en geyser de tes mots ?
Marcel Thiry, Commémoration d'Apollinaire (À-propos lu au monument de Bernister), 1935
On a trouvé ce texte dans la remarquable anthologie des poèmes de Marcel Thiry publiée par les éditions La Table Ronde, Collection La petite vermillon, Tous les grands ports ont des jardins zoologiques.
Et j'invite ceux qui souhaiteraient vagabonder un peu en ces lieux sur les traces en mots et en photos du poète, à cliquer ICI.
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lundi 5 novembre 2018
Sport de l'extrême
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